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« L'emploi des mouchoirs de papier nous à semblé en Amérique un des meilleurs moyens à employer pour recueillir les crachats des malades alités.
Nous nous servons en général de petites serviettes en papier hygiénique que les malades prennent de leurs deux mains, couvrant leur bouche pendant la toux qui précède l’expectoralion el crachant dans le papier au moment où le crachat est expulsé. Le papier doit être appliqué très exactement tout autour de la bouche sans laisser d’interstice ; les coins du papier sont refermés autour du crachat, froissés, et la boule de papier avec le crachat qu'elle contient est jetée dans un sac de papier qui est généralement attaché par une épingle de sûreté à la tête du lit, l'orifice largement ouvert. Ce procédé nous paraît avoir de grands avantages ; il protège les mains du malade ; il assure la propreté des lèvres et la destruction absolue de la totalité des crachats, puisque le sac, lorsqu'il est au deux tiers plein, est incinéré avec son contenu... De plus ce procédé assure la protection des mains des Infirmières, leur épargne le neltoyage et le lavage des crachoirs ».
Des essais de même genre ont été tentés à l'égard des malades ambulants que lon a niunis, soit de “crachoirs de poche en papier, soit de portefeuilles à deux pochetles renfermant l’une les serviettes de papiers intactes, l’autre les serviettes ayant recueilli les crachats. Ces essais ne semblent pas avoir donné d'aussi bons résultats que pour les malades alités. Néanmoins il y a là une méthode fort intéressante de prophylaxie qui simplifie beaucoup la destruction des crachats.
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La suppression des poussières bacillifères.
Malgré toutes les précautions prises contre l’expectoration, la certitude d'avoir supprimé les poussières sèches formées aux dépens des produits tuber- : culeux est illusoire. ;
Cette lutte contre les poussières dans le logis du tuberculeux devra être un des principaux soucis de Ja Visiteuse d'Hygiène.
En effet, si des particules contaminantes sont disséminées en toutes peliles quantités dans le logis d'un tuberculeux, sur le sol, sur les meubles, elles ne. deviennent pratiquement nocives qu'à partir du moment où elles sont disséminées dans l'air, converties en poussières fines qui peuvent pénétrer dans l'organisme par voie d'inhalation. Or ce danger est évitable : la formation de poussières bacillifères exige en effet deux actes successifs : dessication Complète des produits tuberculeux, broyage des produits friables par des actions mécaniques variées.
On comprend pourquoi dans la prophylaxie de la tuberculose il est d’une si grande importance d’interdire sévèrement le balayage et l'époussetage à sec : le balai ordinaire et le plumeau seront remplacés par la serpillère ou l'éponge mouillées.
De même dans la chambre occupée par le malade l'Infirmière-Visiteuse s'efforcera de faire supprimer Jes rideaux de lits, tentures, tapis, qui sont toujours prêts à recueillir les particules chargées de bacilles à les dessécher rapidement et à les disperser par les mouvements et les chocs qu'ils subissent. Les tapis
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notamment ont pu être appelés de véritables € pulvérisaleurs automatiques de poussières ».
Ces précautions nécessaires dans le nettoyage de l'appartement ne le sont pas moins dans le maniement du linge du tuberculeux. En faisant le Lit du malade il faudra éviter le plus possible d'agiter, de secouer les draps, couvertures, oreilers, traversins, qui ont pu être contaminés par des particules de crachals et risquent de les répandre en poussière.
La manipulation du linge sale.
De même dans la manipulation du linge sale : le triage, la mise en tas, le compte du linge, sa préparation offrent des dangers si ces manipulations sont faites sans précautions. La plus efficace consiste à se débarrasser au fur et à mesure du linge usagé en l'enfermant dans un sac de toile à mailles serrées et à supprimer toute manipulation entre le moment où “on met le linge sale dans le sac et celui où on livre ce sac fermé au blanchisseur. Le blanchissage doit du reste assurer une stérilisation parfaite et éviter les risqués de contamination. À Lyon le Dispensaire Jules Courmont centralise tout le linge sale des malades surveillés par les Visiteuses d'Hygiène des différents secteurs, en assure la stérilisation et le buandage gratuits. On conçoit l'intérêt d’une pareille mesure qui dans le cas particulier soustrait par an 5.000 kilos de linge sale au risque de contaminer les blanchisseries publiques.
RE nes Préservation contre les contacts infectants.
En plus de ces règles concernant Ia personne même du tuberculeux, l’Infirmière-Visiteuse doit employer loute sa persuasion pour engager le malade à avoir un lit pour lui seul et une chambre à coucher qui fui soit réservée. Au besoin la Visiteuse pourra intérvenir auprès des Œuvres qualifiées pour procurer ces avantages au tuberculeux nécessiteux.
