‹ Promenades en NorvègeChapitre 28 sur 72 · ENTRE CHRISTIANIA ET BERGEN · texte numérisé non relu

ENTRE CHRISTIANIA ET BERGEN

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LA COTE NORVEGIENNE

Nos affaires arrangées à Stavanger, nous reprîmes le bateau pour nous rendre a Bergen, où nous attendait une bien grosse besogne. Le voyage de Stavanger à Bergen ne prend d'ordinaire que dix heures. Nous mîmes cependant le double, parce que nous avions la mauvaise chance d'être surpris par un gros brouillard déjà entre la grande île de Karmoe et la terre ferme, peu de temps après notre départ.

Vous savez que si l'Océan, en pénétrant partout Ja côte norvégienne, la change en une véritable dentelle, la terre se venge de la mer en semant tout le long de la côte, des centaines, des milliers d'îles, souvent grandes comme une province, fertiles et bien habitées, souvent très petites et d'une affreuse nudité, mais toujours pierreuses, sans parler des innombrables écueils à fleur d'eau ou entièrement cachés, qui menacent à chaque instant les bateaux.

C'est dans l'inextricable labyrinthe des sunds qui séparent ces îles, que nos admirables marins doivent chercher leur chemin. Lorsqu'il fait bien clair, c'est pour eux un jeu d'enfant. ^Nlais pendant la nuit, surtout pendant la nuit continuelle de l'hiver, ou lorsque la neige tourbillonne devant leurs yeux, lorsque le brouillard, si fréquent ici

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à cause de lévaporalioii inlensc du (iulfslream, cITace les limites entre la terre et la nier, rien de i)Ius danj^ereux ([ue cette navigation dans le Skjacregaard, comme les Norvégiens appeilenl Icnsemble de ces îles.

En revanche de ce danger, rien de i)lus agréable pour le voyageur (pie de se promener ainsi à l'abri des tempêtes, au milieu de ces Sporades Scandinaves. Sans se fatiguer, il passe en i-evue les montagnes, souvent couvertes de neige, les sombres forêts, les riches prairies, les fermes et les huttes de pêcheurs qu il côtoie à chacpie instant. Souvent il assiste à la pêche du hareng ou à la poursuite de la morue par nos légères flottilles de pêcheurs, en même temps qu il peut examiner de près les barques de sauvetage que des sociétés philanthropiques frètent pour porter secours aux marins au moment du danger.

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