‹ Promenades en NorvègeChapitre 4 sur 72 · A CHRISTIANIA ET ENVIRONS · texte numérisé non relu

A CHRISTIANIA ET ENVIRONS

lever tant par mois sur leurs traitements et de jeunes danies ont vendu leurs bijoux dajis le même but, sans parler des membres de noti'e œuvre des églises pauvres, qui, dif^nes émules de nos généreuses bienfaitrices, les dames de Lyon, de Munich et de Bordeaux, du monastère de Berlainionl à Bruxelles el autres, ti'availlent à rehausser les splendeurs de notre culte catholique.

C'est grâce ;i ces anges du sanctuaire, à ces dames françaises, belges, bavaroises et norvégiennes, que nos saints offices altircnl. chaque dimanche et jour de tète, mais surtout à la fête de Taniour divin par excellence, la Fète-DiEU, des centaines et des centaines de frères sépai'és. La plupart de nos néo-convertis nous avouent que la beauté de ces offices a été pour eux le premier appel de la grâce. Je sais ce qu il en coûte à ces dames au cœur apostolique, qui sacrifient leurs veilles, leur talent et leur ai'gent, pour nous fournir à nous autres missionnaires tout ce qu'il nous faut pour célébrer dignement les saints Mj^stères. Mais qu'elles sachent également combien nous leur sommes reconnaissants et combien, revêtus de leurs précieux ornements, nous prions le Pasteur des pasteurs de leur donner une large part à la récompense des apôtres.

Et puisque je pai'le de ces généreuses coopératrices, comment assez remercier ces dames qui, répondant à mon cri de déti'esse, me fournissent des vêtements chauds pour garantir contre le froid cruel de ces régions les membres de mes petits .enfants? Que le Seigneur les récompense dignement!

En dehors de l'église de St-Olaf, nous avons à Christiania une seconde église paroissiale, toute neuve celle-là, celle de Saint-Halvard. Elle se cache dans la cour du presbj^tère, parce que nous étions trop pauvres pour acheter un autre terrain, mais elle est très belle et fait les délices de nos catholiques qui babitent dans cet immense quartier ouvrier.

Ce petit sanctuaire m'a coûté plus que de l'argent; il m'a coûté les

liois chers cojiirèrcs (]ui oui voyagé à l'étranger pour recueillir les loiids nécessaires à sa conslrucliou. Le pieinier, Français, s'était dévoué depuis vingt ans à évangéliser la Norvège, surtout la Laponie; mais, en partant de son diocèse, il jTavait pu faire agréei' sa démission définitive. En le revoyant pendant sa quête, et en constatant que ce prêtre était ini véritable trésor, son évêque l'a retenu pour lui-même. C'était son droit; mais mon cœur saignait, cai' il m'avait enlevé non seulement un frère dévoué, mais mon propre professeur.

Alors j envoyai un second prêtre, religieux celui-là, continuer la quête en Bavière, sa patrie. Là, so]i Supérieur général le vit et le retint pour en faire son Assistant à Home. C'était dur; mais, encore une fois, c'était son droit.

La moitié du capital nécessaire n' étant pas encore réunie, un jeune missionnaire, de nationalité belge, s'offrit à .aller chercher le reste en Autriche. Au moment du départ il se démit la jambe. Il voulut partir quand même; mais le voyage altéra sa santé à tel point, que, ne pouvant plus supporter notre âpre climat, il a été forcé, à son l'etour, de quitter la mission. Les 15.000 francs nécessaires ont été rémiis, mais à quel prix! C'est dans ces occasions qu'on sent tout le poids de la pauvreté.

El maintenant îl nous faudrait déjà une troisième paroisse avec église à Christiania; car, Dieu merci, depuis, Je nombre de nos catholiques s'est tellement accru, que la place vient à nous manquer, tant dans nos églises que dans nos écoles. Mais où prendre les ressources, nos catholiques étant si peu fortunés? Espérons en Dieu et en nos bienfaiteurs!

Mais il y a plus. De chacune de nos deux paroisses de Christiania dépend un district grand comme un diocèse. La paroisse de Saint-Halvard, elle seule, embrasse tout l'ancien diocèse de Hamar, avec de nombreuses villes populeuses; et dans toute cette région, pas un seul prêtre, pas la moindre petite chapelle; il y a là des catholiques à moitié délaissés et des protestants pour qui nous ne pouvons absolument rien faire! Mais encore une fois, espérons!

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