CHOEUR DE SÉRAPHINS
Comme on lave l’autel après le sacrifice,
Ainsi de chants de paix abreuvons les esprits;
Du milieu des déserts que la source jaillisse Des cantiques taris.
Qui pensait que jamais l’archange du Caucase ,
Des liens de la mort pût rejeter le faix,
Et qu’en son coeur aride et fendu comme un vase , Dieu répandît la paix ?
O terre, oubliras-tu qu’en tes vallons funèbres, L’esprit s’est affranchi des ongles du vautour , Qu’au doute dévorant, compagnon des ténèbres,
A succédé l’amour?
Liée au désespoir, l’amn, aveugle captive,
En un monde désert, de poisons s’enivrait;
Parmi de nrfVs serpens, sur sa couche plaintive, L’ennui la dévorait.
Et voilà que soudain une main la relève.
Comme un rameau des bois que l’hiver a flétri, D’un flot pur abreuvée, elle reprend sa sève;
Et son mal est guéri.
De la prison des sens, par une route sainte,
Un penser la ravit vers des cieux inconnus.
Des fers qu’elle a portés elle cherche l’empreinte , Et ne la trouve plus.
Ainsi la paix arrive à celui qui l’implore.
De son flanc s’il repait les oiseaux de la nuit,
A la fin , dans son cosur luit l’éternelle aurore Que la colombe suit.