LISETTE
Prenez garde; vous allez être bien édifié ! Il vous diront en latin que votre fille est malade.
Lisette tient tête aux médecins comme elle a tenu lêle à son maître. Elle est de celles qu'on ne Hiit jamais laire.
Dorine a la langue encore mieux pendue. Elle est un des personnages principaux de la pièce de Tartuffe. Dès la première scène, elle se pose en adversaire de l'hypocrite ; elle le dénonce, le tourne en ridicule, dessine sa figure en traits de feu qui restent comme autant de brûlures et la marquent d'un fer rouge. On la rencontre partout ; elle revient sans cesse, et ses mordanles paroles résonnent avec l'accent moqueur qui les rend plus vengeresses.
Sans Dorine, la fourberie triompherait. Non contente de la prendre à partie, elle excite la résis-
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tance, conduit l'altaque, engage la bataille, el finalement remporle la victoire.
Tartuffe s'est emparé des esprits; il cache l'imposlure sous les dehors trompeurs de la dévotion. Tout le monde va fléchir devant lui. Alarianne ellemême, qui le déteste, va être vaincue et n'a plus la force de lutter contre la volonté paternelle. Mais Dorine est là qui surveille l'ennemi. Son rôle ne se termine que lorsque Tartuffe est arrêté et reçoit la punition méritée par sa perfidie. La raillerie fait place alors chez elle à l'allégresse. Ce ne sont plus des paroles acérées, des mots à l'emporte-pièce qui s'échappent de ses lèvres; c'est un cri de joie et de reconnaissance; c'est une action de grâces : Que le ck'l soit loué !
Son courageux dévouement et sa franchise éclatent dans la scène (I) où elle résiste à son maître, en face, et lui déclare que sa fille n'épousera pas Tartuffe.
UORIXE.
Viaimenl, je ne sais pas si c'est un hruit qui part De quelque conjoncture^ ou d'un coup de hasard; Mais de ce mariage on m'a dit la nouvelle, Et j'ai traité cela de pure bagatelle.
ORGOX.
Quoi donc! la chose esl-elle incroyable?
DORIXE.
A tel point (1) Acte II, se, n.