Prophéties la fin des temps
lice sur les prophéties, à moi qui ai osé braver le» préjugés de notre époque en rébabililant le charlatan Noifradamus, Tun des plus grands savants du xvi« siècle ; à moi qui le premier ai raconté celle merveilleuse bisloire de la propbéiie deNo^l OUvarius, relative à Napoléon , laquelle prophétie est si aulbenllque que dernièrement le rédacteur du Âié-
mariiU dB Mouen^ M. R , me disait avoir vu en*
Ire les mains d'une personne de cette ville une copie de la prophétie d*01ivahus écrite au commencement de la révolution française, c*est*à-dire plusieurs années avant Tavénement de Bonaparte au trône impérial.
Vous me demander quelque chose de neuf sur
cett% matière si peu connue et parlant si peu étudiée de nos Jours ; mais en vérité, monsieur, tout ce que je pourrai vous dire dans Pespace qui m*est réservé, sera, je l'espère, considéré par vos lecteurs comme une nouveauté, car les esprits forts du siè* oie dernier ont tellement nié tout ce,qu*il leur était impossible de comprendre, d'examiner, d'analyser^ de peser et de toucher, que ceux de ce temps-ci eu sont arrivés au scepticisme le plus ridicule, à l'athéisme le plus complet, et à ne plus considérer les manifestations spirituelles de l'être humain, les mystères de Tâme, que comme autant de duperies et lie aottises.
Vï A L'EDlTfi^JR.
Oui donc, depuis la réforme prêchée si chaleureusement par Luther, Zwinfile et Calvin, auraitcher- Ghé à étudier eonsciéncleusement, dans Thomine et dans riiuiiKuiilé, la révélalion divine, Pexlase reliiîieuse, le don de prophétie? Qui donc, depuis les violents et révolutionnaires écrits des philosophes du xviii« siècle se serait avisé d'ajouter ici aux prophéties de la Bible et de commenter les prédictionsanciennes et mqdernes?
Le monde est ainsi fait : il marche sans trop savi^ir comment; il pense comme on lui dit de penser, et ayit en vertu des vieux principes de la routine et de 1 habitude. £h! mon Dieu! jl y a dix*huit cents ans à peine que des liommes animés d'une foi nouvelle rnouraical pour avoir voulu faire sortir le peuple de la routine et de riiabilude, en lui parlant pour ia première fois de liberté, de fraternité, de bonlieur !
Aujourd'hui nous vivons dans un matérialisme ,
qui peut pai lailement se comparer ù celui des Romains avant ia prédication de l'Évangile. La foif le dévouement, Taffeclion ne sont plus, mais en revanche réyoïsnie, les jouissances sensuelles et Famour de Tor ont remplacé dans notre cœur tous les nobles sentiments qui ranimaient autrefois. On est religieux à ia façon des ijaïeas qui immolaient Socrate et Jésus plutôt pour satisfaire aux exigences des vieux codes que par amour pour ks divinités de rolympe.
Les sciences qui, ainsi que les arts et les lettres, reflètent les idées politiques et religieuses d'une époque, d'une nation, d*un peuple, sontàrheuru qu il est complètement athées. L'homme se, meut au
Vif
Bioyen d^orgmies matériels ; la terre tourae autour
du soleil et la lune autour de la terre en raison de la loi d'at^racUoii, qui est purement physique \ tout, en un mot, pour le «avant est mécanique, physique et matériel ; rieu n'est Dieu. Et ces savants, qui croient savoir quelque chose et qui traitent du haut de leur grandeur les mystères de la révélation et le don de prophétie, ignorent ce qui constitue la respiration, la circulation, la génération; ce qui produit le magnétisme, le somnambulisme, la peste, la grêle, les aéroUtbes ; ce que c'est que l'âme, la vision, Textase, la végétation des plantes, Téloile qui bnlle au ciel, [ espace, le temps, la foi et Dieu !
Dans un tel état de choses, les matières qui font le sujet de votre livre doivent trouver peu de partisans. £l pourtant les prophéties sont aussi anciennes que le monde ; elles précédèrent chez les Grecs Té^ tahlissemenl des inslilulions politiques; elles annoncèrent aux Hébreux la destruction de leurs cités, et Tavénement et les souffrances du Christ, le divin libérateur des esclaves; elles proclamèrent, par la bouche de saint Jean, la grandeur et la puissance du christianisme en Occident, et, chose plus curieuse encore, la naissance des hérésies, des pro^es^ talions, des réformes; elles jetèrent ensuite, au moyen âge et à la renaissance, Tépouvante parmi le peuple, en prêchant la fin du monde pour le siècle, le nôtre, et la venue de TAnU christ , en annonçant les fléaux qui doivent fondre sur nous, la ruine de nos villes, les massacres de ses habitants^.. Et jusqu'à présent toutes les prophéties anciennes se sont réalisées.
Le peuple »a toujours cru aux prophéties et il y
Vin A L<^1TEUR.
croira probablement toujours^ malgré le scepticisme jeté dans les masses par les philosoplies athées. Ma« cbiavel nous en fournit un exemple : « Je ne sau« * rois, dit'iL en donner la raison, mais c'est un fait attesté par toute Tliistoire ancienne et moderne, qt$e jaînais il n^est arrivé de primés malheurs dans une ville qui n'aient été préc(it$ par quelques détins f ou annoncés par des révélations, des pro^ diqes ou autres signes célestes. Il seroiL fort à désirer que la cause en fût discutée par des hommes instruits dans les choses naturelles et surnaturelles, avantage que je n'ai point. 11 peut se faire que notre atmos|>hère étant, comme l'ont cru certains philo* sophes, habitée par une foule d'esprits qui prévoient les choses futures par les lois mêmes de leur nat|ire, ces intelligences, qui ont pitié des hommes, les avertissent par ces sortes de signes, afin qu'ils paissent se tenir sur leurs gardes. Quoi qu'il en soit, le fait est cbrtaih , et toujours après ces annonce» on voit arriver des choses nouvelles et extraordinaires. » Maehiaf et, tout le monde le sait, n'était ni fanatique, ni superstitieux, ni Illuminé.
Mais, si nous ouvrons les ouvrages des historiens, nous trouvons encore des choses pliis étonnantes* M. Roberlson, en rapportant le discours de Monte* zuma aux grands de son empire, rappelle les tradi* lions et les prophéties qui annonçaient depuis long-* temps l'arrivée d'un peuple de la même race qu'eux et qui devait prendre possession du pouvoir suprême.
Les Chinois croyaient aussi aux prophéties. On Ut dans le Chouking : « Quand une famille s'approche du trône par. ses vertuîs, et qu'une autre est