LES ABYSSINS
« La mission Marchand n'était d'ailleurs pas la seule qui, à cette époque, se dirigeait vers le Nil. Ménélick y avait dirigé deux colonnes : l'une au nord, sous les ordres de Makonnen, arriva à Djebel-Achmeth-Aga, y planta un drapeau abyssin et, comme les soldats du négus ne pouvaient pas supporter le climat, Makonnen rentra en Abyssynie.
« L'autre colonne, commandée par Tessama, auquel s'était joint le colonel russe d'Artamonoff, accompagné de deux cosa-
qucs, prit la suite de la mission de Bonchamp, qui avait échoué.
« Tessama atteignit le confluent du Sobat et du Nil, par le sud de la vallée de Djonba, et arriva sur le Nil huit jours avant Marchand.
« Mais les provisions manquaient, le pays était marécageux, les soldats du ras mouraient par centaines ; il fallut repartir au bout de vingt-quatre heures. C'est alors que le colonel russe d'Artamonoff franchit le Nil à la nage et alla planter dans une île, au milieu du fleuve, le pavillon français que Marchand retrouva quelques jours après. Ce point était situé exactement à 96 kilomètres de Fashoda.
« Il est donc bien extraordinaire que Kitchener ait, deux mois plus tard, si vite pris la mouche.