‹ Propos d'EspagneChapitre 19 sur 22 · I.A l'SYCHOLOr.IK IH' FEUIM.K ESPAGNOL · texte numérisé non relu

I.A l'SYCHOLOr.IK IH' FEUIM.K ESPAGNOL

songe conventionnel les exioences de Thygiène et les bienfaits du confortable quotidien. Ecoutez sa conservation : il y dépense une activité qui reste stérile et qui pourrait devenir féconde si elle se soumettait à une discipline rigide, ^'oilà le grand vice de l'Espagnol d'aujourd'bui. Il n'a perdu aucune des qualités naturelles de sa sensibilité et de son intelligence, mais il est atteint d'une dangereuse maladie de la volonté qui l'empêche de les cultiver.

Est-il encore temps pour lui de guérir ? L'avenir le dira. En attendant, ceux qui, <-omnie M. AUaniira, ne se contentent pas d'instruire leurs étudiants, mais cherchent à faire pénétrer dans l'àme obscure du peuple les lumières d'une éducation moderne, ceuxlà, et ils sont plus d'un à Oviedo, sans parler des autres Universités espagnoles, peuvent se rendre ce témoignage qu'ils méritent bien de la patrie. Si peut-être il ne faut pas se faire de trop grandes illusions sur « l'extension universitaire », il est évident que la renaissance de l'Espage dépend de l'àme de son peuple et de la manière dont les classes dites dirioeantes réussiront à la modifier.

Est-ce à dire qu'il faille détourner le génie espagnol de son cours naturel ? Non ; mais aujourd'hui il est comme ces fleuves d'Andalousie qui semblent perdus sous le sol ; il s'agit de ramener ses eaux fécondantes sur les terres momentanément desséchées. N'espérons pas et ne souhaitons pas que l'Espagne brûle jamais de la fièvre industrielle allemande, ni qu'elle devienne un jour, comme l'Angleterre, le plus grand drapeau commercial du monde. Elle paierait ces avantages de la perte des caractères qui nous la rendent sympathique. Il est bon et il est juste que, dans une Europe en proie au progrès scientifique, elle conserve un peu de la tradition du moyen âge. Il suffît qu'en restant ellemême elle s'accommode aux conditions de la vie moderne, sans renoncer à son trésor de romanesque. L'humanité serait à plaindre le jour où elle ne pourrait plus construire quelques châteaux en Espagne. Avec tous leurs défauts comme aussi avec leurs qualités réelles de loyauté et de générosité, les Espagnols nous divertissent des Anglo-Saxons. Et ce n'est pas un mince mérite.

On aime les Espagnols quand on vient

d'Espagne. Mais on aime surtout l'Espagne. On Taime parce qu'à peu près seule en Europe elle a gardé beaucoup de son pittoresque. On l'aime pour les sensations nées de ses contrastes, pour tous les rêves éveillés dans ses vieux décors.

Page 1