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Propos d'art [microforme]

Poici de charmant S putes de IL nri dl Arte “, Elles ne apporte nt Conte nn cho, Un omurmiunre, HnemMoueur de MN. ir York, SAS et prononce td de Hoi, [euri d° Arles y fut nn des premiers et des plus CL" assidus cuditeurs de nes conférences de littérature et Part, ét je lui en garde nn souvenir élu, vi pensée

eninme,

Sans doute il y vont comme à l'ateli » de ce miysterieur ni qui nous vaut les pages qron ra lire aree lt mnéme enriosité à la fois tünide et aride, la diSine surprise ere illée et merveille qui sont de ses mérites.

Cest que, sortir d'un cellule pour entrer duns nn atelier, (ainsi Qu'il arrive à notre écrivain), nous Appardait condae une chose grave qui contient du fruit défi nu, toujours de scr ur rare. [A néophyte raffiné y touch arec condenr el avec grâce. Pusse : jé de ciel de La vérité dns le ciel de l'art, de la beauté morale dans la beauté intellectu le, certes, Cest changer l'atmosphère … (est aussi descendre ; descendre COoHiit un firniament dans une prairie dont des Dâque réttes ont les formes, les coule urs et Dresque l'odeur des étoiles.

Ce chdunt notre penseur délicat s'y sent un peu dépuysé, et je l'en félicite. Mais son goût ne s'y trompe pas. Après les Christs de l'Augélico, les Madones de Tissot lui semblent singulières al.

raison, Et j'aime à lui entendre dim que, s'il avait

XVI ENTRÉE DE CHOEUR, à Nt tronc chti L, ÉssOi hi de r et Man {, il LU Sejtilt pts loin d'eli ge ce depnie :

Foëld vn ver qui vaut bien ve excursion hors d'une cellule, Æt est L titre que j'aurais, moi, donné à ce live un et parent, parent mystique, du célèbre: Noyage autour de ma chambre,”

A ntré duns st chi ‘4 Uude, notre prie ur Poyuiye ur esthiits y re lroure sou Jésus di l'Anyélico, Ce doux Maitre lui Juit atecneil ct sourit la Hioisson de Jeuillets que l'eveursionniste lui rapporte. Llnest y LLO] loin d, durtitoe SO unis Su; de [1 Mudones de T'ssot, et lu supériorité de Masiet sur A // ésson le r lui semble pur iement ls ontestable,

Rentrez dans voty cellule, L'enri d°Lrles, mais l'essorle Ze ji q'u lqnefois, Lot je dour Maitre ous 1/1 autorise, et, PT 1, ous y cnHydye, C'onse VOUEZ ce regard pudique ct prudent, muis Hébionoins éclairé, que vous d'ronmenez poétique “ent sur les chose l] d'art, Il nous var et nous vaudra de nobles et ainables réte ré “ dont est Jitire l'éloge que de le ur appliquer ce mot dé vons-mnéins L'air quon y re spire s'est

Lfume aus fleurs de l'autel” . ?

Neuilly, Juin, 1903, Pavilion des Muses.

Vers l'Idéal.

Dimanche, 4 mai.

Mon rêve se réalise enfin. L'espoir, si longtemps caressé, s'accomplit. Les Jours, taat désirés, sont venus. J'en vois se lever l'aube. Sous les fraiches lueurs qui la baignent, mon âme se sent renaître. L'air qu’elle respire est chargé de sève, C’est le matin, c’est le printemps! Une vie nouvelle s'annonce, Enfin, je vais revoir cet artisan d'art, contempler ses œuvres, m'absorber dans l'idéal.

Mes connaissances, en matière d'esthétique, sont assez limitées encore, et j'ai grand besoin de prendre des leçons. Ce n'est, d’ailleurs, pas entièrement ma faute, si J'ai eu, si tard, la révélation de ce monde divin. Quelle part fait-on à la re-

ligion de la Beauté, dans le cadre d'instruction des

carrières libérales, chez nous A part quelques notions abstraites, données dans le cours de philosophie, la définition du Beau, d'après Platon ou saint Tho, as, et une courte théorie esthétique, plus où moins conforme aux principes de ces penseurs, l’on n'enseigne 1.on sur les diverses manifestations de l'art, son rôle social, son action éminemment moralisatrice—quand il s'inspire à ses vraies sources ct reçoit d'en haut sa Inmicre,

Si, du moins, la poésie et l'éloquence étaient présentées pour ce qu'elles sont vraiment, —reflets les plus magnifiques de l'idéal! Si l'on disait leur supériorité sur tous les autres arts! Si l’on montrait que c'est dans leurs créations que le Beau s'exprime Je plus parfaitement ! Mais non.

