RODRIGUE
Mes pareils à deux fois ne se font pas connaître,
Et pour un coup d'essai veulent des coups de maître.
LE COMTE
Sais-tu bien qui je suis?
D. RODRIGLE.
Oui ; tout autre que moi
C H A P 1 T U E r R E M 1 1: Il . 11
Au seul bruit de Ion nom pourrait trembler d'effroi. Les palmes dont je \ois ta tète si couverte Semblent porter écrit le destin de ma perte. J'attaque en têméraiie un bras toujours vain([ueur, Mais j'aurai trop de force ayant assez de cœur. A qui venge son père il n'est rien d'impossible. Ton bras est invaincu, mais non pas invincible.
LE CO.MTE
Ce grand cœur qui parait aux discours que tu tiens Par tes yeux, cliatjue jour, se découvrait aux miens, Et, croyant voir en toi l'honneur de la Castillc, Mon âme avec plaisir te destinait ma fille. Je sais sa passion et suis ravi de voir Que tous tes mouvements cèdent à ton devoir; Qu'ils n'ont point affaibli celte ardeur magnanime; Que sa haute vertu répond à mon estime...
J'admire ton courage, et je plains ta jeunesse.
\e cherche point à faire un coup d'ess;ii fatal;
Dispense ma valeur d'un combat inégal ;
Trop peu d'honneur pour moi suivrait cette victoire :
A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire.
On te croirait toujours abattu sans effort.
Et j'aurais seulement le regret de ta mort.