LI-: NORD DK LA NORVKGE
être faits, quels vivres tel ou U'I pareiil ou voisin doit l'ournir; quaiil au cérémonial, il n'y a ([uc k' (lircclcur des noces (fui en |>ossède le seci*el : {Voir la grau., p. 201.)
Les fêtes <lurent longtemps. On y nianj^e énorniémenl, et les boissons n'y manquent pas non plus, tant et si bien ([ue, à la fin des fêtes,
LES ANGOISSES DES JEUNES ÉPOUX. (D'après une peinture de Tiedemand.)
les jeunes époux sont souvent bien en peine poiu* régler les notes des fournisseurs.
Mais qu'importe? Ils sont heureux; ils s'aiment; ils sont jeunes et forts. Etant habitués à la vie solitaire, ils se suffisent, et, du reste, les luttes perpétuelles contre les rigueurs du climat, avec la stérilité de la terre et les dangers de la mer, ne leur donnent pas le temps de s'abiuidonner à des méditations mélancoliques.
Ils ne seront pas longtemps seuls. Bientôt un prince mignon égaie
i»h()Mi:nai)hs en Norvège.
<le ses cris cl <lc son rire I (Minila/^e conjugal, i'oules les l'ois qu'il revient de la i>êche el iciilre au logis, le jeune père fait danser devant les yeux de son pelil Thorvald sa grande pipe, pendant que la mère lui raconte tous les ex|)loils du inannol pendant la journée. (Voir la gravure^ ]). 2()2).
Un jour cependant, i)ai)a rentre plus tôt ([ue d'habitude. C'était plus
LA MÈRE INSTRUIT SES tNFANTS. (D'après une peinture de Tiedemand.)
fort que lui; il a le pressentiment qu'il est arrivé quelque chose à la maison. Il ne s'est pas trompé; Thorvald a la fièvre. La maman lui a administré les bienfaisants remèdes que sa mère à elle lui a confiés dans le temps pour un cas pareil, car le médecin est si loin. Rien n'y fait. Heiu*eusement, il y a un autre docteur, c'est le Père qui est aux cieux. C'est à lui qu'ils s'adressent, pleins de confiance (voir la gravure, p. 263). Leur foi est exaucée et Thorvald revit.
LE NORD DK LA NDRVKGE.
Peu à peu la taniille s'agrandil. Tliorvidd n'est plus seul à recevoir les caresses paternelles ot nialernelles. 11 lui arrive des frères et des sœurs en tel nombre (pie la maisounctle ne peut presque plus loj^er tous les i>etits lits. En Norvège les familles sont très nombreuses, et, malgré une émigration énorme, piincii>alcment vei's le Minnesota et le "Wisconsin américiiins, la population de la Nor\'ège augmente rn-
LE PÈRE INSTRUIT SON FILS. (D'après une peinture de Tiedemand.)
pidement. Gros smxroît de travail et de soucis naturellement pour les parents.
Ce qui présente la plus grande difficulté, c'est l'éducation des enfants. Il y a bien de bonnes écoles publiques, mais les distances sont énormes et les chemins difficiles. Le père ou un domestique doit conduire les enfants à l'école, soit en voiture, soit en barque, et souvent,
PROMRNADFS EN NORVEGE.
lorsque l'ccvolc est pur trop él()i<.{iiée, les enfants doivent être mis en [)ension cho/, des amis habitaiil dans son voisinage. L'instituteur ou rinstitiilrico ne séjourne dans c-haque localité que dix à douze semaines par afi et va ensuite remplir ses fonctions ailleurs. Pendant le reste du temps, c'est le père el la mère qui continuent l'instruction des enfants, et ils le font avec un dévouement infatigable. Tandis que
PÊCHE NOCTURNE. (D'après une peinture de Tiedemand.)
la maman fait la classe proprement dite (voir la gravure, p. 264) et apprend aux filles les innombrables travaux manuels que la vie isolée leur implose, le papa initie les garçons aux secrets de la pêche, de l'agriculture et de la chasse (voir la gravure, p. 265). J'ai toujom*s été étonné de constater ce qu'à l'âge de 18 ans la jeune fille et le jeune homme norvégiens possèdent de connaissances théoriques et pratiques.
LE NOKI) Di: I A NOIlVilOF.
A mesure que les enfants grandissent, les parents trouvent en eux des auxiliaires pour leur travail. Le père n'est plus seul à ramer sa barque nuit et jour jx)ur pourvoir la table de poisson et |)êcher la morue qu'il faut vendre |X)ur payer au marehand les vêlements et les produits coloniaux noir la gravure, p. 266). Pendant (|ue les filles aident la mère à soigner les vaches et à sécher le foin, les garçons
LE CADET QUITTE LE FOYER PATERNEL. iDaprès une peinture de Tiedemand.)
agrandissent, sous la direction du père, la maison et ses dépendances, pour loger la moisson produite par les nouveaux champs défrichés et cultivés par eux. Ils constridsent encore, à côté de la grande maison, une plus petite, où le père et la mère se retireront, lorsque le fils aîné sera marié, lorsque les filles auront sui^'i l'élu de leur cœur, lorsque les autres garçons se seront embarqués, soit pour chercher fortune en des pays lointains, soit pour affronter comme marins les
i'ROMi;NAm:s en Norvège.
périls des océans. Le Norvégien aime passionnémejit son pays et il verserait la dernière goutte de son sang pour le défendre contre ses ennemis; mais il idme aussi à tenter la fortune et à la poursuivre jusqu'au bout du monde. EtiUjli au loin, il n'oublie pas son père et sa mère; il leur envoie mie large part de ce qu'il aura conquis. Enfin le cadet est parti (noir la gravure, p. 267). Le vieux père
LES VIEUX PARENTS RESTÉS SEULS. (D'après une peinture de Tiedemand. )
lui a recommandé ime dernière fois de ne jamais oublier son Dieu et sa famille. La mère n'a pas pu parler, car les larmes lui ont coupé la voix. Maintenant la tâche des parents est finie. Ils abandonnent la ferme à l'aîné de leurs enfants et se retirent dans leur paisible retraite, où ils finiront leurs jours en vivant de leurs souvenirs, en se préparant par la prière au suprême passage. (Voir la gravure cidessus.)
LK NORD I)i: LA NORVEGi:.
2tiQ
Jai prononcé deux mots qui me consolent, prière cl souvenir.
Cliers lecteurs, après le lonj^ voyage que nous avons fait ensemble, je vais enfin vous quitter. Eh bien! je vous demande* une double faveur. Accordez-moi une place dans vos prières; priez pomr moi (;t pour les brebis dont le Seigneur ma constitué le père et le pasteui-. Accordez-moi aussi un souvenir, lorsque votre cœur apostolique vous inspirera d'aller au secours des raissionnaii-es qui travaillent et luttent pour la plus grande gloire de Dieu et le salut des âmes immortelles.
Adieu, chers lecteurs, et que le Seigneur vous comble de ses meilleures bénédictions !