L'analyse que l’on fait des chefs-d’œuvre, antiques ou modernes, se borne à la syntaxe, à des explications partielles et littérales. L'on n’étudie pas l’ensemble de ces intellectuelles conceptions, leur mité, leurs proportions harmonieuses, la forme “ouple et diaphane dont l’idée s’est revêtue, enfin fout ce qui, dans un poème ou un dis ‘urs, relève proprement de l’esthétique, fait de ces œuvres de suprèmes choses d’art.

Lamennais, lui, Com prenait mieux l'importance de l’art, 11 voyait la nécessité absolue de Ini assigner une plus large place, dans le cours classique. Aussi, dans son “Esquisse d'une philosophie,”

PhHopos D'ART 3

trucait-il ces mn rveilleux chapitres sur P'Art et le Bean, qui, à eux seuls, forment tont un ouvrage, Tout programme d'enseignement secondaire devrait prescrire l'étude de ces pages, où les principes et les relations des divers arts sont EXposés et dé veloppés dans une langue si riche, où le caractère de chacun est dessiné d'une main si ferme, En tüchant d'instaurer parmi nous le culte de la Beauté pure, Lamennais a fait preuve de rare in telligence en matière d'édueation. Et, si d’autres parties de son œuvre sont discutables, il a eu un mérite qui rachète tout, celui de revendiquer hautement les droits de l'Idéal,

Par 14 faute d'une grave lacune, dans mon ins-

truction première, j'ai done longtemps ignoré l'essence et le rôle de l'Art. Et pourtant, c'est lui, et Ini seul, qui peut affiner l'esprit, ouvrir l'âme au sentiment, à la perception des nuances ; lui qui ennoblit le cœur par tout ce qu'il y met d'aspirations éthérées: Ini qui transfigure la vie en lilluminant de rayons divine. J'avais bien conscience que quelque chose me manquait. Dans mOn cœur, il V avait comme un vide, Parm tant d'aliments qui lui avaient été offerts, mon esprit n'en avait encore trouvé aucun qui püt le satisfaire, Il passait de l'un à l’autre, également indifférent à tous. Le plaisir, que parfois il éprou-

vait à les goûter, se changeait vite en une sensation

de fadeur. Il ne pouvait se prendre à rien. Combien souvent, en cet état d'âme, ai-je envié Je sort de ceux qui, du premier coup, rencontrent l’objet de leurs désirs et concentrent leurs efforts sur un point qui s’harmonise avee leurs facultés. Heureux sont-ils. Tandis que les antres errent encore à la recherche de leur voie et passent leurs jours en de continuels essais et recommencements, eux ensemencent déjà le sillon et rêvent d’une moisson prochaine,

Or, voici comment m'a été révélée enfin ce que J'appellerai ma vocation intellectuelle, Voici comment j'ai été initié à ce domaine inconnu de l'Art, dans lequel mon esprit et mon cœur devaient s'épanouir à l'aise et reconnaître leur vraie patrie,

C'était un matin d'avril. L'air, frais et lumineux, était rempli d’arômes. De légers nuages, tout blancs, flottaient, de place en place, sur l’azur profond du ciel.

Seul, avec le maître, dans son humble atelier, J'examinais quelques tableaux pendus aux murs, sur le chevalet, une peinture inachevée : ma main feuilletait de grands cartons où il Y avait des aquarelles, des esquisses à l'huile, d'innombrables études. Et, à mesure que ces formes diverses passaient devant mes veux, J'éprouvais une émotion forte, intense. [l me semblait voir surgir un monde nouveau. La Beauté m'apparaissait,

déesse aux lignes parfaites, à la figure idéale. Quel ravissement ! Puis-je décrire l'espèce de transformation qui s'opéra alors en moi, l'extase dans laquelle mon âme fut jetée! Lorsqu'elle s’en réveilla, elle se sentit une faculté de plus, celle de pouvoir comprendre et admirer les créations de l'art.

