LA CROIX DE
« liCS incrédules, ne p(>u\anl plus nier le fnit ^ en lui-même , voulurent en écarter tout ce i( ^a^on pourrait y voir de surnaturel, n
Après un récit de Tappnrilion, M. de Ranchin ajoute : a Comme i'église ne (Hiuvait con* M tenir loud ceux qui voulaienl y entrer, pluie sienrs restèrent dcdrors . devant la porte d*entrée ; ei^ quoique le recueillement ne leur « permit pas de détourner la téte, il y en eut Il quelques-uns qui, élanl plus à portée de la If croix céleste, s'aperçurent que, dès lespre* «I miëres paroles de la bénédiction, elle avait « commencé à s'effacer par le pied, et qu'elle avait totalement disparu à Tinstant où le prè-
'« tre avait prononcé les dernières paroles
H J'entendis vêpres à Migne. Je Tus édifie à la ^ vue d'un peuple naguère si irrespectueux et si « insubordonné, et aujourd'hui si doux, si soui( mis. Ils sont religieux sans ostentation, pieux <( sans affectation , modestes et recueillis dans w leur église. Au dehors et dans leurs Familles u régnent la paix et la bonne loi. Leurs figures *i portent toutes rempreinte de ee calme hen-^ « reux qui est inséparable d'une bonne conscience. CVst vraimerit un peuple régénéré. <c Je repartis pour Poitiers ou je désirais «avoir une entrevue avec le maréchal des logis u deja gendarmerie. On prétendait qu'il avait a rétracté sa déposition. J'eus une entrevue «avec lui dès le lendemain; je lui demandai . et s'il avait effectivement donné liou aux bruits « qui circulaient sur Sa rétractation. Il me répondit, avecaulant d'assurance que d'énergie, . « que c'était faux, qu'il ne disait que la vérité ,
PROPfiÉTlE»,
H et qu'il avait vu la croix miraculeuse aussi
M bien et *iussi distinctement qu'il me voyait « moi-même^ €l qu'il i 'a tleslerait en tous temps, Ken toutes occasions, envers et contre tous.
4c J'ajouterai qu'il est h mn connaissance que ic trois personnes , dont Tune était fortement a prononcée contre le miracle, ayant été aux 4( enquêtes sur les lieux, en sont revenues toutes. 4( aussi convaincues que moi* Celui qui s'obstia nait à ne pas croire, et qui s*est rendu à Téviil dence, est un juge d'instruction. Il m'a fait <i lui-n)éme Taveu de son opiniâtreté passée et t( celui de sa conviction actuelle. Les deux aua 1res sont des personnes de distinction, et di* «t gnesdefoi, qui habitent la capitale. A la suite 4t de renseignements exacts qu'elles se sont pro* M curés sur les lieux, elles ont également acquis « la certitude du miracle.)!
Un membre distingué de TAcadémie des sciences, un savant astronome, M. Cassini, a examiné le fait. Voici le jugement qu'il en a porLé. « Nous rions de pitié de ceux qui vou- «i d raient comparer la croix lumineuse de Migné <( à un arc-en-ciel solaire, comme de ceux qui u Tassimilent à un arc-en-ciel lunaire. C'est un n cITel de réfraction, ont dit certains ignorants ; 4( dites plutôt de réflesion^ ont repris crautres «( un peu plus savants.... Eb! Messieurs, pour <( expliquer le phénomène à votre manière il ne n vous manque qu'une chose, mais indispensa- 41 ble : un rayon soit du soleil, soit de la lune, 41 qui, étant malheureusement absents, n'ont pu H donner lieu ni à réflexion, ni à réfraction, ni « à arc-en^ciel; d'autant qu'il n'y avait ni nut*
LA CBOIX DE mGKÈ
K gcs, ni vapeurs^ ni plaie. Cherchez donc quel*
