‹ Propos rustiques: Baliverneries, Contes et discours d'Eutrapel [pseud.]Chapitre 3 sur 24 · DJSGOUAS SUR LA CORRUPTION DE NOTRE TEMPS · texte numérisé non relu

DJSGOUAS SUR LA CORRUPTION DE NOTRE TEMPS

Né en ce méchant siècle, en cette flge ferrée, Où nous voyons au ciel la vertu resserrée.

Sans que tant seulement l'ombre de ce beau corps A nous ombres, des dieux, paroisse ici dehors?

Encor qae ta maison soit le plus vrai modèle Que nous ayons çà-bas d*une maison très-belle. Et que par ce moyen tu dois bien être autant De ce sort malheureux qu'aucun homme contant ;

Si as-tu souhaité trouver une province Où comme dessus nous le vice ne fUt prince.

Où on ne donnât point aucune autorité, Sinon i la vertu, et i la vérité.

L'arabe d'usurier seroit lors pitoyable.

Le corsaire assassin auroit le cœur ployable , Le mécréant douteux à Dieu se rejoindroit, Et l'éloquent prêcheur feroit ce quil diroit.

Quant aux autres états, les hommes de justice Du profond de leur cœur banniroient l'avarice : Les nobles, pourchassant la réformation , Ne seroient tenaillés d'aucune ambition.

Les parjures marchands n'auroient en leur langage : Vous en paierez ceci ou cela davantage ; Il n'y auroit qu'un mot, comme il n'y a jamais Qu'une vérité seule, en tous nos dits et faits.

Il me souvient un jour que Bernard le prud'homme S'adressoit A Barbaye , aGn de savoir comme Provenoit ce désordre, attendu qu'autrefois Nous n'étions si méchants du temps du grand François.

Et qui plus l'étonnoit, qu'il y a tant d'offices Tant de nouveaux étals, tant de nouveaux supplices, Pour punir les méfaits qui n'étoienl en son temps. Qu'il falloit nos péchés estimer bien plus grands.

Et Barbaye, notre ami, lequel a la science De tous les bons auteurs, avec l'expérience, Jetoit tout sur les grands, comme sur ceux qui ont De leurs pauvres sujets le patron sur le front.

Et comment! disoit-il, le prélat qu'il faut suivre. C'est cetlui-là qu'on voit plus débordement vivre : Le noble magistrat, ordonné de là-haut.

C'est celui d'entre tous qui communément fault.

Réformons tool eels) et ifii'on iroié lé ptètfëi Exemple de honte ^ être tel qn'H doit être f Charitable^ ééibl^ hospitalier, el saint < Dieu sera irivftriieiit de nos âmes etiipréint;

Que le noble^ en après, doucement se èomporle^ Et que, pour la fa?eiir de l'épée qu'il porter Comme petit tyran ne mange son vassal ; C'est le second moyen posr triompher dd mal;

Ce noble, mon du Han^ comme prudent el safOi Sous un chêne sera juge de son village , Apaisant un chacun, punissant les excès, Et vidant leurs débals sans forme de procèSé

Adieu, si cela est, cette troupe pourprée^ Qu'on voit administrer la justice sacrée Dans les palais dorés. Adieu les avocats^ Les offices nouveaui et les nouveaux états.

Quoi donc! dira quelqu'un, que servira ton livre. Ton recueil des arrêts qu'il ne faudra plus suivre,' Quand ce beau temps viendra qu'on gardera la foi^ Et le noble sera de ses sujets la loi?

Ce sera un tableau où l'on verra portraito, Tandis que nous vivrons, la faule qu'on a faite. Cependant, si ton âge A le voir ne suffit, Prends ce livre toujours , et en fais ton profil*

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