Evidemment, j'étais au moment psychologique, et cette visite à l'atelier coïncidait avec une disposition intérieure des plus heureuses. Je ne dirai pas que tout est subjectif. Non. Les choses ont leur valeur réelle, indépendante de nos façons de voir. Mais elles nous frappent diversement, selon l'instant de la vie où nous les regardons et suivant la manière dont notre âme est alors affectée. Les œuvres que j'ai contemplées là, qui sait, si, plus tôt on plus tard, j'en aurais aussi bien compris le sens, si j'en aurais savouré toute la poésie {Qui sait si, en d’autres circonstances, mon oreille eût été attentive à leur langage, fait d'images et de couleurs? Pour les apprécier, comme aussi pour entrevoir, à travers leurs formes gracieuses, tout ce domaine de l’Idéal auquel rien ne m'avait encore initié, il fallait que tout mon être fût en harmonie intime et profonde avee elles, et que mon cœur fut préparé à recevoir leurs inspirations, En ce matin d'avril, frais et Tumi-

neux, je me trouvais done à l'heure favorable,

Et c'est pourquoi l'impression que j'éprouvai fut si forte, Mon âme goûta pleinement l'ivresse d'une divine révélation.

Hélas! il me fallut bientot descendre des sereines et pures régions où je venais de m'envoler, D'impérieux devoirs n'appelaient, Mais quelques moments d'intimité avec tous ces fins objets avaient suffi pour m'indiquer ma voie Je ne n'appartenais plus. l'avais rencontré enfin l'aliment intellectuel si ardemment désiré. Toutes mes facultés tressaillaient d'aise. La joie qui ni'inondait ressemblait à celle qui remplit le cœur de l’exilé, lorsqu'après des années d'absence, il revoit la terre natale ct rentre dans la maison paternelle. Car, si nouveau que fût pour moi le monde qui n'apparaissait, je croyais le reconnaître pourtant, Je l'avais deviné, pressenti. Mes rêves me l'avaient montré déjà. Entre lui et moi s'étaient formés des liens d’affinité qui nous avaient mystérieusement rapprochés peu à peu et conduits l'un vers l’antre. En vérité, je retrouvais Ma patrie, mon vieux sol, Elle avait enfin sonné, l'heure du retour!

Cet atelier, berceau de ma vocation artistique, lieu béni à la Beauté éternelle m'a consacré pour son culte et voué à la recherche, à l'adoration de ses reflets ici-bas, je vais le visiter encore,

Bientôt, je reverrai ces délicieuses créations qui

m'ont révélé autrefois les merveilles de l'Idéal. Bientôt, je pourrai reprendre sérieusement ces études d'art, pour lesquelles je me sens fait, m'abimer dans la contemplation d'œuvres où le divin resplendit, Sous la direction du Maître, j'entreprendrai de longues courses à travers le domaine illimité, infini de l'Esthétique. Comme je vais en jouir! J’ose à peine croire au bonhe: : qui m'attend. Est-il vrai que je serai libre enfin de me livrer uniquement à ce genre de travail intellectuel, si attachant, si passionnant ! — vrai que mon âme pourra déplover ses ailes et aller se poser là où la portera le caprice de son imagination? Vrai que je sortirai pour un temps de ce cercle étroit de lieux communs, d'idées reçues, de sottes Conventions où se passe la vie De toutes les observations qu'il me sera donné de faire, aucune ne m'intéressera plus, je crois, que de suivre la formation lente d’une œuvre d'art, se: phases diverses, Je suis extrêmement curieux de voir l'espèce d'évolution, d'épuration que subit la chose réelle dont le peintre s’insp re avant de s'élever au rang de l'idéal: curienx de voir revivre sur la toile, frappantes de naturel et, tout à la fois, poétisées, tant de jolies scènes champêtres, J'arrive d'un pays encore réfractaire aux idées esthétiques, Là bas, la gloire est surtout aux

manieurs d'argent, Pour être grand homme,

pour devenir roi, il suffit d’être heureux dans des spéculations sur l'acier ou sur l'huile, Le caractère, essentiellement matériel, de la civilisation américaine, est tout entier dans ce mot que j’entendis un jour: Quelqu'un, me montrant une rangée indéfinie de piliers d'acier, soutenant une voie aérienne, s'écria, comme ravi: * Monsieur, ca, c'est un chet-d'œuvre !”

Eh! oui, les choses fortes, lourdes, les produits les plus gigantesques de l'industrie, — énormes ponts de fer, hautes maiseas dont les toits accrochent les nuages, —c’est cela qui soulève l'enthousiasme, aux Etats-Unis. Qui donc y saurait vraiment apprécier les œuvres de finesse et d’élégance, Où paraît un souci extrême de la forme, où la pensée s'est tellement soumise la matière, qu'elle l'a comme spiritualisée presque, et animée de son soufe ?

