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1° Dans les collectivités d’enfants jeunes, entre - 5 et 12 ans, la contamination entre écoliers demeure un fait rare et même exceptionnel. Nous empruntons les lignes qui suivent au même article de M. Génévrier : 3
« Les tuberculoses pulmonaires confirmées resteront, chez l’écolier, des faits heureusement exceptionnels : les tuberculoses évolutives « ouvertes » avec bacilloscopie positive (crachats, selles ou contenu gastrique) ne se rencontreront que dans la proportion de 1 cas sur 1.500 ou 2.000 écoliers. Dans une grande école parisienne fréquentée par 1.500 enfants, je n’ai découvert, en cinq ans, que 4 cas de tuberculose pulmonaire ouverte, et encore étaient-ils survenus chez des élèves des « cours complémentaires » âgés de 12 à 15 ans. »
Le D" Marcel Gillard arrive aux mêmes conclusions et affirme que rarement les jeunes enfants sont une source de contagion pour leurs condisci- ples. |
D’autres statistiques fournissent cependant une proportion plus forte :
Kalle signale 0,50%.
1. D' Marcel Gillard. «L'école, source d’infection tuberculeuse pour les enfants.» (Revue Belge de la Tuberculose, n° 6, nov.-déc. 1935.)
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Peretti, sur 8.000 écoliers allemands, trouve une proportion morbide de 0,6%.
Chadwick, aux Etats-Unis, fait porter sa statistique sur l’examen de 400.000 enfants : 0,42%.
Cependant les Docteurs Gerbrandy et Russchen pensent que les enfants jeunes sont capables d’infecter leur entourage et invoquent à ce sujet les cas de contamination observés dans des classes où l’instituteur n’avait pas eu de contact certain avec les élèves.
Une observation de Walgreen est, elle aussi, bien démonstrative : dans une classe de 34 fillettes de 10 à 11 ans, 17 tombent malades entre le 13 mars et le début de mai avec, comme manifestations de début, une fièvre d’invasion ou un érythème noueux. Toutes ces fillettes présentaient des signes radiolo giqués pulmonaires. On retrouve la source de contagion en une fillette entrée à l’école le 16 janvier et dont l’état général, avec toux et amaigrissement, ne cessait de décliner depuis lors. Toutefois Walgreen affirme lui-même que le danger est négligeable quand l'enfant ne tousse pas.
Sans vouloir nier le contage entre enfants jeunes, dont certaines observations montrent le danger, nous conclurons cependant que c’est un mode de contamination exceptionnel, nécessitant des lésions ouvertes, ce qui est rare chez l’enfant. Quant à la con-
tagiosité des infiltrats de primo-infection, elle paraît minime et il semble qu’il faille se rallier à l’opinion de Debrè, qui n’a jamais pu établir de contamination par enfant bacillisé que lorsqu'il y avait tuberculose pulmonaire ulcéro-caséeuse.
2° Dans les collectivités d'enfants plus âgés, à par- ür de 12 ans, les risques de contagion s'élèvent considérablement. Deux facteurs sont alors à envisager :
— D'une part, le sujet infectant, et chez l’adolescent, la proportion des tuberculoses ouvertes est beaucoup plus importante.
— D'autre part, le sujet infecté. Celui-ci résiste beaucoup moins bien à l’agression tuberculeuse. | Entre 12 et 15 ans, il est en pleine période pubertaire qui, « chez la fille surtout, est une circonstance particulièrement prédisposante et aggravante pour le déclencheemnt de la tuberculose ouverte ». (Courcoux.)
Les observations à ce sujet sont rares. Nous rappelons celles que publie M. Courcoux dans son article :
«1° Dans un collège, en 1936, un garçon de 15 ans, mort depuis de tuberculose pulmonaire, a contaminé dans sa classe deux voisins qui ont fait,
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lun et l’autre, une tuberculose pnulmonaire évolutive qui a guéri, et deux autres camarades chez lesquels le contage a été marqué par un érythème noueux.