Ilest en effet évident que les personnes qui partagent le, lil d’un -tuberculeux à lésions ouvertés sont tout particulièrement exposées à la contagion bacillaire. C’est au lit que se produisent les quintes de toux du réveil qui vident les cavités pulmonaires des sécrétions accumulées pendant la nuit. Au cours de ce vidage les gouttelettes infectantes projetées sont plus nombreuses, plus virulentes aussi que pendant le reste de la journée. -
Or dans le lit commun on est difficilement à Pabri du « spray bacillifère » de la toux, de même qu'on inhale presque nécessairement un certain nombre de poussières sèches formées aux dépens des produits tuberculeux dont le lit est maculé et que libèrent les mouvements incessants des draps.
Quand ces causes n’agissent que d’une manière transitoire elles n'offrent pas grand danger, mais quand elles exercent leurs effets quotidiennement pendant des heures, elles deviennent facilement lorigine d’une contagion tuberculeuse ; celle-ci est presque fatale lorsqu'il s’agit d'enfants. Aussi une des
indications les plus formelles de la prophylaxie de
la tuberculose est de soustraire les individus sains aux dangers du dit commun.
Il est également une mesure de DOI le particulièrement délicate et que l’Infirmière-Visiteuse emploiera out son lact à faire observer au malade. C'est d'éviter le plus possible les contacts avec son entourage, particulièrement avec les plus jeunes enfants, d'éviter de les prendre sur ses genoux, de les embrasser et de les exposer ainsi au danger de ses quintes de toux. Cette précaution peut paraître aux malades particulièrement odieuse en les privant de la joie des effusions familiales, mais elle est nécessaire, non seulement avec les grands malades, mais avec tous ceux qui, même porteurs de lésions minimes, crachent du bacille, et on arrivera à la faire admettre en aménant le malheureux qui doit l’'observer à comprendre qu’ en Simposant cette privation il sauvegarde la santé des siens. Dans ce dernier cas, comme du reste dans tout l'exercice de sa lâche de dévouement, l’'infirmière-Visiteuse devra faire appel à toute son habileté, à toute sa prudence pour ne pas heurler les susceplibilités, ne pas effrayer le malade, lui faire comprendre que toutes ces mesures de prophylaxie rigoureuses ne veulent pas dire qu'il est un pestiféré irrévocablement perdu mais qu'il deit par honnêlelé éviter de répandre son mal. C’est un de ses points les plus délicats de la prophylaxie que de le faire observer sans porter atteinte au moral du malade. Il n'est pas trop de toute la ruse et de toute la finesse féminine pour y arriver. C'est en devenant lamie de la famille où doit s'exercer son action plu-
tôt qu'en censurant dès l’abord toutes les fautes d'hygiène qu'elle constate que l'Infirmière-Visiteuse parviendra à obtenir d'uliles réformes et c'est par son action morale plus que par des secours matériels et surtout plus que par des secours en argent qu'elle pourra également et réellement répandre le bien autour d'elle, et être un agent de progrès social. Dans l'exercice de sa mission, il est aussi un écueil que pourra rencontrer l’'Infirmière-Visiteuse, écueil facile à éviter mais pouvant avoir des sérieux inconvénients moraux, C’est la tendance à se substituer au médecin dans le traitement de Ia maladie. Les conseils doivent tendre à favoriser l'application des prescriptions médicales mais non à modifier cellesei. Le rôle de la Visiteuse est du reste suffisamment étendu pour qu'elle puisse y trouver un champ illimité à son activité et d’ailleurs ce défaut pourraitêtre le fait de personnes complètement dépourvues de connaissances médicales mais non des Visiteuses, Nous ne parlons du reste que pour mémoire de ces questions d'ordre plus sentimental que matériel cel pour lesquelles il n’est point de lois générales maïs seulement des applications de l'intelligence et du tact à des cas particuliers. |
Ainsi dans les familles de tuberculeux pauvres, quelles que soient les conditions matérielles, quelle que soit la mentalité du malade, que les circonstances soient favorables où non à l’application de lhygiène prophylactique et des soins à domicile, l’Infirmière-Visiteuse à presque loujours la possibilité d'obtenir un résultat positif, de contribuer à un sau-
velag'e.
Juand la prophylaxie est réalisable, l’action tutélaire de la Visiteuse sauvegarde l'avenir et le bonheur de la famille, la santé et la vie des enfants ; quand” les circonstances ne permettent pas de supprimer la contagion, elle peut tout au moins faire évader du foyer familial devenu un centre d'infection, soit le malade lui-même; soit les sujets jeunes menacés. Dans le taudis contaminé et qui, quoiqu'on fasse, restera contaminant, auprès du phtisique incurable, aigri, dont on ne peut rien tirer et qui prétend mourir tranquille chez lui, la Visiteuse pourra encore se rendre utile, ne serait-ce qu'en apportant un peu de réconfort, une illusion de soins, une atténuation de misère.