I. Orientation du travail des Infirmières-Visiteuses
Buts à atteindre.
L'Infirmière-Visiteuse, dans sa collaboration avec le médecin, doit se proposer un double objectif :
1° Favoriser la guérison du tuberculeux en aidant le médecin à connaître la marche de la maladie, les habitudes et Fambiance du malade en apprenant à ce malade à observer intelligemment son traitement, en vérifiant Putilité plus où moins réelle des secours variés que peuvent accorder les œuvres de bienfaisance au tuberculeux pauvre el en assurant l’efficacité d’une charité éclairée.
2° L'Infirmière-Visiteuse doit également se pro-. poser de contribuer à éviter l'apparition de nouveaux
cas el la diffusion de la maladie soit en détruisant
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. . . à . x son agent de transimission, soil en arrivant à soustraire les sujets sains à l’action nocive de cet agent.
L'enquête sociale est l'amélioration du terrain morbide.
ee Souvent el surtout à un premier examen, le-médecin est incapable de discerner d’une manière certaine l'importance des symptômes qu'il constate, le
degré de souffrance du malade; la gravité de son
cas. 11 faut connaître, la façon dont ont évolué ces symptômes et juger cette évolution à la lumière des renseignements précis sur le mode d'existence et sur l'hygiène du milieu ‘ambiant. C'est alors que l'enquête sociale de lnfirmière-Visileuse interviendra utilement pour déterrniner les antécédents du malade, les facteurs psychologiques el économiques nécessaires au diagnostic.
Il est en effet évident qu’il ne servirait pas à grand chose de soigner un prétuberculeux porteur de lésions er apparence légères s’il est soumis: dans le milieu où il vit à la contamination incessante d’un semeur de bacilles. Par conséquent dans toute œuvre sociale s’occupant de ‘prophylaxie antituberculeuse, si on veut agir en connaissance de cause et faire du bon travail social, il est nécessaire que le
médecin ait auprès de lui des infirmières-visiteuses
‘entraînées aux enquêtes et capables de collaborer au
dépistage el à la mise en‘observation des malades el
des suspects.
Détermination de la valeur des symptômes.
Par elles il apprendra quels sont les éléments étiologiques de‘tuberculisation qui agissent sur le sujet menacé et pourra établir en conséquence son plan de traitement prophylactique, il saura si la température est normale ou non, si l’amaigrissement est altribuable à des causes indépendantes d'un état pathologique, si les prescriptions qu'il à faites ont été suivies. L’'Infirrière-Visiteuse le renseignera sur la valeur de la ration alimentaire fournie, sur lexistence ou l’absence de troubles digestifs, elle établira la courbe de poids, elle provoquera un examen à chaque incident morbide, ceux-ci pouvant être l’occasion de mieux comprendre l’état du sujet.
Plus que pour toute autre maladie, l’interprétatation des symptômes est en effet délicate dans la tuberculose. Îl est important d'évaluer la nature et Pabondance de l’expectoration, de connaître les poussées lhermiques, de savoir si lamaigrissement est dû à une sous-alimentation causée soit par le manque de ressources, soit par des causes pathologiques.
Pour savoir si un malade crache et ce qu'il crache une enquête attentive est nécessaire, impossible à faire sur un sujet qu'on ne voit que de temps en lemps à une consultation. L’infirmière-visiteuse, au contraire, est à même d'exercer la surveillance et le contrôle voulu ; elle remettra au malade un crachoir de poche en lui indiquant toutes les précaulions précédemment énoncées et en lui recomman-
dant d'y recueillir toutes ses expectorations de la
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journée ; elle pourra constater plusieurs jours de suite l'aspect et la qualité de cette expectoration, si elle purulente sanglante, elle pourra opérer les prélèvements nécessaires à un examen bactériologique, examen dont la signification n'est certaine que si le prélèvement a été fait par des mains expérimentées. Si son instruction l'y a préparée, et certaines écoles attachent une grande importance à ce point, elle pourra procéder elle-même à la recherche du bacille et simplifier ainsi beaucoup le travail du médecin.
