‹ Propos de Félix FaureChapitre 20 sur 23 · A CHACUN SELON SES ŒUVRES · texte numérisé non relu

A CHACUN SELON SES ŒUVRES

(( Voilà donc, en une année de pouvoir, deux circonstances difficiles dans lesquelles M. Goblet a servi la France d'une façon tout à fait remarquable.

« Loin de moi, assurément, la pensée de di-

minuer l'œuvre et les mérites du président Grévy, mais il me paraît souverainement injuste de lui attribuer, à lui seul, le bénéfice de négociations heureuses auxquelles il a participé, je le veux bien, mais dans lesquelles le personnage agissant et véritablement responsable avait été M. Goblet, président du Conseil.

« Laissez-moi ajouter que j'éprouve un plaisir véritable à rendre hommage à l'un des hommes qui ont été le plus maltraités par la politique.

« Depuis l'avènement de la troisième République, peu d'hommes politiques ont eu le talent et le caractère de M. Goblet. A un tempérament d'homme d'Etat de premier ordre qui sait voir toujours et avant tout les intérêts généraux du pays, il joint un désintéressement, une dignité de vie trop rares, hélas ! parmi nous.

« Puisse l'hommage trop sincère que l'Éclair me permet de lui adresser, adoucir les déceptions et les amertumes de l'abandon

immérité dans lequel , depuis quelques années, a été laissé M. Goblet.

Voilà fidèlement reproduites et à titre documentaire les déclarations qu'a bien voulu nous faire l'ancien ministre qui fut, non le confident, mais le témoin des incidents de l'affaire Schnaebelé.

C'est encore à Y Éclair (1er août 1901) que nous empruntons l'article ci-après :

« Soit à la suite des propos prêtés au président Félix Faure, soit à la suite de la mort récente de Schnœbelé et de Hohenlohe, il a été longuement parlé des graves conséquences qu'eut l'incident de Pagny-sur- Moselle. Il n'est pas douteux que la guerre faillit" en sortir et qu'on ne dut qu'à d'énergiques et adroites négociations d'éviter la catastrophe que M. de Bismarck, redoutant

le réveil de l'esprit national en France avait songé à déchaîner.

« Le docteur Pichevin eut autrefois avec un personnage qu'il nous a nommé, mais qu'il ne nomme pas dans la lettre qu'il nous adresse, une conversation qui lui laissa une profonde impression et qu'il nota immédiatement sur son carnet.

« La version qu'il tenait tombait d'une bouche si autorisée, qu'en dépit de ce qu'elle avait d'inattendu quant au rôle direct et inconstitutionnel prêté à M. Grévy, il ne pouvait mettre en doute la parole de son interlocuteur, témoin du premier degré.

« Il nous demande de lui permettre de contribuer à l'éclaircissement de ce trait historique, en publiant la lettre ci-dessous, dont il est prêt à administrer la preuve si son interlocuteur ne s'y oppose point :

Page 1