‹ Prophylaxie de la syphilisChapitre 96 sur 123 · I. — Voyons d'abord ce qui a Irait à Mmmme · texte numérisé non relu

I. — Voyons d'abord ce qui a Irait à Mmmme

Un premier résultat des plus nels et des plus irrécusables est que la fréquence des contaminations syphilitiques (d origine vénérienne, je le répèle, les cas d'autre provenance ayant été exclus à dessein) varie esse nliel le ment suivant les ^gcs. Ainsi :

l** La contagion commence à s exercer dès Téveil des besoins génitaux; elle s'ébauche vers la quatorzième année, pour laquelle je trouve dt'jà 3 ras, — Puis, elle va croissant, el cela d'une façon très rapidenienl prof^ressive, au fur et à mesure que ces besoins se développent el trouvent liberté de se satisfaire; au point qne, dans l'rspace de cinq ans, elle s'élève aux chilTres de 16, 38, 119, 276, el 366 cas.

2^ Avec la vingtième année s'inaugure ce qu'on pourrait appeler la GROSSE POUSSÉE des contaminations syphilitiques, laquelle comprend environ sept années (de la vingtième k la vingt-seplième), dans lesquelles la fréquence devient considérable, jusqu'à s'élever aux chilTres de 610, 698, 810, 8-29, 789, 773, 62H et 545*

Dans les sepl années en question , le fastigium, le record, pour parler le slyle moderne, est acquis par la vingt-thoisieme année, où ic noie 8'2y cas.

Aulour de celle vîngU troisième année se groupent la vingtdeuxième et la vingt-qualrièmc, pour 810 et 789 cas. Si bien que ce sont Iti, peut-on dire* les Irais années néffisles de la vérole pour l'homme, les trois années les plus fécondes en conlaminalions.

3° Débutant vers la vingt-septième année (545 cas), la sédatlon se continue el s affirme de plus en plus jusqu'à la trentième, où la fréquence des contagions [371 cas) descend à peu près à ce qu'elle était vers dix-neuf ans, avant la grande explosion de la Jeunesse, Et

cela s*expUque tout naturellemenl, à savoir : lant par rapaisemeot 4]ui succède à rexplosion des jeunes années que par le mariage qui, intervenant à celle époque, substitue la sécurité du foyer coujti^l aux dangers de la vie de garçon.

4" Puis, de trente à quarante ans, la décroissance s'accentue d'une façon énergique et régulièrement graduelle {de 371 à 103 cas), au point que le niveau de Ja Irente-tieuvième année se trouve inférieur à celui du tout jeune âge, à savoir de la dix-j^eptièine année,

5* Vient la ma tu ri lé, qui, à son tour, se caractérise, de quarante à quarante-neuf ans, par une chute semblable du chifïre des contaminations, lequel, dans ce laps de temps, tombe de 93 à 28,

6° Avec la ci nquan laine et au delà» la dt^croîssance safflrme davantage encore, pour tomber dans ce^ neuf années aux cliiffres de 23, 21, H el 7 cas.

7** Enfin, T heure de la vieillesse a sonné, et, avee elle, les contaminations vont se réduisant de plus en plus. Et, cependant, elles ne disparaissent pas complètement; elles llennent toujours la scène, et cela, au moins pour quelques unités : 16, 8, 7, 6, 4 cas.

Elles ne disparaissent môme pas avec la eaducilé, voire la décrépitude, et, pins d'une fois, on a vu des septuagénaires contracter la vérole; on en trouve 2 cas dans cette prenaière statistique.

Et même, soit dit incidemment, j'ai observé dans le service de mon père, à rhôpttal Saint-Louis, un vieillard île qaahe~ringl& ans aOecté d'un indéniable chancre induré, lequel fut suivi d'accidents consUtulionnels. — Enfin, voici nu véritable comble : M, le D' Sigmund aurait observé un cas de contamina lion spécifique sur un sujet de qnalre-vingi-iHx ans,

C*esl qu*en e[ret(el cela, il faut bien le savoir pour loules choses de 1 art médical}, le désir vénérien, sinon le besoin vénérien, n'abdique jamais chez r homme.

En résumé, la fréquence de la syphilis chez T homme est proportionnelle, peut-on dire, aux besoins génitaux des divers âges de la vie. Elle s'élève au fur et h mesure que ces besoins se développent; elle s'abaisse au fur et k mesure que ces besoins décroissent, soit du fait de la satiété, soit du fait de ce qu'on appelle les « injures des ans n.

De sorte qu'à chaque âge correspond un voef/lcient propre de pré-deslination st/philiiiqiiej si je puis ainsi parler. Et, de par la statistique, ce coenîcient peut être fixé de la fagon suivante (approximatîvement» bien entendu), en raraenant au pourcentage les résultats fournis par les 10.000 cas précilés.

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