Ceux mêmes qui cultivent les arts semblent Y voir surtout un moyen de s'enrichir, Les sanetuaires de la beauté S'y changent en comptoirs où c'est à qui exploitera le plus habilement la bourgeoisie dorée. Les Etats-Unis sont le dernier pays du monde où l'on verrait de purs artistes préférer l'idéal à toutes les splendeurs, aimer mieux vivre pauvres que de laisser s'éteindre en eux l'étincelle divine, et ne demander qu'une chose ici-bas, la

liberté d'exprimer leurs rêves intérieurs. Ces

saintes folies sont incompatibles avec le sens positif des Américains.

Or, voiei que j'entre dans un monde plus pittoresque. Mon âme va S'v refaire, S'v retremper. L'art me consolera de tant d'ennuis, Il me tarde de les revoir longuement, ces petites toiles, où sont immortalisées de vieilles coutumes, où verdoient les prés et les bois, où les moissons ondulent, où les ruisseaux chantent,

Toits de chaume, transfigurés par la lumière du soir, collines baignées de ravons, paysannes ingénues, vieux types “d'habitants,” coins pittoresques du sol canadien, tout cela va défiler devant moi, m'arracher au présent, m'enlever dans les sphères de l'idéal, l'idéal, patrie de mon cœur

La ville du rêve, has ONdT Ts

L'air est d’une pureté absolue, Au ciel, le soleil verse son or sur l'azur. Par la voûte bleue courent des teintes riantes. Et là haut, sur le rocher de Québec que j'aperçois enfin, les coupoles et les flèches étincellent. Les toits vieillis semblent neufs, tant ils sont radieux. Tout brille, tout est frais et joyeux, à cette heure du jour.

Comme cette ville diffère des banales cités modernes, qui emplissent le reste du continent, Voici un nid de pierre, dont l'aspect a quelque chose d'héroique. Québec a une allure médiévale. Il nous rappelle ces temps lointains où chaque cité était comme un pays à part,—un Etat dans l'Etat, —livré à sa propre initiative, vivant d’une vie personnelle, se développant selon ses ressources intimes, complètement fermé à ce cosmopolitisme, qui, aujourd'hui, envahit tout.

Si notre France, par exemple, est si intéressante à visiter, c'est qu’il n'y a pas, dans les provinces surtout où la féodalité à été le plus florissante, deux villes qui se ressemblent. Pendant des siè-

cles, chacune a véen isolée, dans un égoïsme superbe, Pour ses habitants, le monde finissait à ses remparts, Chacune avait son idéal de société, dont les influences extérieures ne venaient pas atténuer le caractère si original. Et cet idéal se retétait, S'imprinait de facon indélébile dans des construetions fortes et pittoresques que le temps a respectées, La conception spéciale que ces villes se faisaient de la vie, les conditions de leur existence, leurs idées politiques, les événements de leur histoire, tiennent dans ces indestructibles monuments, Tours, châteaux, vieux hôtels, cloîtres en ruine, sont comme les annales des cités antiques. Leur physionomie x est ineffaçablement gravée, S'v détache en un saisissant relief.

La civilisation moderne, en mélant les peuples et les idées, achève presque de supprimer ces traits distinctifs que l'on pouvait remarquer autrefois, non seulement de pays à pays, mais de ville à ville. [n'y a plus de frontières. La fusion des races et des esprits devient, chaque jour, plus complète. Et, S'il n'était hors de propos de discuter ici les avantages et les inconvénients de ce phénomène social, je puis affirmer, du moins, que, depuis l’origine de cette évolution constamment progressive, le monde à perdu beaucoup en pittoresque et en poésie, Les mœurs, les costumes, l'architecture

des peuples, sont régis par des formules à peu

près uniformes. L'Orient méme, pays de l'archaïsme, subit aussi ces influences nivelantes. Et le temps n'est peut-être pas très éloigné, où l'œil de l'observateur cherchera en vain, parmi les nations, des marques d'originalité.

Fort heureusement, Québec semble avoir échappé, jusqu'ici, à ce cosmopolitisme plat et banal. Cela est dû, sans doute, à sa position géographique tout à fait exceptionnelle, Il est comme isolé sur son roc, en dehors de ce grand courant qui emporte les peuples modernes vers les choses de l'industrie, loin des voies du commerce universel. Et aussi, le caractère éminemment chevaleresque de ses fondateurs, leur personnalité vigoureuse, ont laissé partout une telle empreinte, que des siècles de vie ne réussiront pas à l'effacer, Québec restera toujours, méme sous ses embellissements, la cité d'un autre âge, imprégnée d'un parfum d'idéalisme, remplie d'ombres héroïques, Tout v rappellera éternellement les preux de France “la doulce,” notre mère, Tout y chantera leur valeur dans la guerre, malgré le désastre final. L'on foule iei une terre d'histoire. Tous ces vieux murs ont leurs légendes glorieuses, En certains quartiers, il n'est presque pas de maison à lequelle ne se rattache quelque précieux souvenir.

