‹ Prophylaxie de la syphilisChapitre 48 sur 123 · CONTAGION PAR LE R^SOIB · texte numérisé non relu

CONTAGION PAR LE R^SOIB

faire raser chez leur coitTcur quoi qu*il leur arrive à \n lace, qu'ils aient ou non dans \n barbe ce qu*iïs ont m souvent, à savoir des papilles, des pa pu lo-e roules, des pustule*^» des ulci'*rat ions. Que dis-je I J'en aurais plus de Irealeà eiter qui onl continut^^ h a fréquenter » chez le coifTeur avec des chancres de In face, — entendez bien ceci, messieurs, — avec des chancres dn menton, des chancres des lèvres, des chancres sous-nasaux, des chancres des joues, des chancres parolîdiens, etc. D'ailleurs, ce matin mt^me, n'avez^vous pas entendu un de nos nmlades, affecté de denx chancres ulct^reux du menton, nous raconter <^ qu'il n'avait jamais cessé de se faire faire la barbe chez son perruquier jusqu'au maliu mÔme du jour où il est entré dans nos salles »? Je vous laisse à penser si avec ses deux plaies en pleine suppuration il a pu contaminer le rasoir qui lui a servi. Telle est la vérité des choses.

Or, cela posé» répondons maintenant, je vous prie, aux deux questions suivantes :

l** Est-il possible, oui ou non, que, sur des malades affectés de syphilides faciales suppuralives ou de chancres faciaux, le rasoir, le blaireau, la serviette ou les mains de Topera leur ramassent le coulage syphilitique?

Manifestement, oui. Qui oserait soutenir le contraire?

2° Est-il possible, oui ou non, que le coulage syphilitique, ramassé par le rasoir, le blaireau, la serviette ou les mains de l'opérateur, soit transmis ultérieurement à un sujet sain dans Topéralion de la rasure?

Manifestement, oui encore. Car de la rasure dérivent fort souvent, comme chacun sait, des érosions, des écorchures, des coupures. Et même, sans produire de réels traumattsmes, la rasure ne consistei-elle pas en une sorte de racla^^e deTépiderme, raclage déterminant de toute nécessité des abrasions microscopiques, c'est-à-dire constituant un état du derme naturellement propice à des inoculations infectieuses?

Et qu on ne vienne pas dire que ces risques dinfection sont usuellement prévenus par le lavage el la puriOcation de tout ce qui sert à la rasure, Ij^abord, tout ce qui sert h la rasure, soit dans la misérable échoppe du barbier de village, soit dans les « salons » des coiffeurs de la capitale, est-il lavé et purifié après chaque opération? Très généralement non ; chacun de nous sait à quoi s'en tenir sur ce poinL Puis, quand ce lavage est fait, comment est-il fait? Y procède- t-on avec cet ensemble de précautions minutieuses, méticuleuses, qui sont rigoureusement indispensables à rélimination des germes? Le rasoir est- il jamais tiambé, passé à l'alcool ? Une aniisepsie vraie est-elle jamais réalisée en pareille circonstance? Inutile de répondre à de si indiscrètes questions.

ÎTîO CONTAMINATIONS EXTBA-GÉNITALES.

Tlô ]h^ en définitive, celte double conclusion :

1 ' yuc la rasurc fiiite avec le rasoir banal, avec le rasoir qui fterl à tout voua ut, expose néciïs*»aîremenl, rorcément, à des risques de conlamirmtion syphlblique s'exenvant sur le visage.

2" Quû n'csL donc en d'élonnant A ce que des contagions de cel ordre, en l'absence de précautions (suffisantes à les conjurer, se ftoifîul mai nte?^ fois protlutles; —comme, du reste, elles continueront à se produite? lant que FindifTérence du public continuera à laisser aux coiffeurs rinitiativ<^ de précautions hygiéniques et aoUsepliques qu'il ne rentre guère dans leur compétence d^imagînerel (te régleuicnliH*.

Nombre de maladies sérieuses — à commencer par latrichophyUe, la pelade et bi sypliills — sortent des officines des barbici^-côîïTeurs* Doue, peu Ui'^tre bien y aurait-il, pour la protection du public, autre eliose è faire que de ne rien faire, ce qui constitue la seule prophylaxie du jour,

V, — Enfin, un dernier point me reste à oienUoDiier. II n'est pas tn^s rare que Torigine de certaines conlami nations faciales reste absohiuient tfftmm\ impénélrabte, en dépil de tous les elTorls infttituV'spaur la découvrir, en dépit des enquêtes les plus complètes et tes plu^ minutieuses.

lîxeuiple du ^eure, que j ai eu roccasîon d'observer, il y a une doniftine d'années, dans ma clientèle.

Tn jeune Ivceeu d'à peine di\-sept ans, presque un enfant encore de par la lailk\ ral>sence de développemenl cl lesgoilts. vient à éirô affecté d*une lésion ?iitii;ulièn\ tantôt ulcérative et tantùl croûteuse, largf^ roiivme une pièce de cinquante centimes environ, et siégeant ait deviutt de roreille, h un centimètre du tragus. Je suis mandé à propos par le unnlecin de la faniille qui« après des hésitations bien nftliireltes, en était arrivé à suspecter là « quelque chose de très exlmonlinairt' et de fAcheiix, » Je r&ooniiais dans cette lésion un chancn* tvpique, av^c son induratioti usuelle^ son adenopathie satellite^ eU%;etveu etTel, soit dit imméiliatemêiil,e*élajt bien un chancre datil il s'agis^il^ Ainsi que le démontra révolution ultérieure. *

timtid émoi dans la fniiiilte à Téuom^é de ce tliagnoslic« auquel d'abor^t on ne veut pas c roi rt^, mais qui se trouve bientiVt contirmé Alors on s luqiitéUs on ^'intomie^ on établit UBe coquéle. Le jeuûo honuue dédare n'avoir jamais eu de rapports^ ii avmr mènke jam été cmlifassè par une femme ui (lar aucune poc^onne étrangère à sa famille. Le pèi\\ i^i^t'^ndanL prétend hieti « eo avoir le eoi^ar nei » tl ¥atil i)iie je IVâhaintue^ lui et toutes les persoanes^ de sa ntaison, sn iamms aea liomietjk ^m\ dtMiiesliqae, Hc. Je Irou^-e tout ce moi tain. D'^uliv pkH. i^s de conli^ioa possible |%ar le msoir (notre jeilM liottMiie étant eticon:' iiuhefbe^ non plus que pnr les objets de

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