‹ Prophylaxie des Maladies Vénériennes au Havre Utilité de la RéglementationChapitre 22 sur 24 · RATE · texte numérisé non relu

RATE

affaires appellent à Strasbourg, ont maintes fois eu à constater que la clôture des maisons spéciales avaient transformé les rues en une vaste foire d'amour, où les filles accostent les passants en plein jour, même quand ils sont accompagnés de leurs femmes et de leurs enfants.

« Pour éviter à leur ville de devenir le théâtre de pareils scandales, une délégation de commerçants et de pères de famille, fit une demande auprès du Préfet de la Moselle, qui, après avis des autorités municipales et conformément à l'opinion du Corps médical, a rapporté le malencontreux arrêté. »

Que s'est-il donc passé à Strasbourg, où, depuis février 1926, les maisons dites de tolérance ont été supprimées, à la suite d'incidents qui s'étaient produits lors des fêtes de Gymnastique de 1925.

Nous avons pu interroger des femmes arrivant au Havre de Strasbourg : toutes ont été d’accord pour déclarer que le nombre de femmes dans les rues avait doublé, qu’elles ne passaient plus de visites sanitaires, que des râfles étaient faites la nuit de temps en temps et que les malheureuses arrêtées étaient relâchées, sans examen médical, après un ou plusieurs jours de détention.

Elles ajoutaient de plus, que des maisons de rendezvous et des maisons de société s'étaient ouvertes, où naturellement aucune surveillance n’était possible,

S'il y a lieu, dans ces dires, de faire la part de

AS Dec

l'exagération, il n’en reste pas moins que les maisons supprimées ont été remplacées par un plus grand nombre d’autres, mais portant un nom différent. Les premières étaient surveillées, les secondes ne le sont pas.

Nous avons eu entre les mains une statistique des maladies vénériennes du Bureau d'Hygiène de Strasbourg; leur nombre avait diminué, 1l est vrai, mais nous ny avons attaché qu'une importance relative. Il est difficile en effet de comparer une statistique comprenant toutes les femmes surveillées et arrêtées, et une statistique ne comprenant que celles qui, se rendant compte de l'utilité qu'il y avait pour elles à recevoir des soins, ont bien voulu se faire connaître.

À Montréal (Canada), le journal Le Pays, du 9 novembre 1918 déclare que la réglementation de la prostitution est nécessaire, et un confrère canadien ajoute : « pour 400 maisons de prostitution connues, contrôlées, surveillées, suspectées, qui furent fermées, 4,000 s’ouvrirent de par la ville, imconnues, sans surveillance, ni contrôle ».

En Hollande, les maisons sont supprimées depuis 1911. Or, en juin 1928, un Inspecteur d'Hygiène hollandais est venu au Havre et, avec l'autorisation du Commissaire central, a visité les maisons ; le but de cette visite était la réorganisation d’une surveillance, pour lutter contre les maladies vénériennes et combattre la prostitution clandestine.

En faveur de la réglementation, nous citerons encore

Page 1