AVANT-PROPOS
On peut dire de la myopie qu’elle est véritablement une question sociale. Avec les progrès de la civilisation, la diffusion de l'instruction jusque dans les campagnes, la myopie a augmenté de fréquence. Or, il n’est pas douteux que le myope soit inférieur à l’emmétropeet à l’'hypermétrope. La myopie élevée ferme un grand nombre de carrières et ilest malheureusement assez fréquent qu’elleentre en scène alors que le sujet est orienté d’une façon définitive vers telle ou telle profession. Essayer d'arrêter la myopie dès ses premières manifestations, la faire rétrocéder le plus possible, tel est le but que l’on doit poursuivre et vers lequel nous avons orienté notre effort.
C’est à la clinique ophtalmologique de l’école de médecine de Nantes que nous avons "vu employer dans ce but les myotiques par notre maître, M. le professeur Dianoux. Voilà plus de trois ans que, suivantses bienveillants conseils, nous ayons commencé
de réunir des observations sur ce sujet. Malheureu-
—10— ; sement, la clientèle des cliniques gratuites est infidèle. La plupart de nos observations sont restées incomplétées et notre bagage personnel est maigre. Nous remercions M. le professeur Dianoux et M. le D: Chesneau de nous avoir communiqué les observations qui feront la partie la plus importante de notre chapitre clinique. La plupart de ces observations ne remontent guère qu'à deux ou trois ans. C’est en effet seulement le rapport de Bourgeois à la Société d’ophtalmologie (Congrès de 1905) qui a révélé au professeur Dianoux qu'il suivait, depuis plus de vingt ans, une pratique originale. Depuis cette époque, il a recuelli le plus de cas qu'il a pu
pour servir de base à cette thèse.
Avant d'entreprendre ce travail, nous voulons adresser à M. le professeur Dranoux l'expression de notre profonde gratitude pour les admirables leçons de clinique dont nous a fait profiter sa haute expérience. Nous n’oublierons jamais la patience et le dévouement avec lesquels ilnous a guidé dans l'étude
de l’ophtalmologie.
Nous remercions M. le professeur DE LAPERSONNE de la grande faveur qu'il veut bien nous faire en.
acceptant la présidence de cette thèse.
er CHAPITRE PREMIER