CHŒUR DE SIBYLLES
( Let cyclopes entraînent Prométhde sur le sommet du Caucase. )
NÉMÉSIS
Cyclopes , arrête* I Au bord du précipice,
Le destin a marqué ce lieu pour le supplice.
Voici le noir abîme où finit l’univers;
Jamais regard mortel n’a souillé ces déserts. Entendez-vous le cri que la nuit vous renvoie ?
C’est le cri du vautour qui demande sa proie. Démons, que tardez-vous? Il est temps d’attacher Cet ami des humains aux flancs de son rocher.
Il a ravi la flamme, honneur de la fournaise;
De l’antique destiu la puissance lui pèse;
86 PROMÉTnÉE
A des peuple» d’argile il a livré le ciel ;
Bâtez-vous de clouer ce dieu sur son autel.
Les douze Olympiens vous parlent par ma bouche.
UN CYCLOPB.
j’obéis ; et pourtant sa souffrance me touche -,
Car qui saura jamais ce qu’avant de mourir Un dieu crucifié sur l’autel doit souffrir?
Pour plaire aux dieux nouveaux faut-il des déicides ?
NÉMÉSIS
Dans l’abîme j’entends le fouet des Euménides.
Va I Cyclope , prends garde aux maîtres des enfers ; Mets un frein à ta langue , et rive-moi ces fers.
LE CVGLOPB.
Ahl mon bras t’obéit, si ma langue murmure.
Du Titan , malgré moi , j’ai scellé la ceinture j D’un lien préparé dans les feux de Lemnos Deux fois j’ai sur son cœur resserré les anneaux.
Ses deux bras étendus sont cloués sur le faîte.
Sous scs pieds enchaînés s’amasse la tempête.
NÉMÉSIS
Avant l’éternité cet anneau peut s’user.