« que autre explication d'une apparition dont trois mille témoins déposent, qui peudiint une «(demi-heure ei à une hauteur qui excédait <c cent pieds a subsisté sans mouvement, sans it altération, sous des formes bien nettes, bien «c tranchées. Ces! ce que nous portons défi d'at« Iribuer raisonnablement à une cause physique u naturelle. Et notre opinion sur ce point est «( appuyée de Taulorité de plusieurs savants, ♦{ faits pour prononcer sur une telle matière, •c Mais que ce météore, enfant de tant de hau sar^isetde puissances mystérieuses si contrai- *j res, soit venu se placer dans ce lieu à point •c nommé, lorsque le prédicateur parlait delà «croix apparue à Constantin: que ceux qui u Pont vu, subjugués par tous les senlimenls <( religieux, aient cédé a la puissance du mirage cle; que des savants distingués au nombre « desquels il y en avait d^une opinion peu favo- «( rable à la croix, l'aient attesté; qu'ils aient «t concouru è étabh'r la nature et la vérité de ce te fait extraordinaire , qu^il soit cru miraculeux « par une fouie d'hommes sans préjugés comme « sans préventions, dont la modestie, amie de la u science et de la vérité, examine avec connais- «( sance et discute avec calme; que des magis* « trats, des minisires de la religion, voisins des «( lieux, et obligés devaot Dieu de dévoiler les <c prestiges de Terreur, aient établi des commisse sions, reçu leurs rapports , ordonné une ent( quête, religieusement et civilement juridtqne, M agi si sérieusement et avec tant de crédulité : H ce serait assurément un miracle, un prodige
PUOPHËTIES.
H mille fois plus inadmissible que celai dont H nous adrueUOQg le réaiilé (i)» »
YISIONS PKOPUëTIQUES
DUKË ADiClENJNË K£UGl£US£ (s)*
Une ancienne relifçîensc, morte depuis peu en odeur de saiatelé^ trouva au sein d'une respec* table famille un asile conlre la fureur des tyrans del795, qui après Tavoir chnssêe de sa coiinnunauté, la faisaient rechercher pour la mettre^' comme tantd^aulres^au nombre de leurs viclU mes. Là, elle tomba daris une maladie de langueur, qui, au bout de six mois, fit désespérer de sa vie. Un médecin, républicain modéré, lui donnait secrètement ses soins. Dans une de ses dernières visites, la malade luiayantdit: u Guérissez-moi donc, monsieur le médecin, )> il lui répondit brusquement : u Nous ne sommes plus » dans le temps où les apôtres faisaient des mi^ « racles, n Après cette réponse, il dit en particulier aux maîtres de la maison : u Dans vingt- « quatre heures votre religieuse nVxistera plus» ^ Lorsqu'il se fut retiré, la religieuse mit sur sa poitrine un sacré cœur, et dormit d'un profond sommeil pendant deux heures. S'étant réveitiée<, elle dit à sa garde : « Je suis guérie ; je vais me u lever, )> Effrayée en pensant que ce langage,
(i) Paroles ciires dans La croix de Mignr vengéi'f di. 61. (a) Tableau des Uoi» époi^ues, Paris, l^'ilà^
UJSË AKCI£NB!£ atUGIEUSE.
qu'eUe ngardail comnie un dernier eûbrl la nainre, anaofiçail one mort procbaiike, aa garde
courut en prévenir les maîtres, qui, s'étant rendus avecemprmementdafi^ la chambre de celle religieuse, la Iroavèrent eu parfaite santé. Frappés du plus grand élonnenrient, ils en croyaient à peine leurs yeux et leurs oreilles; mais leur conviction Tut pleine et entière quand ils la virent se metire de suite à table avec eux et manger <u)mme si elle n'eût jamais été malade. J/é« lonneroent du médecin fut encore plus grand, lorsque, venant le lendemain dans la persuasion que sa malade elaîl morte ou prèle a mourir, il ta trouva parfaitement rétablie. Le règne de la terreur ayant cesse, celte religieuse passa dans un autre département ou elle fut appelée pour aider à fonder un établissement en faveur des pauvres infirmes, Pendant qu'elle s'occupait à cette bonne œuvre, il survint à la généreuse dame qui ioî avait donné Thospitalité pendant plusieurs armées un sujet de peine d'autant plus accablant qu'elle ne pouvait le faire connaître à personne. Peu de temps après, elle reçut une lettre de sa religieuse , qui lui disait : a Je suis i(bien étonnée, madame, diaprés Télroite et « sainte amitié qui existe entre nous, que vous a n'ayez pas soulagé votre cœur en me faisant «( part de la peine qui vous accable; mais le bon « Dieu m'a fait connaître ce que vous avez voulu « me cacher... » A la lecture de celle letlre la respectable dame fut convaincue que iretle connaissance de son chagrin, dont elle n'avait fait part à qui que ca fût au monde, était surnaturelle; et^ se rappelant la guérison miracu-
