CHAPITRE HI
Les Ecoles de Visiteuses d'Hygiène spécialisées dans la lutte antituberculeuse.
Origines.
Pour remplir efficacement leur rôle il était évidemment nécessaire en tout premier lieu que les Visiteuses reçoivent une instruction spéciale réglée sur un programine bien défini.
Une des fondatrices de la lutte antituberculeuse en France, Mademoiselle Chaptal, avait dès longtemps pressenti l'importance de l’Assistance sociale des tuberculeux. Dans l’enseignement de lEcole d’Infirmières privées qu'elle a créée en 1900, une large part était faite aux méthodes de prophylaxie antituberculeuse et, dès 1905, elle faisait pratiquer par ses élèves des visites d'enquête et d'assistance au domicile des malades soignés dans les Dispensaires de l'Œuvre des Tuberculeux adultes qu'elle dirigeait également.
Le faible succès avant la guerre de la carrière d’Infirmière en France n'avait laissé à cette remarquable initiative que la valeur d’un essai.
Le grand développement du «nursing » aux Eltats- Unis avail permis aux Américains, dès avant la guerre, de trouver aisément el rapidement les éléments nécessaires à la création d’un nombreux personnel d'assistantes sociales, dès que l'utilité de l’Assistanee sociale fut démontrée. Ce personnel est sélectionné parmi les nurses ayant reçu une instruclion générale et déjà munies de diplômes. Ce pointlà paraît essentiel aux dirigeants américains du « Social Service » car ils estiment que seul il peut don-. ner un minimum de garanties assurant la « professional fitness » des Visiteuses.
Les Infirmières-Visiteuses destinées à combattre la Tuberculose ont reçu dans des Ecoles spéciales une solide instruction, car le temps n'est plus où le dévouement suppléait:à l'insuffisance des moyens mis en œuvre. Comme le dit le D° Kuss : « Le règne des Dames patronesses, des Dames déléguées, des initialives individuelles et dispersées est terminé. La médecine sociale exige autre chose : elle exige de la méthode, de la discipline et des connaissances spéciales ». - +
Actuellement, en France, la Maison Ecole des Infirmières, 66, rue Vercingétorix, à Paris, dirigée par Mademoiselle Chaptal, forme toujours des Infirmières dont l'instruction comprend un important programme ayant trait à l'Assistance sociale. Nous n'avons pu nous procurer ce programme ni le règlement de cette Ecole. Nous donnerons ceux des Ecoles fondées plus récemment en France : l'Ecole de FAssociation des Infirmières-Visiteuses de France, 56,
rue de Vaugirard, à Paris. L'Ecole de la Fondation Heine-Fould, 35, rue de la Glacière, à Paris. Enfin l'Ecole fondée en 1918 par le Professeur P. Courmont, à Lyon.
L'Ecole de l’Association des Infirmières-Visiteuses de France.
L'Ecole de l'Association des Infirmières-Visiteuses de France commença à fonctionner en 4914 avec une Infirmière et deux cents francs en caisse. Actuellement l'Ecole compte 50 élèves et les recettes de l'Association se sont élevées en 1918 à 220.000 francs.
L'Association forme deux sortes d'Infirmières : 1° des Infirmières-Visiteuses, chargées des visites à domicile ;
2° des Infirmières de sanatoriums.
a) Programme de l'Enseignement
Le cours complet a une durée de 10 mois ; il est réduit à 6 mois pour les élèves possédant déjà certains diplômes d’Infirmière (Société de Croix-Rouge, Ecoles spéciales) et ayant fait un travail effectif d'hôpital. L'enseignement est placé sous la haute direction de MM. les Docteurs Kuss et Guinon. Les cours sont professés à l'hôpital
Laënnec.
Cours.
Maladie des enfants. — Maladies du Nourrisson. — Maladies de la 2° et 3? enfance, y compris k tuberculose
infantile.
OOo
logie des voies respiratoires. — Maladies des bronches, des poumons, de la plèvre. — Traitement des maladies non tuberculeuses des voies respiratoires.
