M. RENÉ GOBLET ET L'EXPOSITION DE
« D'ailleurs l'affaire Schneebelé n'est pas la seule que le président du conseil de cette époque ait alors menée à bien. Vous vous souvenez peut-être qu'en 1888, un an avant l'Exposition universelle, une campagne avait été ouverte, dans le pays de la Triple alliance contre l'Exposition de Paris.
«En Autriche, notamment, la presse officieuse s'efforçait de représenter la France comme un centre de révolution perpétuelle. Pour un peu on nous eût mis au ban des nations et l'on écrivait couramment, dans les pays dont je parle, que les agitations de notre politique intérieure empêcheraient l'Exposition d'avoir lieu. Un ministre autrichien, M. Tisza, déclara publiquement que
son pays ne participerait pas à cette manifestation universelle.
« Interpellé à la Chambre à cette occasion, M. Goblet y prononça un discours admirable de fermeté et de patriotisme qui fut applaudi par l'assemblée presque tout entière.
« Mais son action ne se borna pas à la tribune parlementaire. En même temps qu'il parlait à la Chambre, il adressait au gouvernement autrichien des représentations énergiques, si bien que, presque immédiatement après, l'Autriche annonçait officiellement que ses commerçants étaient autorisés à prendre part à l'Exposition universelle de Paris.