‹ ProméthéeChapitre 14 sur 26 · LB DIEU · texte numérisé non relu

LB DIEU

L'esclave a retenu les paroles du maître.

C’est bien! de tous vos maux n’accusez plus que vous. C’est tous qui les voulez ; ce n'est aucun de nous. Dans vos propres fileUs vous-mêmes enchaînées,

C’est vous qui de vos mains tissez vos destinées ;

C’est vous qui sur vos fronts mettez ces jougs pesans; Et des maux que je vois les cieux sont iunocens.

U CHOEUR

Le supplice, en effet, a suivi la menace.

Le monde est ébranlé; les cieux changent déplacé. De l’Olympe en criant descendent les aiglons.

De l’enfer est sorti le roi des aquilons.

L’abîme palpitant, l’éclair luit; tout flamboie,

Et les douze immortels s’abattent sur leur proie.

(T T. dieux se précipitent sur Prométhée. )

PROKÛTBKB.

O justice!... tna mèrel... Abîme, mon berceau! Terre et cieux, contemples ce supplice nouveau I Ce n’est plus le vautour qui s’attache au blasphème. C’est moi seul,oui, c’est moi qui me ronge moi-même. Horreur! mon cœur est vide , et je l’ai dévoré ; L’avenir tout entier de moi s’est retiré.

O ciel ! que de l’augure à bon droit tu te railles! J’ai moi-même eu mes flancs consulté mes entrailles. Mais qu’ai-je découvert? Espérance! néant! [rant, Voix qui toujours grondais dans mon sein muriuù- Supplice où se mêlaient l’abondance et la joie , Aigle au front couronné qui me rongeais le foie , jNectar des pleurs sacrés , qu’êtes-vous devenus?

Je me cherche en moi-même et ne me trouve plus.

O douleur «ans orgueil 1 ô misère , misère !

Le dieu porto & présent envie au ver de terre.

LB CHOECR.

Où suis-je? la peur Glace arec la rie L'oracle en mon cœur.

PROMHTHÉB.

Penser qui me dévore I éternelle agonie !

Sans comprendre mes dons l'univers me renie.

Parmi mes rêves d’or , loin du monde réel,

Mon esprit trop avant a porté son autel.

Oui , ma pensée habite un trop superbe faîte,

Et le monde à mes pieds se rit du faux prophète.

" lh chceüb , en tremblant.

Ahl qu’as-tu vu, mon ame? quels démons,

Les yeux hagards, sont descendus des monts?

Au cœur du juste ils pèsent comme un rêve.

Le noir enfer s’agite en son esprit.

De froids serpens la musc le nourrit,

Et contre lui le temps use son glaive.

PROMÉTUF.B.

Quel soupçon I... En effet... si je m’étais trompé 1 Si mon esprit s’était d’un vain songe occupé 1 Nonl non! cela n'est pas;... pourtant,ce)apcutêtre.. Si mon ame , en mon sein , qui périt pour renaître N’était rien qu’un vautour à ma perte acharné î Si de mes vains pensera le dard empoisonné ,

N’était que l’instrument de mon propre supplice 1 Si de mes ennemis, moi , j’étais le complice 1 Si l’espérance était un filet sous mes pas ,

L’avenir une embûche 1... Ah ! je n’achève pas. Chaque mot dans mon ame éveille le délire.

Mes lèvres, taisez-vous... Mais enfin, pour tout dire, 8i j'avais mis mes vœux sur de trompeurs autels 1 Grands dieux, si, par hasard, vous étiez immortels!

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