‹ Propos littérairesChapitre 69 sur 95 · CHAPITRE X. "iH · texte numérisé non relu

CHAPITRE X. "iH

V'eiiez par un cml)iasseiiiei)t Combler le doux plaisir que mon âme ressent.

L'écureuil, qui n'est pas dupe, lui répond :

Je meurs d'impatience De vous embrasser, mon cousin; Je descends, mais pour mieux lier la connaissance. Je veux vous présenter mon plus fidèle ami, Un parent qui prit soin de nourrir mon enfance. Il dort dans ce trou-là; frappez un peu. Je pense Que vous serez charmé de le connaître aussi.

Le renard, croyant trouver une victime, frappe l'arbre d'où sort le chien qui l'étrangle, et la morale, la voici :

Ceci prouve deux points : d'abord qu'il est utile

Dans la douce amitié de placer son bonheur,

Puis qu'avec de l'esprit il est toujours facile

Au piège qu'il nous tend de surprendre un trompeur.

L'imitation de la fable le Coq et le Renard est visible. Mais l'avantage reste encore à La Fontaine. Le vieux coq s'est bien gardé de répondre à l'invitation perfide du renard ; il l'a mis en fuite en lui signalant sur la route deux lévriers. 11 a ri dç sa peur et nous en a fait rire avec lui,

Car c'est double plaisir de tromper le trompeur.

L'écureuil ne nous a pas divertis par la mort du renard; le coq, au contraire, nous a égayés en jetant le ridicule sur un ennemi renommé par son astuce.

214 PROPOS LITTE «AIRES.

Celui qui a tendu tant de pièges ne nous touche pas par sa moii; mais il nous amuse par sa frayeur et sa crédulité, et nous aimons encore mieux le renard dupe que victime.

La fable le Lapin et la Sarcelle est une apologie de l'amitié qui rappelle, en restant bien au-dessous d'elle, la fable de la Fontaine : le Corbeau, la Gazelle, la Tortue et le Rat, dont Florian s'est évidemment inspiré. Il a su cependant orner son récit de gracieux détails, et le sujet répondait trop bien à la nature de ses senlimenls et de son esprit pour ne pas lui porter bonheur.

Ne poursuivons pas un parallèle qui ne serait ni juste ni généreux, et au lieu de juger Florian dans les fables oii il a été imitateur, voyons plutôt celles oii il a su garder son originalité, et où il est capable de plaire en restant lui-même.

Le Bœuf, le Cheval et l'Ane nous font assister à une dispute de préséance où trois hommes sont pris pour arbitres. Un maquignon. Normand, décerne le premier rang au cheval; un meunier se prononce en faveur de l'àne, et le troisième, un laboureur, accorde son suffrage au bœuf.

Quoi ! reprend le coursier écumnnt do colère, Votre avis n'est dicté que par votre intérêt! Eh ! mais, dit le Normand, par qui donc, s'il vous plail? N'est-ce pas le code ordinaire?

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