IV. — PROPHYLAXIE DE LA SYPHILIS DANS L'àRMÉE ET LA MARINE
Deux chapitres annexes, relatifs à des milieux spéciaux, doivent maintenant servir de complément aux dispositions générales qui précèdent.
L’un concerne l’armée et nous occupera tout d’abord.
La sollicitude de votre Commission devait naturellement s’étendre à Y armée, où les contaminations syphilitiques atteignent une si lamentable fréquence. Nous n’avons pas manqué à ce devoir.
Fort heureusement, votre Commission comptait parmi ses membres M. Léon Colin, dont la compétence spéciale nous a été particulièrement piécieuse. Guides par lui, et nous inspirant d’autre part, de divers documents qui nous ont été transmis par
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des médecins militaires, nous avons l’honneur de vous soumettre, en vue de la prophylaxie et du traitement de la syphilis parmi nos jeunes soldats, un ensemble de mesures qui, nous l’espérons, réuniront vos suffrages.
Ces mesures sont les suivantes :
I. — Instituer dans l’armée une série de Conférences ayant pour objet d’éclairer les soldats sur les affections vénériennes en général et sur les dangers de la syphilis en particulier (dangers personnels, dangers héréditaires, dangers de contagion), sur le bénéfice à attendre d’un traitement scientifique, sur la nécessité d'un traitement prolongé, sur les périls de la prostitution clandestine exercée par les insoumises, les rôdeuses, les bonnes de cabaret, etc.
Ces conférences seraient faites par les médecins militaires de chaque corps.
Elles seraient annuelles.
Elles auraient lieu de préférence quelque temps après l'enrôlement des jeunes recrues.
Une conférence semblable serait également faite aux réservistes le lendemain de leur arrivée au corps. « On ne se figure pas, en effet, le nombre de réservistes qui contractent la syphilis pendant les vingt-huit jours qu’ils passent hors de leur domicile. » (Dr Burlureaux.)
Nous croyons fermement que ces conférences (qui d’ailleurs sont déjà instituées dans plusieurs corps de l’armée et de la marine) pourraient avoir les meilleurs résultats en éclairant, par quelques notions très sommaires, un nombre immense de jeunes gens qui arrivent sous les drapeaux dans un état d’ignorance presque absolue relativement aux affections vénériennes et aux conséquences qu’elles comportent. Ainsi que l’a fort bien dit un médecin militaire distingué, le Dr Burlureaux, dans un très intéressant mémoire qu’il m’a communiqué et que j’ai eu l’honneur de transmettre à la Commission : « Nulle collectivité humaine ne peut être aussi bien surveillée et aussi bien garantie que l’armée, et les médecins militaires pourraient être les agents les plus actifs et