‹ Promenades en NorvègeChapitre 68 sur 72 · LA VIE DE FAMILLE EN NORVEGE · texte numérisé non relu

LA VIE DE FAMILLE EN NORVEGE

J*ALLAis dire adieu au cher lecteur au bout du monde habité, oii il a bien voulu m' accompagner. Mais pourquoi ne profiterions-nous pas du retour vers les régions du Sud pour causer, assis sur le pont du bateau, non plus des îles, des sunds, des fjords, des terres et des montagnes que nous passons en revue, mais de la vie de famille dans les milliers de huttes et de fermes que nous saluons en passant?

i»R()Mi:nai)i:s i;n NouvKCii';

Vous serez lieureux d'aiy|)rendre eoiiiiiieiil on vit, ou aime, on soulTre, on travaille et on meurt dans ces solitudes. .le dis « solitudes», car, en dehors de nos villes, peu nombreuses, le pays manque al)solument d'agglomérations tant soit peu imixulanles.

Le fermier, entouré de ses ImsmœntL vil souvenl à plusieurs lieues

FIANÇAILLES NORVÉGIENNES. (D'après une peinture de Tiedemand.)

de distance de son plus proche voisin, au fond d'une vallée ou d'une île isolée, qui lui fournit juste assez pour nourrii- sa famille.

Le pêcheur cherche pour sa hutte, au bord de la mer ou d'un lac, au fiond d'un fjord ou encore dans un îlot perdu, mi de ces rares lopins de terre qid permettra à sa femme et à ses enfants de cultiver quelques pommes de terre et de nourrir une vache ou quelques chèvres, pendant que lui, le père, luttera avec les vagues pour leur arracher, au prix de mille dangers, le précieux poisson.

LE NORD Di: LA NORVIiGE.

En dehors des loires cl des grandes pèches on ne se rencontre que rarement. Les habit;uits vont bien de temps à autre à l'église, car ils sont chrétiens et ils ainienl le bon Dieu; mais c'est tout un voyage par terre on par mer, par monts et par vaux, surtout au milieu des tempêtes et des ténèbres, de l'hiver. Pour les tètes, il n y a guère que Noël (jui rassemble parents, amis et voisins.

MARIAGE NORVÉGIEN. (D'après une peinture de Tiedemand. )

C'est dans l'une de ces rares rencontres que le jeune homme a découvert la jeune fille que Dieu lui a destinée pour remplir sa solitude d'amour, de lumière et de vie. Il s'informe si elle est bonne chi'étienne, si elle sait filer, tisser, coudre, cuire le pain, exécuter 1&& mille et mi travaux que l'isolement ne lui permet pas de confier à d'autres mains. Ejifin, il lui ouvre son cœur {voir la gravure^ p. 260). Il est bien reçu.

l'HOMENADKS EN NORVÈGE

Alors (X)inniciu:o une 6i)0(iuc <le travail et de soucis. Lui se préoccupe d'avoir une maison, une barcjne, tous les ustensiles dont il aura besoin pour nourrir une famille. Mlle, veut avoir un trousseau bien garni, et ordinairement il est créé de ses mains, (^ela prend du temps et, pour cette raison, les fiancés doivent souvent attendre des années avant de célébrer la noce. Cela n'est pas l)()n, siulout en Norvège, où

LE BONHEUR DES JEUNES ÉPOUX. (D'après une peinture de Tiedemand.)

les fiancés ont toute liberté de se voir et même de faire seuls de longs voyages.

Enfin le grand jour des noces est arrivé. On se rend en grand train! à l'église, soit en barque, soit en voiture. Il y a une infinité de formalités à remplir et le protocole de l'Elysée n'est guère plus compliqué que les us et coutumes de nos noces. Tout y est stipulé minutieusement. On a prévu qui peut et doit y assister, quels cadeaux doivent

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