‹ ProméthéeChapitre 26 sur 26 · UN SÉRAPHIN · texte numérisé non relu

UN SÉRAPHIN

Sur un Caucase ardent les nations gémissent;

J’ai vu des peuples rois qu’on liait au rocher.

Quaud sera le vautour , sous qui les cœurs périssent, Immolé par l’archer?

LE CHOBOB.

Tout vautour en son nid se dévorant luLmême, L’injustice avec lui voit son règne finir.

Des serres du passé toujours l’archer suprême Délivre l’avenir.

hésionx.

( Elle tort de ta tombe.)

Qui l’eût dit ? les morts ressuscitent.

Voici qu’au fond du noir tombeau ,

Les ténèbres se précipitent; ç,

Et le sépulcre est un berceau.

Dans les flancs de l’urne agitée , Voyez I le nouveau Prométhce Des morts recueille les débris.

Il répare l'homme fragile ; ,

Et d’une impérissable argile Il environue les esprits.

Le divin potier d’une eau sainte Epure l’ame neuve encor.

Au vase il donne son empreinte,

Et le noir limon devient or.

Vase de joie et d’abondance,

Dans sa main comme par une anse , Il tient mon cœur par l’espérance.

Quelle main pourrait me briser?

Dans l’abîme où tout va descendre , Je puise en dieu pour le répandre ; Il a retrouvé sous ma cendre L’amour que rien ne peut user.

Mc prêtant uuc aile de flamme ,

La mort, invisible sculpteur,

EnGn retranche de mon amc Le souvenir de la douleur;

Et comme autour d’une statue D’or et de bronze revêtue,

L’éclat de la pierre abattue Jaillit sous les coups du ciseau ; Ainsi les pensera de la terre ,

Voiles des sens, pesant mystère, L<£n de moi volent en poussière Sous l’heureux souille du tombeau.

LB CUCECB.

0 cieui ] redirez-vous encore Que le flambeau dea morts pâlit.

Que l'aube aussi se décolore ,

Que dieu même s'ensevelit î De lui-même il renaît. Eau vive , intarissable, Vit-on jamais ses jours répandus sous le sable ,

Se perdre dans la mort?

Si le désert s’étend à la place de l’ame ,

Frappez , frappez les cœurs de la verge de flamme; Dieu jaillira d’abord.

Souvent pour tendre à l’homme un piège , Loin de sou temple et de Sion,

Au fond d’un siècle sacrilège ,

Il se cache comme un lion.

Rien ne trahit le dieu retiré chez l’impie ;

Tout sourit à l’entour quand l’Éternel épie Les peuples des déserts.

Mais soudain il rugit; le monde fait silence;

Le cri du dieu redouble; et d’un bond il s’élance Sur le pâle univers.

es SÉRAPHIN.

Tel aussi l’aigle dans la nue Remonte au séjour des esprits,

Et cache son aile étendue Au sein des foudres assoupis.

Cependant, au vallon, dans leurs fangeux repaires Les petits des vipères Redisent: il est mort. q M ais soudain s’élançant du séjour du tounerre,

- » » s -w* .Am»*»...

176 PROMÊTHÉE DÉLIVRÉ.

Il étreint de sa serre Le serpent dans son fort.

LE COfECIF.

Sors du nuage , aigle ou colombe I Lion, sors de l’obscurité I Espérance , sors de la tombe !

Grand dieu, sors de Pimpiété I Assez tu t es caché sous des images vaines;

La nuit se prolongeant , assez de lourdes chaînes Ont pesé sur les cœurs.

Enfin ton front ridé se couronne de joie.

Dans Pantre du tombeau, tu délivres ta proie Des terrestres langueurs.

Ainsi l’homme vient les mains vides,

Et de dieu retourne comblé. ,t

Trop longtemps sous des cieux arides Ses pleurs dans l’enfer ont coulé.

Vers l’abîme il penchait, résolu de maudire;

Et sa bouebe déjà s'efforçant de sourire Chantait l’hymne de mort.

Mais un doigt le frappant sous sa fausse cuirasse, Le chant du désespoir en un hymne de grâce S’est converti d’abord.

OOnXX

>ÔCCX>06p00

'MÈïèMo

■'• Ci^mé^ wrera,

CUÉilTrfcg C&oÆr<Kp£Jé >î

OQRtffr# ç&tn$è<*‘KKW«

< ÇKuirrcs <;ûmjpl$téfc^(TÇ<

mèiüc > !MX

D|«Faqg(èhCÎ>f

?ptnres d’Alf; èd

Page 1