FRÉQUENCE ET DANGERS DE LA SYPHILIS NERVEUSE
renconlro tl*arcidents norveux' dérivant de la syphilis,^ notamment d'accideots de syphilis cérébrale» et cela soiten ville, soU à riiôpitaL » Je liens de môme de M. le P' Raymond que, pour lui, la syphilis est tëlitdogie la plus commune des maladies du st/siémt^ nen'en.r. Et, quont à moi^ j'ai depuis longtemps exprimé celle conviction que <t le principe de la syphilis (quel qu'il soit d'ailleurs, ou virus ou microbe ou sécrétion microbiquc), s'il constitue un poison de tout Fêtre, constitue surtout et principalement un poison du système nerveux *».
Or, étant données la qualité et Timporlance des fondions dévolues à ce système, qu'on juge de la gravité qu emprunte à ce fait le pronostic du tertiarisme.
De cela, au surplus, je tiens à produire une preuve péremptoire en ce qui concerne la syphilis céréùrale, preuve qui va iii*èire fournie par la s la lis tique suivante*
J'ai en mains la relation de 743 cas de syphilis cérébrale observés en ville par moi depuis trente-neuf ans. Excluant de ce nombre 38y cas, dont le mode de terminaison ma échappé (pour des raisons diverses, inutiles à énumérer ici), je reste en possession de S54 cas à terminaisons connues. Or, quelles ont été ces terminaisons? Les voici, très exactement;
1' Soixanie-dias^nenf des malades en question ont <7«m;
2"* Soixnnle-sîx sont moHs\
^"^ Deihr cenl neuf oui siu'vacUt niais avec dêB infirmités diverses, souvent importantes et graves, en tout cas irrémédiables » intéressant soit la motihté, soit rinlelligcnce, soit la molilitéetrintelligence à la lois, etc. (!}.
Rîimenantces chilTresau pourcentage pour une plus facile compréhension, nous trouvons ceci :
Que, sur eeni syphilis cérébrales, il en est (en chiffres ronds) :
22 qui guérissent ;
19 qui aboutissent à la mort d'une façon plus ou moins rapide;
Et 5il qui permetlenl la survie, mais avec infimiités permanentes et définitives, dont bon nombre (telles que paralysies motrices ou afîaissement de Hutelligeuce] sont a peu près équivalentes à la mort comme résultat.
(1) Voici li; (It'tHil d<* ce» 200 cas de surviu uvcç infirmités diverses Survie avec Lraubïes moLeups icicchisifi*) ,........*-, , fi
— — intellectuel» tcxelu»îlii|,» ,, 4
^ -^ niolL^ur» el ii^ouble^ intËltci^tLitila
tts«uciéTi ......-,*>.....,,...*. 7
— — cri^iîs <^pjli'p Uqucs -.,.*.. î
— — Iniiibles divi?i's(vct'Ug^!S, surdité, cccïio, tncnfititiciice vesiciilc; impyis«itnç^S <;tcj . * , ,
Au total, donc, sur 100 cas, 22 favorables; — conlre 78 défavorables à des degrés divers ;
El, sur ces 78 cas, 19 morlels (î).
Néfaste bilan, s il en fûL
II. — Et ce n'est paa tout. Car voici mainlenanl une seconde considéralion bien mieux faite encore pour surcharger et assombrir le pronostic en question.
Cette considération résulte de Tavènement, sur la scène de la syphilis, du gronpe des alTecllons diles parasyphilttiques. Quelques mots d'explication à ce sujeL
Il est actuellement reconnu, si je ne m'abuse, que certaines aflec* tions qui s'observent avec une très notable fréquence sur les sujets syphilitiques sont les consèquenres de la syphilis sans être syphilitiques autrement que d^origine. Elles sont issues de la syphilis, elles reconnaissent la syphilis pour cause, mais sans être pour cela syphilitiques de nature. Ces aiTections, je leur ai donné le nom de l^AnASveiuLrriQUES.
Or, du jour oîi la syphilis s'est doublée de laparasyphilis, on peut dire que son pronostic s*est accru de gra%dté dans une j>roporlion considérable. La syphilis, certes» était déjà grave par elle seule ; elle est devenue bien plus grave par celle annexion do la parasyphilis. Et cela pour trois raisons qull est essentiel de spécifier, h savoir:
1' Fréquence de ces afJecliofiR parasifffhiiiliffttes. Ainsî, â ne parler que d*une seule (à la vérité la plus fréquente de toutes), le tabès est absolument commun chez les sujets syphilitiques. Dans la statistique précitée, il figure au troisième rang comme degré de fréquence entre tous les accidents tertiaires, et cela pour le chilTre considérable do 63 1 cas sur 4 JOO malades,
2^ dnivilé propre de la pîupnri de ces nffeviions pftnistjphiliitfjaes. Dire que la neurasthénie, la leucoplasie buccale, la paralysie générale et le tabès constituent les principaux types de ce groupe sera en spécifier suffisamment le pronostic.
(1) Qu'on ne se méprenne pes ici sur le sens de mes pamles.
Je ne dis pa» quc^ sur Ifûças où U Bvptiilis s'en prendra au cerveau, iïy en auri, cOntET HH qui i^^uL'Hrnnt, IR qui ne j^érironL pû*^.
Je ûi& -- ce qui fM touL antre chose — que telle est (approiimatl^veniant, bien entendu), lu pro|>oi'lian relative fies guérisons et de*i non-guértsùna dAns les condi' îions où làiftiphtiiv eéréhrale $e présente ustiellemvnl su nuhleein, aoil en ville, soit surtout à riiôpîtal.
Le plu^souventf en elTet, les malades arfeclc^s d'encéphalopalhie spécifique n'amvenl  nuus qn*à une époque plus ou moinst (ardiie, c'est-A-dire é une époque où dùji\ tes lésion!! .so j^ont établie», voire confirmées, et cunsêqucrLimcnt ne sont plus ïiusceplibles que d'nnc réjires^jon difficile, partielle, incomplète. De là tant d'insuccès dans le Iraltenient de fa s^ypliilis cérélirule. Tandis qn 'attaquée de bonne heare, 1 «lîection est curable s>)non toujours*, au moins dans la grande majorité des caa.