FOURNIER
I’HO IMi VI.AX1E PUBLIQUE
soumises constituent donc, on peut le dire, le foyer principal qui alimente et entretient la vérole parmi nous ( I ).
Dernier point. On reproche une inconséquence aux partisans de ce système. On leur dit : « Voyez donc à quels résultats illogiques vous êtes amenés : d’une part, vous considérez la provocation publique comme un délit, dont vous demandez la répression légale ; et, d’autre part, vous acceptez cette provocation. Si bien que le même acte tantôt sera poursuivi, puni par la loi, et tantôt restera toléré, impuni ». — Mais qui ne voit qu’en l'espèce l’inconséquence n’est qu’apparente et non réelle? Car jamais, à vrai dire, la loi ne tolère la provocation publique. Et la preuve, c’est qu’elle la frappe non pas d’une peine à terme, à l’instar du vol par exemple, mais bien d’une peine permanente , durable , à savoir, de l’inscription avec surveillance administrative et médicale, de l'inscription qui n’aura de terme que le jour où la fille renoncera volontairement à son métier, c’est-à-dire cessera de commettre le délit, le préjudice social pour lequel elle est tenue en tutelle.
Tels sont, Messieurs, les deux systèmes qui ont divisé votre Commission et qui, somme toute, se résument en ceci :
chiffre total... A Lyon, la syphilis paraît beaucoup plus répandue, car la proportion des insoumises trouvées malades est de 48 °/0. » (Dr Clerc, déposition devant la Commission de la police des mœurs; Conseil municipal île Paris, 1879.)
Inversement, on voit la moyenne annuelle des tilles soumises reconnues syphilitiques au Dispensaire de salubrité descendre, par exemple, à 10,5 °'0 pour l’année 1882, et à 9,G3 % pour l’année 1883. (Dr Corlieu, La Prostitution à Paris, 1887.)
Citons encore comme parallèle ou plutôt comme contraste avec ce qu’on observe chez les insoumises, les quelques chiffres suivants empruntés au même auteur :
« En 1882, sur 1.030 hiles de maisons, il y a eu 143 syphilitiques, soit 13,3 «/„.
« En 1883, la moyenne des tilles de maisons pour toute l’année a été de 988 femmes, chez lesquelles on a constaté 62 cas de syphilis, soit 6,27 °/0.
(1) « • •• Tout bon système de prophylaxie doit s’appliquer plus particulièrement à restreindre le nombre des prostituées insoumises et à prévenir de cette façon les dangers de la prostitution clandestine, etc... >. ( Prophylaxie internationale des maladies vénériennes, Rapport de MM. Crocq et Rollet, Congrès de Paris, 1867.)
Dli 1. A SYl'tUHS
Ou bien, interdiction absolue et générale de toute provocation sur la voie publique ;
Ou bien, maintien de l’état de choses actuel quant à la tolérance de la provocation publique de la part des filles inscrites, avec proscription rigoureuse de la même tolérance vis-à-vis de> filles non soumises à la surveillance administrative.
A l’Académie de juger entre les deux systèmes et de se prononcer en dernier ressort.