CHANCRES DES RÉGIONS ANALE ET RECTALE
D'autres fois là contamination est portée sur les mêmes points par la bouche,
Jen'insislerai sur ce point que pour a tlester, au nom derexpérience, qu'une contaminalion de cet ordre est bien autrement fréqueuLe qu'on ne ocrait lentu de le croire, et que^ d'autre pari, elle ne laisse pas de se rencontrer parfois sur des sujets que leur Ôge, leur situation sociale, leur respectabUité, etc., sembleraient devoir tenir le plus a Tafiri d'un semblable mode de conla^îon, IJhisioire de tels cas csl toujours la même, et la voici, telle qu elle m*a éié racontée maintes fois dans mon cabinet. C'est un homme tiu monde, bien posé, mûr et plus que milr quelquefois, marié le plus souvent, qui, à la suite d*un grand repas, d'un dîner joyeux, se taisse entraîner chez une fille. 11 n est pas plus tôt là qu'il se trouve pris de frayeur et de regret. La honte, puis la peur le dégrisent et le parfiii/seni à la fois. Et c'est alors que des excitations d'ordre extraordinaire (vous me comprenez) viennent à bout et de ses hésitations et de sa défaillance, J ai dans mes dossiers plus d'une douzaine de cas de cet ordre observés, je le répète et j'ai besoin de le répéter, sur des sujets de la classe élevée, sur des sujets qu'a priori tout le monde eût jugés le moins susceptibles de contaminations d'un tel siège et d*une telle provenance.
IL — Dans un second ordre de cas, la contagion est portée sur les
mêmes points d'une façon imlirecte.
Deux procédés président alors le plus souvent à la transmission du contage.
P Le transport par les thigls. Exemple : Un sujet porte à l'anus ou sur les régions périnéales ses tloigts imprégnés fie pus virulent; tout naturellement il peut de la sorte s'inoculer le contage sur ces points.
Cest ainsi qu*un de mes clients, en la sincérité duquel j'ai tonte confiance, contracta simultanément, dans une même nuit, un chancre de la verge et un chancre de Ta nus, qui firent éelosion l'un et Tautre quatre semaines après un rapport avec une fîlle all'ectée de plaques mu loueuses vulvaires. Or, il se souvenait parfaitement qu'à l'époque de ce rapport il souffrait depuis quelques jours d'un eczéuja périnéal très prurigineux, qui le formait à se gratter. Très certainement, donc, ce fut en se grattant la région malade avec ses doigts souillés de *^écrétions vulvaires qu'il s'inocula Tonus ; car, affirmait-il, la contagion « ne pouvait dériver d'aucun autre attouchement ».
2** Second procédé, celui-ci exclusif à la femme : contamination de Vanu^ pftr itt viiive; c'est-à-dire transport du contage à l'anus par l'écoulement de sécrétions issues du vagin.
Quantité de femmes s'étonnent de bonne foi d'avoir été contaminées à l'anus, alors» jurent-elles n leurs grands dieux >i qu'elles « n'ont rien lait pour cela ».
CONTAMINATIONS EXTRA-GENITALES-
Eh bien, rexplIcaLiou tie ce fail nie parait très simple, et les choses sans aucun doute doivent se passer de la façon suivanle. Une femme, après un rapport avec un homme contaminé à la verge, se lave la vulve et pratique même une injection, \'oilà, de ce cheî\ la vulve cl la cavité vagino-utérine ayant grandes chances d'être préservées. Mais, je suppose (et comment pourraîl-il en être autrement?) que, pendant ou après le coït, des liquides contagieux se soient répandus sur le périnée et l'anus. Est-ce qu'un simple lavage va pénétrer dans les plicalurcs de Tan us, de fat- on à en expulser les liquides qui s* y sont introduits ei qui y stagnent par adossemeut de tissus? Pour qu'un tel lavage CCil efficacement détersif, il faudrait qu'il fût praliqué sur Tanus ouvert el déplissé, ce qui constituerait presque une mana-uvre chirurgicale. Aussi bien le contage non expulsé suhsiste-t-il nécessairement in ntlti et peiil-il inoculer Tanus.
Ainsi s'expHquenl très sûrement nomltrcde contaminations anales immérîtét\s.
D 'ailleurs » nous avons parfois la démonsl ration de ee processus, de ce mode de contagion, en le surprenant pour ainsi dire sur le fait. C'est ainsi que certaines femmes^ admises à ThtVpitai pour des chancres simples vulvaires et exclusivement vu 1 va ires, viennent parfois à présenter quinze jours, trois semaines, un mois plus tard» des chancres simples du périnée ou de Tanus. Comment la contagion a-t-elle pu se propager ainsi de la vulve à Tanus? En Pespèce, une seule ex[>licatîon possible, à savoir : transmission du contage par récouJement des liquides vaginaux se déversant sur le périnée et venant souiller Tanus.
Eh bien, si ce mode de contamination esl authentique pour le chancre simple, la logique le reml irrécusable pour le chancre syphilitique.
111. — Enlin, des contagions médiates peuvent s exercer sur les régions anale, périanale, voire rectale, tout aussi bien qu'ailleurs* Nombre d'observations éparses dans les recueils périodiques témoignent de coolaminations de cet ordre s'étant produites par les intermédiaires le^ plus divers, tels que : éponges, linges, servietles, papiers, canules d'irriga leurs, bidets, latrines, bassins, iostruments de chirurgie, etc. Deux exemples suffiront.
Le D' Feu lard a relaté lobservation d'une petite fille de vingt et un mois qui fut eontagionnée par une éponge sur la marge de Ta nus et présenta là unchancre syphilitique, bientôl suivi d'accidents graves de syphilis. Or, la tante de l'enfant, jeune lille de quinze ans, se servait en cachetle, pour sa toilette intime, des éponges réservées au bébé ; et ladite tante éUit à ce moment en pleine syphilis secondaire, avec syphilides vulvaires et anales (1) .
(i). V, Ann. de dermai. et de ^yph., 1800, p. .13K