‹ ProméthéeChapitre 25 sur 26 · CHOEUR DE SÉRAPHINS · texte numérisé non relu

CHOEUR DE SÉRAPHINS

Comme on lave l’autel après le sacrifice,

Ainsi de chants de paix abreuvons les esprits;

Du milieu des déserts que la source jaillisse Des cantiques taris.

Qui pensait que jamais l’archange du Caucase ,

Des liens de la mort pût rejeter le faix,

Et qu’en son coeur aride et fendu comme un vase , Dieu répandît la paix ?

O terre, oubliras-tu qu’en tes vallons funèbres, L’esprit s’est affranchi des ongles du vautour , Qu’au doute dévorant, compagnon des ténèbres,

A succédé l’amour?

Liée au désespoir, l’amn, aveugle captive,

En un monde désert, de poisons s’enivrait;

Parmi de nrfVs serpens, sur sa couche plaintive, L’ennui la dévorait.

Et voilà que soudain une main la relève.

Comme un rameau des bois que l’hiver a flétri, D’un flot pur abreuvée, elle reprend sa sève;

Et son mal est guéri.

De la prison des sens, par une route sainte,

Un penser la ravit vers des cieux inconnus.

Des fers qu’elle a portés elle cherche l’empreinte , Et ne la trouve plus.

Ainsi la paix arrive à celui qui l’implore.

De son flanc s’il repait les oiseaux de la nuit,

A la fin , dans son cosur luit l’éternelle aurore Que la colombe suit.

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