PROPHÉTIES.— CAZOTTE
et lui dit , avec un ton pénétré : Mon cbrr ■ M. Cazolle, c'est assez faire durer cette facétie lugubre; vous la poussez trop loin, et jusqu à compromettre la société où vous êtes, et vousmême. Cazolte ne répondit rien, et se disposait à se retirer, quand madame de Grammonl, qui voulait toujours éviter le sérieux et ramener la gaieté, s'avança vers lui : u M. le prophète, qui nous dites à tous notre bonne aventure , vous ne nous dites rien de la vôtre. » Il fut quelque temps en silence et les yeux baissas : <c Madame, avez-vous lu le siège de Jérusalem , dans Josèphe?— Oh I sans doute ; qui est-ce qui n*a pas lu ça ? mais faites comme si je ne Tavais pas lu* Ëh bien, madame, pendant ce siège , un homme fit sept jours de suite le tour des remparts, à la vue des assiégeants et des assié* , gés, criant incessamment d'une voix sinistre et tonnante : Malheur à Jérusalem ! Malheur à tnoi-mèmel et dans le moment une pierre énorme, lancée par les machines ennemies , Talteignit et le mit en pièces. »
Et après celte réponse M* Gazette fit sa révérence et sortit.
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lilBSa MIRABILIS
Le Liber mirabilis est un vieil ouvrage dont tout te oionde a entendu parier et que bien peu de personnes ont eu le courage de lire. Depuis le commencemeril du xvi® siècle où il a paru pour la première fois, il s'en est fait un grand nombre d^éditions, et il nVst point de bibliothë** que publique où l'on ne puisse se le procurer» C'est un recueil d'un grand nombre de prédietions, écrites la plupart en mauvais latin du moyen âge, el quelques-unes, qui se trouvent à la fin^ en vieux français fort difficile à comprendre. L'auteur qui a rassemblé toutes les pièces qui le composent ne s'est pas nommé. Les prédictions du Liber mirabUis appartiennent a de nombreux auteurs, qui vivaient à diverses époques, depuis les premiers siècles de PEglisc ^ jusqu'au xv<> siècle. Les principaux de ces auteurs sont : Bemechobus, évëque et martyr, saint Augustin, rarchevéque Sévère, sainte Brigitte^ Termite Reynard, le pèrb Cyrille, Tabbé Joachim, la sibylle de Crète, la bienheureuse Catherine, le bienheureux Vincent, Jérôme de Ferrare, etc*
,^l.es prédictions du Liber mirabilis sont loin d avoir l'importance qu'on leur attribue généralement, faute de les avoir lues ; elles sont la plupart d'une obscurité et d'une confusion inextricables; lorsqu'on les comprend, il est le plus souvent impossible de déterminer si les faits an-
PAOPMÉTIES.
nonces m sont véritablement accoropiîs , tant elles sont vagues et dépourvues de précision. Beaucoup d'entre elles paraissent se rapportera des événements passés depuis longtemps et dont il n'est pas facile de vérifier l'exactitude ; les autres annoncent bien des événements futurs, mais elles ne présentent point les caractères qui ^ Inspirent la confiance ; telle serait, par exemple^ la réalisation d'une partie des faits prédits. Parmi ces prophéties , il en est une cependant fort remarquable et qui, à elle seule, a conservé depuis cinquqnle ans au Liber mirabilis sa vieille réputation; c'est celle de Jean de Yatiguerro qu'on attribue généralement à saint Césaire, un des premiers évèques d'Arles. C'est la seule que nous citerons , parce que c'est la seule qui nous paraisse avoir une véritable importance.
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