CHANCRES DU VISAGE
toilelle, quiliiî sonl rig^oureusoment pf^rsonneb^eLc.^elc. Bref, loutea les conjectures imaginables sont épuisées le*; unes après les autres, et, en dépit de tous noselTorts, l^enquôle finit par rester muette. El telle elle est toujours restée. Car, depuis lors, je n*ai pas cessé d'être le médecin decejeune homme, quia bien acquis la Irentaine aujourd'hui. Maîules fois la conversation est revenue entre nous sur rorigine de sa maladie; maintes fois je lui ai demandé hH ne nous avait pas dissimulé quelqu'une de ces escapades qui sont familières aux collégiens, et toujours il a protesté de sou absolue sincérité, toujours il m'a répondu qu'il en était encore à ignorer comment il avait gagné son mal. Suivant son expression, « ce maudit chancre lui est tombé du ciel n.
Elï bien, ce n'est pas U\ une histoire isolée dans le chapitre qui nous occupe. Nombre de fois, au contraire, on a vu Torigine de la conlagion syphilitique du visage rester absolument ignorée^ îneompréhensibie ; et cela non pas seulement sur des sujets pouvant avoir quelque inlénH à dissimuler, mais sur des sujets d'absolue bonne Joi^ n'ayant rien h cacher, rien à taJre, cherchant eux-mêmes à se renseigner sur le pour(|uol et le comment de leur maladie.
Qu'est-ce que cela signifie, sinon, comme je vous l'ai déjà dit plu>iieurs fois, que ces contagions inexpliquées doivent certainement dériver, au moins pour un certain nombre de cas, de circonstances toutes fortuites, purement accidentelles et échappant à tout© investîgatioti rationnelle, à toute analyse éliologîque, par cela même qu'elles relévenl uniquement du hasard*! Alors, par exemple, quune de ces contagions procède d'une simple projection de salive sur le visage dans une conversation avec un sujet syphilitique, allez donc, même avec la plus parfaite anamuèse, retrouver trace d'un tel incident, qui peut n'avoir même pas été remarqué à l'instant où il s'est produit! Eh bien, ce n'est là qu'un spécimen, une variété de ces contaminations de hasard, multiples à rinOni, qui peuvent transporter le contage sur la face, en laissant mystérieuse, forcément, et è jamais mystérieuse l'origine dont elles dérivent.
VL ^ — Enfin, comme complément à cette étiologie, il me reste à dire:
Que les chancres delà face, h l'instar du reste de presque tous les chancres, sont beaucoup plus communs chez l'homme que chez la femme;
Qu'ils s'observent surtout dans la jeunesse;
En tout cas, qu'on les a signalés à tous les âges, voire aux extrêmes de la vie, chez le vieillard comme cher l'enfant, et même chez le tout jeune enfant.
A ce dernier propos, une remarque doit trouver place ici; cVst que les chancres da msag*: sont les chancres les plus frétinents de
CONTAMINATIONS EXTRA-GÉNITALES.
rcnfunct (13 sur 2f>, dans ma slâliâtîqne personnelle (Il II est à cela, (railleurs^ de bormes et mulliplcs raisons que voici :
D'abord, TenfanL est « em brasseur » de nature el embrasse u'imporle qui, — Réf'iproquement, lenfant esl embrassé plus souvent eucore qu*il n'embrasse et, de même encore, embrassé par n'importe qui ; car» ainsi que l'a dit Michelet» « le petit enfant est fait pour le baiser, il raiUre, il le provoque »». Or» jugez à quels risques Texpose re fûcheux privilège, étant donnée Tincroyable fréquence des sypbilides buccales chez ladiiUe. — D'autre part, les enfants s'embrassent souvent entre eux, — Puis encore» ils ont pour habitude de se prêter leurs joujoux^ qu'ils ne manquent guère de porter à leur bouche et de promener sur leur visage tout imbibés de salive. — Finalement» mais cela est pluH rare, ils sont parfois contagionnés au visago par leurs nourrices. Exemple: un tout petit bébé contracta de sa nourrice, aiïectée de chancres mammaires, un chancre delà lèvre el un chancre de la joue.
Sans compter encore que ces chancres faciaux de Icnfance, dont on ne se m^îfie pas, Bont devenus plusieurs foi^ (el par cela même qu'on ne s'en méfie pas) Porigine de petites épidémifs fumiUales oti parents et enfants ont été contaminés, RoUel, pour n'en citer qu*un exemple, a relaté l'histoire de loiile une maisonnée qui fut infectée de la sorte. Un enfant de quinze mois, élevé danî= sa famille,, fut embrassé cl contagion né a la face par une prostituée. On ne prit aucune précaution contre un mal resté méconnu. Et de là advint cpie l'enfant transmit la syphilis à sa grand'mèrc, à ses deux frères el à ses deux sœurs.