‹ Prophylaxie Sociale de la TuberculoseChapitre 8 sur 22 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Rôle de l’Infirmière-Visiteuse dans la lutte antituberculeuse.

Prophylaxie et travail social.

L'’ennemi à combattre.

La seule étude des caractéristiques du bacille tuberculeux pourrait permettre de pressentir les particularités el l'importance sociale de Ia maladie qu'il cause.

Sournois, tenace, résistant, pas exigeant, il se passe aisément du luxe des milieux et de la tiédeur de l’étuve. Mais la misère ne le réduit pas au saprophytisme. Après avoir inconforlablement vécu, de longs jours, disent les uns, de longs mois, disent les autres, sur un grain de poussière, il reste, virulence intacte, prêt à tous les méfaits. Qu'il arrive sur une muqueuse-respiraloire ou digestive il pourra la franchir et, véhiculé par le sang ou la INmphe, s'installer dans l’organisnie.

Là encore il sait se faire aux circonstances. Que

le sujet se défende bien, que ses antiloxines entra-

vent la pullulation du bacille et celui-ci se tiendra coi, muré dans la sclérose. Mais sa virulence reste en éveil et il sait attendre son heure. Que le surmenage, l'alcoolisme, la mauvaise nutrition, une maladie infectieuse surajoulée vienne affaiblir l’org'anisme el il prend aussitôt l'offensive étendant sournoisement ses ravages.

Qu'un traitement éclairé galvanise les processus de défense et il paraîtra céder, reculer devant les barrières scléreuses, guettant pour un nouvel assaut

l’occasion d’une nouvelle défaillance.

Méthodes de combat.

Cette résistance à la destruction, ce Loxigénisnie inlassable el non pas seulement paroxystique et passager comme dans la plupart des maladies infectieuses font du bacille de Koch un péril individuel et social extrêmement redoutable.

Très diffusible, il importe au plus haut point de tarir ses sources. D'une erradication difficile et lente il investit durablement le terrain qu'il infectée ; il faudra pour l'en chasser une vigilance attentive, dirigeant, favorisant les réactions naturelles de défense plus efficaces en l'occurence qu'une thérapeutique spécifique maintes fois carencée.

Il faudra pour garantir de ses assauts les sujets exposés à son invasion, les soustraire aux influences déprimantes, les défendre contre les causes d’affaiblissement el de déchéance organique.

n un mot il faudra faire de l'Hygiène, de l'Hy-

giène individuelle, c'est-à-dire savoir adapter des données générales aux exigences des cas d'espèce, adapter des directives d'ensemble aux habitudes particulières de chacun.

Celles-ci influent grandement sur les possibilités de guérison et les dangers de contagion que présente un tuberculeux. S'il vit seul ou en famille, s’ih

reste confiné au lit ou s’il circule, s’il travaille encore

ou non, lapplication du traitement curatif et des règles de prophylaxie variera. *

Il est donc d'un intérêt de premier ordre de connaître les conditions d'existence du malade, de pénétrer les détails de sa vie pour pouvoir influer sur eux pour pouvoir Jui faire comprendre par des exeniples et des applications pratiques mieux que par des conseils théoriques ce qu'il faut faire pour guérir soi-même el ne pas contaminer Îles autres.

Nécessité d’un personnel spécialisé.

Cette éducation du tuberculeux et éventuellement

- de son entourage, il est impossible au médecin de la

réaliser seul soit au logis du malade soit même au dispensaire. Son temps est trop limité, son action trop passagère pour prétendre à obtenir mieux qu'une orientation générale du traitement.

Dans la lutte antibacillaire Calmette avait utilisé les enquêteurs ouvriers.

Pour le rôle de dévouenrent éclairé que nécessite l'éducation hygiénique des malades, éducation qui tend non seulement à bloquer le bacille mais à amé-

liorer la curabilité de la maladie, personne ne pouvail mieux réussir qu'une femme.

« L'Infirmière-Visiteuse est reçue dans le logis du pauvre d’une façon dent ne serait reçu aucun autre visileur si bienveillant qu'il soit. Elle entre dans la maison en tenrps de maladie el de soucis, souvent au moment où les membres de la famille sentent le plus le poids de leur ignorance et de leur inipuissance. Elle n’est pas un intrus niais un spécialiste dont le secours est le bienvenu dans la maladie et la détresse » (M Chaptal).

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