leuse qa'eiia avait vue de fies yeux . eite fut plus persuadée que jamats do ta satiiteté de celte religieuse. Voilà les faits qui peuvent inspirer de la confiance eu cette reli* gieuse dont on va lire les prédictions. Sa pre* mière est du 6 janvier 18115, elle annonçait les cent-jours. Pendant que je priais, dit la reiigreuse^, pour le parfait rétablissement de la reli* gion et de la lêgilimilc en France, il me fut dit : u La France n'a pas reconnu le bienfait que je ic lui ai accordé en la délivrant de ranarcfaie et « de la tyrannie; au lieu de me témoigner sa fc reconnaissance, elle m'outrage ; je vais encore <( la châtier en permettant que le vautimr de « VEurope y rentre. — Seigneur, vi^écriaîs-je^ tout est perdu si Bonaparte rentre en Fratice; il me fut dit : « il n'y restera pas longtemps ; «j'armerai TEurope contre lui, in France sera « CQrnée comme unevilie qu'on assiège, et avant «{ six mois les Bourbons remonteront sur le « trône de leurs pères... j» Cctie prêdiclion s'est accomplie à la lettre, comme tout le monde sait. La seconde prédiction regarde les événements lulurs, et voici ce que dil celle religieuse. « Le dimanche d'avant la Toussaint 181G, je faisais mon oraison sur Pinstabilité du cœur humain.. • Je fus tout à coup frappée d'ol)jets horribles... Je vis des personnes de tous les états qui* se. livraient à des désordres affreux..; Il me fut dil : «{ Tu vois les crimes qu'on commet; et qui rclient mon bras vengeur (i) ?... Je vais doue
{i) p>«se soas sUcMice une p:iriie de cette prédicliao* U temps de la pabUer n*est pas encore venu*
DNE ANCIE^ÏNE RELIGIEUSE. fiO
«t encore frap|)er la France pour le bonheur rte» *L uui ie malheur des autres. .le vis dans co rnomenl un gros nuage qui élait si noir que jVii lus épouvantée; il couvrit toute la Tr^iuce, et ();m)s ce nuage j*eulcri(Iis des voi\ coutuses qui criaient*, les unes, <( Vive la république! » ics autres, Vive Nnpoicoii ! >♦ les aulrcs, «c Vive la il religion et ie grand monarque que Dieu nous garde ! >» En même temps il se donna un grand combat, mais si violent qu'on n'en avait jamais vu un semblable; le sang coulait comme quand la pluie tombe bien fort, surtout depuis le midi jusqu'au nord, car l'ouest me parut plus tranquille. Les méchants voulaient exterminer tous les ministres de la religion de Jésus-Christ et tous les amis de la légitimité, lis en avaient fait périr un grand nombre, et criaient déjà victoire, lorsque tout à coup les bons furent ranimés par un secours d'en haut, et les méchants furent défaits et confondus... Le temps de tous ces bouleversements ne sera pas de plus de trois mois, et celui de la grande crise où les bons triompheront ne sera que d'un montent. Quand les méchants auront répandu une très-grande quan* tilé de mauvais livres, ces événements seront proches* Aussitôt après qu'ils seront arrivés, tout rentrera dans l'ordre, et toutes les injustices , dequelquenaturequ'ellessoienl, seront réparées, ce qui sera très-facile, la plupart des méchants ayant péri dans le grand combat; et' ceux qui auront survécu seront si effrayés du châtinier»t des autres,. qu'ils ne pourront s'empêcher de re» connaître le doigt de Dieu et d'admirer sa toutepuissance : plusieurs se convertiront. La reli-
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gion fleurira ensuite de la manière la plus admirable. J 'ai vu des choses si belles à cet égard que je n'ai pas d'eipressions pour les peindre! n