Pareil milieu doit être très favorable à l'inspira-

tion artistique, par son cachet d'antiquité, comme

par la physionomie, infiniment pittoresque, de son sol. Car, nul endroit au monde n'offre un aspect plus grandiose ni plus varié. L'œil v embrasse à la fois des montagnes, des îles, des fleuves, des plaines, L'imagination v est sans cesse 1.fraîchie par des changements de décor, Et l'artiste doit facilement trouver, parmi tant de spectacles enchanteurs, des motifs pour son pinceau. Celui que j'ai là, sons les veux, fournirait précisément un très joli sujet.

Au premier plan, la viile, inondée de lumière, Le beau soleil la transtigure, la revêt de gaieté. Quel grâce et quel charme sa gaze brillante donne aux demeures antiques! Comme toutes ces vieilles choses sont élégantes, dans leur parure de rayons! Certes, il faudrait un pinceau bien hable pour représenter cet universel scintillement, pour reproduire ces riches tons d’or pâle, qui remplissent l’atmosphère, à cette heure, Et, là bas, par delà le port, aux vagues courtes et miroitantes, se dessine nettement la ligne des Laurentides. Aucun àâpre sommet, pas de crêtes abruptes, pas d'abîmes. Mais des ondulations douces, harmonieuses. La terre se soulève et s’abaisse, comme en de calmes et régulières respirations. Son mouvement semble se régler sur un rhythme majestueux, tant il a de mesure, tant la progression est habilement ménagée, la gradation soutenue, jusqu'aux

cimes arrondies, qui, au loin, se confondent avee l'azur.

Un velours est comme tendu sur ces monts,— velours d'un bleu tendre, Aueune tache ne vient rompre Ja magnitique unité de cette couleur, Aueune autre nuance ne s'v méle, Sur les pentes et dans les creux, les teintes sont, seulement, plus foncées. O la merveilleuse étotfe, faite d'air et de lumière, tissée avec de l'azur ! Sous sa richesse moellense, les hauteurs semblent assoupies, Ce velours, où le ciel se reflète, et que le fleuve ouate de ses vapeurs, c'est la chose la plus ravissante à voir, comme un lit de délices où se repose le regard. Bénie soit la main divine qui, sans effort, revêt ainsi la nature de presque inimitables nuances, Dieu est Artiste Supréme, dont l'œuvre, immobile en sea essence, prend tour à tour des formes diverses de beauté, par les seuls jeux de la lumière et de l'ombre.

Le rôle du peintre, du paysagiste, est d'essayer de fixer tel de ces effets, d'exprimer sur la toile l'un ou l'autre des spectacles qui frappent quotidiennement notre vue, Mais, ni les couleurs de sa palette ne sont assez riches, ni sa main assez habile, pour en rendre la physionomie, —grandes lignes et détails, —avec une absolue fidélité. D'ailleurs, on n'attend pas de lui qu'il fasse une copie servile de la nature, qu'il la photographie exacte-

Chez l'artiste, Mardi

Je frappe chez lartiste. I descend me recevoir, et mintroduit dans son salon, où sont exposés trois où quatre de ses derniers travaux.

A ma première rencontre avec lui, sa physionomie m'avait frappé. Et, aujourd'hui, limpression est la méme, [la tellement le physique de l'artiste. Sürement, cela n'est pas nécessaire, Beancoup s'en sont passés. L'on peut être peintre, musicien, orateur, et n'avoir pourtant qu'une figure quelconque, Mais, nos idées sont ainsi faites, que nous nous attendons, naturellement, à voir, chez l'homme d'art, un signe sensible qni le distingue du commun. Nous voulons voir sur son visage le reflet de sa pensée, et comme l'ombre des songes qui bercent son imagination: v lire les soucis élevés, les nobles efforts auxquels il consacre sa vie. Cela n'est-il pas légitime, après tout 4 N'avons-nous pas raison d'espérer que le vase d'argile, où se ment une âme uniquement éprise d’idéal, soit lui-même artistement façonné Il

semble que les lois de l'harmonie l'exigent. La

Ti]

Chez l'artiste.

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