‹ Propos de Félix FaureChapitre 16 sur 23 · UNE INJUSTICE · texte numérisé non relu

UNE INJUSTICE

— L'article dont vous me parlez, nous dit-il, contient une souveraine injustice commise à l'égard de M. Goblet, président du conseil au moment de l'affaire Schnœbelé. Dans les réunions ministérielles qui eurent lieu à ce moment, l'attitude du président Grévy a, certes, été très belle et très correcte. Il était un partisan résolu de la paix et estimait que l'on devait tout tenter qui fût compatible avec notre dignité pour éviter la guerre. Telle était sa pensée très arrêtée et très nette et il est possible qu'il soit intervenu auprès du général Boulanger pour lui conseiller la prudence.

« Cependant, comme la guerre était possible d'un jour à l'autre, le ministre de la guerre n'en prilfpas moins les mesures que lui commandaient les nécessités du moment et la responsabilité très grande qui lui incombait. Agit-il moins ouvertement, en

raison des conseils de M. Grévy, cela est possible ; mais ce que je sais bien, c'est que le général Boulanger agit et qu'il eut raison de le faire.

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