Tuberculose. — Contagion de la tuberculose. — Origine et développement de la maladie. — Tuberculose de l'adulte. — Hygiène antituberculeuse. — Prophylaxie et traitement de la tuberculose. — OEuvres sociales antituberculeuses. — Fonctionnement du Dispensaire antituberculeux et du Service social.
Alimentation. — Notions générales. — Aliments, régimes, cuisson des aliments, cuisine de régime.
Assistance sociale. — Technique et contrôle des visites à domicile.
Eenseignements divers. — Hygiène générale et maladies infectieuses de l'adulte. — Notions de petite pharmacie. — Technique médicale des Infirmières. — Alcoolisme et propagande antialcoolique. — Syphilis acquise et héréditaire. — Grossesse et accouchements.
Techniques de laboratoire. — Examen des urines. —
Recherche du hacille tuberculeux dans les crachats.
Stages.
Les stages ont lieu sous la direction de monitrices à l'hôpital Laënnec, à l'hôpital Bretonneau, à l'hôpital des Enfants malades, au Dispensaire Léon Bourgeois et aux. Dispensaires de Levallois-Perret et de St-Ouen.
Les visites à domicile ont lieu sous la direction d’Infirmières-Visiteuses de France chez les malades soignés au
Dispensaire Léon Bourgeois, aux baraquements de l'hô-
. pital Laënnec et aux Dispensaires de Levallois et de St-Ouen. |
D'autre part un certain nombre d'élèves seront acceptées dans les Dispensaires de la Mission Américaine pour les stages dans les Dispensaires de tuberculeux ou d’enfants et pour l’enseignement des visites à domicile. Les stages obligatoires pour les élèves avant un diplôme hospitalier et admises à suivre l’enseignement de 6 mois sont :
4 mois à l'hôpital Bretonneau fmatinée) ;
2 mois à l'hôpital Laënnec (matinée) :
3 mois de service social au Dispensaire (consultations et visites réparties dans toute la journée).
Les stages supplémentaires pour les élèves n'ayant aucun diplôme hospitalier ni pratique d’Infirmière sont :
a) 4 mois à la Société de Secours aux Blessés Militaires dans une des sections de l’hôpital des Peupliers, précédant l'admission à l'Ecole des Infirmières-Visiteuses et donnant droit au diplôme simple d’infirmière de la 5: B: M.
b) Elèves boursières : À mois dans les services de chirurgie et de.maladie des yeux de l'hôpital Laënnec (une partie de la matinée et de l’après-midi) ; À mois à l’hô- . pital Bretonneau (matinées) ; 1 mois à l'hôpital des Enfants malades (service du D Marfan) (matinées) ; 1 mois à l'hôpital Laënnec (service du D° Kuss).
L'enseignement pratique et théorique sera individualisé grâce à des conférences complémentaires, à des exercices pratiques et à des interrogatoires.
Maladie des voies respiratoires. — Anatomie, physio-
Ho
Livret.
Pendant toute la durée de leurs études, les élèves possèderont un livret mentionnant les notes obtenues par elles aussi bien pour l’enseignement théorique que pour leurs stages. Ces notés forment un total dont il est tenu
compte au moment de examen.
Examens de fin d’études.
Après avoir passé l’examen de fin d’études, épreuves écrites, orales ef pratiques, les Infirmières-Visiteuses recoivent un livret individuel sur lequel s’inscriront ensuite
leurs états de service.
Diplôme.
Toute élève ayant passé avec succès l’examen obtient le Diplôme d'I. V.F.
L'Association a créé en 1917, pour loger ses élèves venues (de province, un « Home des Infirmières », 28, rue Jacob. Il peut recevoir douze élèves à la fois et a toujours été au complet toute l’année. Le prix de la pension, qui était de 75 francs par mois au début, a été un peu relevé depuis, tout en restant très inférieur au coût réel de l'entretien.
De plus l'Association dispose de vingt bourses de 150 francs par mois offertes par l'American Red Cross pour faciliter les études aux personnes qui auraient besoin d’une aide financière et s'engageant à rester deux
ans au service des OEuvres antituberculeuses. Des bour: