‹ Propos de table de Victor Hugo, recueillisChapitre 21 sur 30 · PROPOS DR TABLE · texte numérisé non relu

PROPOS DR TABLE

saut l'rcipiHKjiicinoiit la cassi* et le séné pour ari'ivcr à faire nommer des candidats extraordinaires.

^'ictol' Hugo raconte volontiers les difficultés et les obstacles que sa nomination rencontra. Ce qu'on ne sait pas assez, c'est qu'il ne se fit candidat à l'Académie que pour arriver à la Cour des pairs, dont les portes ne pouvaient lui être ouvertes sans qu'il fit partie d'un corps spécial, rachetant son manque de fortune. Cela a l'air embrouillé et ridicule, mais c'est comme cela.

Du reste, le poète échoua contre Dupaty,en 183(», et s'en consola en disant :

a Je croyais qu'on allait à l'Académie par le pont des Arts; il paraît que c^est par le Pont- Neuf. »

Victor Hugo a conservé un souvenir grotesque des visites qu'il faisait à ces bustes qui le recevaient en robe de chambre et le regardaient comme un pestiféré. Quelques-uns ne craignaient pas de montrer ouvertement leur « répugnance » ; entre autres Baour-Lormian, à qui Théophile Gautier ne le pardonna pas.

En 1839, Victor Hugo fut battu par M. Mole; en 1840, par M. Flourens; en 1841, il passa tout juste, et le soir de son élection, la poste lui apporta ce quatrain, non affranchi, qui rappelait le retour des cendres de Napoléon :

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Pleins de gloire, en dôpit de cent rivaux perfides, Tous deux en même temps ils ont atteint le Ijut ; Lorsque Napoléon prend place aux Invalides, Victor Hugo peut bien entrer à l'Institut.

Est-CG à cause des obstacles qu'il avait rencontrés que le poète s^attacha au corps littéraire qui lui avait ouvert ses rangs? Ce qu'il y a de certain, c'est qu'il fut un académicien modèle. Il travailla au Dictionnaire avec succès. Il se plaisait à ces disputes de mots où il l'emportait presque toujours, et n''était pas fâché de faire « quinauds » ses confrères.

Cependant il se découragea un peu en voyant la sage lenteur avec laquelle les travaux du Dictionnaire s'accomplissaient. Il calcula qu''il ne faudrait pas moins de vingt à trente siècles pour qu'ils fussent conduits à bonne fin, et qu'à la rigueur la langue française pourrait avoir disparu à cette époque.

Son œuvre nous préservera de ce danger; nous croyons que la langue de Victor Hugo sufiira aux générations prochaines et leur permettra de se passer d'un dictionnaire officiel.

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