NOUVELLES EXPLORATIONS L'ORGANISATION QU'IL NOUS FAUT
N entendant parler d'un fjord norvégien, on ne se figurerait jamais qu'il Jaut souvent une navigation à vapeur de près d'une
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scniailU' pour ]v parcourir d\\n houl m laulrc cl visiter louU's ses i-ainiricalioDs. «jfrandi's cl petites. Mais ce .nCst pas une navij^alioii (nniiycusi>: car ou ne saui'ait se l'aire une jdée de la maf^niricciice. cl (le |a variété di' ces paysa,i»es. (^csl ordinaii'cnicnl au l'ond <le ces petits Ijords latéraux, (pu' dé(Iai«j;neiil les touristes, (juon découvre les plus hautes nionlannes. les plus niaicslueuses cataractes, les plus imposants i^laciers et les ^ori>es les plus sauvages. Prescpie i)arLoul vous trouvcv. le |)iiysaiîe animé |)ar llioniine. poui* (pii clia<pie loj)in (le terre arable, lùl-il au hout du monde, est un trésoi*. à côté du- ([uel il construit une hutte.
Là où il y a des hommes, surtoni des chrétiens, il faudrait un prêtre. Partout dans ces fjords s'élevaient jadis des églises, et si. aujourdliui encore, vous demandez aux [)aysajis du Hardanger v[ du Sogncfjord. ((ui a appris à leurs ])èrcs à défricher ces solitudes et à planter ces vergers, ils vous disent f[ue pe soid les curés et les religieux d'autrefois.
Du reste, une bonne j)arlie des églises dont ,se servent encore actuellement les protestants, datent des temps catholiques. C'est ainsi (ju'à Vik. que nous visitons en nous rapprochant de l'entrée du Sognefjord. dans une contrée extrêmement fertile près des vallées Bodal, Ofriddal et Seljedal. nous découvrîmes deux de ces églises violées, lune en pierre, l'autre une stavkirkc en ])ois. Comme il y a là une très n()m])reuse population en même temps (jue le camp de la jnilice du ïjord. c'est une place indiquée pour une future station catholique.... hélas! future!
En nous accompagnant dans ces pérégrinations. Je lecteur se demandera sans doute quelle méthode est Ja plus pratique pour arriver à ramener à la sainte Église toutes ces brebis séparées. Il va de soi que nous tâchons, avant tout, d'établir des stations fixes dans les grands centres de population, surtout dans les plus importantes villes, où. .avec nos moyens d'action si restreints, nous pouvons exercer de l'influence sur un plus grand nombre de personnes. Mais il est impossible de s'en tenir là. En Norvège comme partout, le vice et lincrédulité se concentrent toujours dans les villes, petites ou grandes,
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l'L (iiumd i('\;ill(' \v sciiliinciil siiicriHMiU'iil i-clif^iciix de lii i)()|)iilatioji iiorvô^uiinc. ce ji l'sl celles pus aux villes el. parmi les villes, à la capitale (pie je pense. Au contraire, nos i)oi)ulations urbaines devienncnl de plus en plus les victimes de l'indilTérence. du rationalisme au point de vue religieux el du radicalisme en politique. Même rUniversilé de (Christiania, jus(|u'en ces derniers temps sérieux rempart du clirislianisme, est fortement entamée par le rationalisme, grâce à la [>hil()S()pliie allemande (pii s'y est infiltrée; el parmi les jeunes théologiens prolestants (pii en sortent, le fonds de véritable foi n'est plus bien grand.
Là où yous trouverez la population au moins croyante, et, sinon très morale, du moins animée de bonne foi et honnête, c'est à la campagne, c'est au fond de nos vallées et de nos fjords. Mais comment Vy .atteindre, nous si peu nombreux et si pauvres?
Pom' cela, nous devons d'abord établir des stations annexes avec de petites chapelles, où le missionnaire de la plus proche station puisse se rendre périodic^uement pour annoncer la i)arole divine et instruire, recevoir et administrer ceux que la grâce aura touchés. C'est l'œuvre que nous avons commencée; mais ce que nous avons pu faire n'est rien comparé à ce qu'il faudrait. Ces annexes devraient peu à peu être converties en stations fixes, qui à leur tour fonderaient de nouvelles annexes.
De plus, des missionnaires ambulants devraient rayonner dans les différentes parties du pays, voir périodiquement toutes Jies agglomérations tant soit peu importantes où il n'y a encore ni station jii annexe, y donner des conférences et préparer ainsi l'avenir. Ils visiteraient même les fermes et les huttes de pêcheurs; ils se. rendraient aux endroits de la côte où se font les grandes pêches, et diraient à ces braves protestants que l' Église-Mère, qui a civilisé leurs pères et dont ils n'entendent jamais parler, vit encore; qu'elle n'est pas une marâtre, mais la digne et fidèle Épouse de leur Christ; qu'elle pense encore à eux, les aime et fait son possible pom' sauver leurs âmes et les réunir .au ciel de leurs ancêtres, dont ils sont si fiers. C'est ce que les prêtres des stations fixes tâchent déjà idc réaliser, mais dans
DÉGUSTANT NOS PROVISIONS (\Ou p I42).
Promena ;e? en Xurvïçe.
LNTRE BKRGEN ET AALESUXD. M7
une mesure bien reslroinle, vu 1 iiuinensilé de leurs ilisliicls. Ces niissioiiuaires ambulants visiteraient encore de temps à autre leurs confrères des stations fixes, si isolés, pour les aider, les encourager, entendre leur confession et celle des fidèles, prêcher des missions populaires, chercher jî raffermir dans leur loi les catholiques dispersés.
Il nous faut encore de bons colporteurs. Grâce à Dieu et au zèle de nos prêtres, nous avons à Christiania une petite imprimerie, qui, peu à peu, a fourni non seulement tous les livres classiques nécessaires à nos écoles, mais une bibliothèque complète de livres de piété, de brochures instructives et apologétiques, et publie en outre notre journal hebdomadaire, Sainl-Olaf, notre courageux champion dans la lutte avec la presse de nos adversaires. Ces missionnaires de papier font beaucoup de bien, mais ils feraient un bien immense s'ils pouvaient pénétrer partout. Là où ces écrits arrivent, ils sont dévorés.
Bien des fois j'ai été étonné de me voir bien reçu par des canipagnai'ds qui n'avaient jamais vu de prêtre catholique. Plus tard ils me disaient que, dans le temps, ils avaient lu telle ou telle de nos brochures, rencontrée par hasard, et qu'ils la savaient presque par cœm'. Cela avait suffi pour vaincre les préjugés de ces âmes sincères. A chaque instant nos prêtres me racontent des faits semblables.
Or, comment répandre ces li\Tes et ces brochures? Pom- cela nous avons besoin de colporteurs honnêtes, instruits, dévoués, solides sous tous les rapports, des hommes de foi et d'expérience, dont la parole et l'exemple doivent confirmer ce que disent Jes livres.
Voilà tout ce quil nous faut: des annexes, des missionnaires ambulants et des colporteurs. Le personnel ne nous manquerait pas. car. Dieu merci, les candidats désireux de se vouer à la propagation de la toi en Norvège se trouvent aisément parmi nos fidèles et ailleurs; mais ce qui nous manque, ce qui manque à toutes les missions •catholiques, c'est l'argent, ce malheureux argent!
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