Il est en effet très important de pouvoir faire le contrôle bactériologique périodique des malades car la frontière entre lésions fermées et ouvertes est bien fragile. De plus la richesse bacillifère des crachats n'est nullement proportionnelle à l'étendue et à la gravité des lésions, et tel porteur d’une lésion minime peut être un redoutable semeur de bacilles. D'autre part, dans l'entourage du tuberculeux, il importera également de contrôler les lousseurs, de rechercher s’il n'existe pas un vieux catarrheux « toujours enrhumé » dont l’innofensive apparence masque un redoutable foyer d'infection, d'autant plus contagieux que l’on ne s’en méfie pas et qui a pu être l’origine du cas observé au dispensaire.
C’est à la visileuse que revient également la tâche d'établir la courbe thermique, d'apprendre au malade, au besoin par des explications répétées fréquemment à domicile, à prendre et à noter sa température, à déterminer éventuellement les éléments qui la font varier, à remarquer par exemple si après un dimanche passé à se reposer au grand air, il aure
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de la fièvre comme un soir de semaine en rentrant de son travail.
Il est aussi des soins exigeant quelques connaissances techniques élémentaires que linfirmière-visileuse pourra utilement enseigner soit à la mère de famille, soit à une personne quelconque de lentourage comme par exemple de panser un vésicatoire, poser des ventouses, vider lPintestin par un lavage,
appliquer un pansement simple sur des lésions ba-
nales de la peau. Parmi les éléments de diagnostic et de pronostic, l'amaigrissement est aussi un facteur très important el plus que l’interrogatoire rapide du médecin, l’enquête de l’infirmière-visiteuse pourra en établir la valeur séméiologique.
. I'est des tuberculeux indigents qui ne mangent pas à leur faim. À ces malheureux dignes entre tous de grande pilié, la visiteuse pourra procurer des bons de viande, de pain distribués par les Œuvres charilables, pourra faciliter l'accès des restaurants populaires. Certains malades très émaciés ne souffrent au contraire que d'une dyspepsie, dont la guérison pourrait puissamment contribuer à enrayer des lésions ecommençantes. ‘Ceux-là seront dirigés sur des consultations spéciales et la tâche du médecin du dispensaire en sera d'autant allégée. D'autres enfin s'alimentent mal parce qu'ils vivent dans de mauvaises conditions matérielles et morales et l'amé- Horalion de ces conditions peulamener des résurrections.
Iest des bacillaires porteurs de lésions à évolution
lente, traversant des hauts et des bas, faisant de temps à autre de peliles poussées, qui, célibataires vivant seuls en garnis, déjeunent dans de mauvaises gargottes, dinent de vagues charcuteries, et par veu- lerie et découragement se laissent tomber dans le plus regrettable défaut d'hygiène physique et de santé morale. À ces découragés la Visiteuse peut apporter un précieux secours moral, les aider à reprendre de l’ascendant sur eux-mêmes et sur leur maladie, leur faire comprendre qu'en menant une vie régulière, en prenant quelques mesures d'hygiène pas très difficiles à observer, en s'appliquant à soioner leur alimentation et à y employer le principal de leurs ressources, ils contribueront puissamment à leur guérison et pourront, avec la santé, retrouver le goût de la vie.
Nombreux sont aussi les malades qui ne retirent pas de leur traitement tout le bénéfice que l’on serait en droit d'espérer parce qu'ils sont minés par la terreur de voir leur maladie empirer ou se propager à leur entourage. Si l’on peut débarrasser le malade de ses craintes, lui rendre courage, faire cesser ses inquiétudes, son appétit, son sommeil s’en ressentiront avantageusement. [1 se peut que l’action de la nature soit la seule chose nécessaire pour amener la guérison des tissus el provoquer l'arrêt de la maladie. D'un autre côté un cas de tuberculose pulmonaire, fut-il naissant, peut empirer pour la seule raison que le patient s’agite, s'inquièle constamment sur son élal ou sur les souffrances présentes et futures de sa famille. En le ramenant à la confiance et à