«2° Dans un petit collège municipal, en 1938, un jeune homme de 17 ans, atteint de tuberculose pulmonaire qui reste floride pendant piusieurs mois, fait des accidents laryngés qui attirent enfin l’attention; on découvre une tuberculose pulmonaire bilatérale largement excavée. Il meurt en quelques semaines avec des accidents d’entérite bacillaire. Un mois après le départ de ce malade, son plus proche voisin de classe est atteint d’une splénopneumonie grave; quaire mois après, le voisin de dortoir du premier malade meurt de méningite tuberculeuse (il avait fait au début de l’année une manifestation fébrile qui avait été considérée comme banale); cinq mois après le départ du premier malade, un élève de la même classe meurt de broncho-pneumonie tuberculeuse à marche rapide. Soit trois morts et un malade sérieusement atteint. »
Le D’ Gillard rapporte une observation du Docteur Sandra dans laquelle un jeune homme de 17 ans fréquentait une école professionnelle. Cavitaire et cracheur de bacilles, il parvint à infecter treize de ses camarades, dont trois moururent. On pouvait
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parler d’une véritable « épidémie tuberculeuse ».
De tels faits sont assez éloquents et mettent en. valeur le danger de contamination des élèves entre eux à la période pubertaire.
B. —— CONTAMINATION PAR LE PERSONNEL ENSEI- - GNANT OÙ LE PERSONNEL DE SERVICE.
La plupart des :uteurs y voient la principale source de contagion à l’école. Nous avons vu les dangers que faisait courir un voisin de classe bacillisé. Il est évident que cet autre mode de contamination comporte des’ risques beaucoup plus grands. En faveur de cette thèse plaident de faits, hélas, trop significatifs.
1° Nous aurons d’abord en vue le personnel enseignant.
La fréquence de la tuberculose chez les maîtres a donné lieu à des appréciations variables.
Le D’ B. M. Dijordjevitch' a établi une intéressante statistique parmi les instituteurs de Belgrade. Il a examiné au total 714 instituteurs et institutrices âgés de 20 à plus de 60 ans ayant pour la plu
1. D' B.-M. Djordijevitch. « Les instituteurs et la tuberculose à l’école.» Office international d’ Hygiène publique, t. XXX, n° 9, septembre 1938, page 2032.
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part plus de vingt ans de service en qualité d’instituteurs. Il a ainsi constaté :
3 cas de tuberculose pulmonaire active manifeste, | 18 cas de tuberculose pulmonaire active latente, 27 cas de tuberculose pulmonaire latente et inactive.
Chez 114 sujets, on a posé le diagnostic de bron chite, d'emphysème pulmonaire, et 12 ont été reconnus porteurs de laryngite chronique.
Enfin 168 sujets présentaient des maladies du cœur ou des symptômes apoplectiques ou asthéniques.
Cependant, tous les examens de crachats de ces instituteurs se sont révélés négatifs, même dans les trois cas où, d’après la forme anatomo-clinique de la tuberculose, on pouvait s'attendre à une bactérioscopie positive-
« On peut conclure de ce qui précède que la plupart des instituteurs avaient contracté la tuberculose dans leur jeunesse, probablement à l’époque où ils exerçaient leurs fonctions dans des villages. Il est possible qu’un certain nombre de malades aient quitté leur service et que seules les personnes guéries ou suffisamment rétablies au bout d’un temps assez court, soient restées à leur poste. »
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Malgré les chiffres assez impressionnants qu’il nous donne, le D' Dijordjevitch insiste sur ce fait que les instituteurs appartiennent à la catégorie des fonctionnaires accusant la morbidité et la mortalité tuberculeuses les plus faibles.
Si, d'autre part, on considère les risques de contamination que fait courir à leurs élèves les instituteurs contagieux, on constate que l'infection scolaire n’est pas plus importante dans les classes où ils professent que dans celles tenues par des maîtres indemnes de lésions tuberculeuses.
C’est pourquoi le D’ Djordjevitch tend à restituer à la contamination extra-scolaire et, en particulier, familiale l'importance qu’on lui a attribuée jusqu’à ces dernières années.
M. Génévrier est, lui, beaucoup plus sévère visà-vis du personnel enseignant,
Dans une école-internat où l’une des surveillantes avait été reconnue atteinte de tuberculose torpide, mais avec expectoration bacillifère, il a pratiqué avec Brongniart et Desroziers une série de cuti-réactions qui ont donné des proportions de positivité de :
46% à 13 ans, 66% de 13 à 15 ans,