RES
lation était assez lente pour que le mouvement de rotation de la Terre fût rendu sensible, par le: marques tracées sur le sable, à chaque retour di pendule vers le point de départ, de sorte que le: spectateurs de cette magnifique expérience voy aient littéralement tourner la Terre.
Foucault a effectué la même démonstratior au moyen du syroscope, c'est-à-dire un tore ou ur anneau très lourd tournant rapidement sur lui même et dou: le plan, fixe dans l'espace, paraî! dévier par rapport aux objets extérieurs.
Depuis ce temps, le gyroscope a été l'objet de nombreuses applications pratiques : en par. ticulier on l'emploie comme boussole dans les sous-marins et pour atténuer dans les navires: les mouvements de roulis.
On doit encore à Foucault un photomètre qui porte son nom et des perfectionnements très importants dans la construction des grands télescopes. On sait que, dans ces instruments, l’objectif à réfraction des lunettes astronomiques est remplacé par un miroir. Les miroirs de tous les télescopes, formés d'un alliage métallique bien
poli, avaient le grave inconvénient d’être lourd:
ouvement
ble, par les retour du te que les
ience voy-
onstration
tore ou un
it sur lui-
ce, paraît
té l'objet en pardans les
es navires
mètre qui s très imnds télesents, l’obniques est le tous les ique bien
tre lourds
SCIENCES PHYSIQUES AU XIXe SIÈCLE NN A =
et difficiles à tailler et à polir, ce qui limitait beaucoup leur emploi, surtout pour les grands instrauments. Le métal poli, d'autre part, s'oxydait rapidement à l'air humide et il fallait, pour le remettre en état, recommencer le long et dispendieux travail du polissage et du tracé de la courbure.
Ces défauts des télescopes, qui leur faisaient préferer les lunettes, furent Supprimés en grande partie par la substitution, imaginée par Foucault, des miroirs en verre argenté aux miroirs métalliques. Foucault, en effet. eut l'idée de déposer une mince couche d'argent, douée d'un grand pouvoir réflecteur, sur un bloc de verre préalablemert taillé suivant une courbure spéciale obtenue par sa méthode dite des retonchex locales, dans le but de faire disparaître l'aberration de sphéricité. Ces nouveaux miroirs, plus légers, plus faciles à construire et moins dispendieux que les miroirs inétalliques, ont en plus l'avantage de pouvoir être réparés sans difficultés loisque la couche d'argent vient à se ternir : il suffit de !a dissoudre dans l’acide azotique et de la remplacer
räpllement et «ns trop de frais par une autre.
Ces perfectionnements opérés par Foucault permirent la construction de télescopes de grandes dimensions, et tous les instruments modernes, en particulier celui que le gouvernement canadien a fait installer dans la Colombie britannique, sont munis de miroirs de ce genre.
Ajoutons que, pour reconnaître l'importance des études de Foucau't sur les courants tourbillons qui se développent dans les masses métalliques conductrices se déplaçant dans un champ magnétique intense, les physiciens ont donné à ces courants le nom de courants de Foucault. Ce dernier les a mis en évidence d’une manière frappante dans sa belle expérience du frein magnétique, et les constructeurs savent combien il faut en tenir compte dans les machines d’induction.
Fizeau, de son côté, se distinque dans l’histoire des sciences par d'importants travaux en électricité et surtout en optique.
En électricité, on doit à Fizeau un perfectionnement des bobines d’induction par l'addition d’un condensateur monté en dérivation sur l’interrupteur, et qui a pour effet, en absorbant l’étincelle de self-induction, d'augmenter la rapidité de
Foucault e grandes ernes, en canadien
annique,
portance urbillons talliques mp mané à ces ult. Ce ère frapgnétique, faut en ion.
l’histoire
| électri-
ctionncon d’un nterrupétincelle dité de
SCIENCES PHYSIQUES AU XIXe SIÈCLE 313
DR Ne l'interruption du Courant primaire et d'élever considérablement la tension de l’étincelle aux bornes du secondaire.
En optique, Fizeau a signalé une application aussi importante qu’inattendue du spectroscope à l'étude du mouvement des étoiles, en modifiant le principe de Doppler relatif au déplacement des Corps sonores, modification connue dans la science sous le nom de principe Doppler-Fizeau. Sans entrer dans des détails dont l'intelligence suppose des études assez étendues d’optique, disons simplement que la méthode de Fizeau permet, en mesurant le déplacement des raies brillantes des spectres stellaires, de déterminer les mouvements d’approchement et d’éloignement d’une étoile, et, par suite, de reconnaître l'orbite qu’elle trace autour d’un astre central dont l'existence se trouve par là-même découverte.
Enfin, Fizeau est l’auteur d’une méthode très ingénieuse Pour mesurer la vitesse de la lumière. Cette vitesse est tellement grande que la plupart des anciens, et Descartes lui-même, ont toujours cru que la lumière se transmettait instantanément.
Sans recourir aux “spaces astronomiques, comme
l’avait fait le dunois Rœmer au moyen des éclipses des satellites de Jupiter, Fizeuu, en 1849, réussit, avec uñ système de roues dentées, à mesurer le temps pris par la lumière pour franchir deux fois la distance qui sépare Suresnes de Montmartre, soit environ 813 kilomètres. Les expériences de Fizeau ont été reprises par Cornu en 1874, et Foucault, en 1862, était arrivé à peu près aux mêmes résultats, sans sortir de son laboratoire, avec la méthode du miroir tournant. De toutes ces mesures, on admet, pour la vitesse de la lumière, 300,000 kilomètres ou environ 62,000 lieues par
seconde, soit 8 fois le tour de la Terre.
Nous ne pouvons nous dispenser de dire quelques mots d'un illustre savant français dont l’œuvre, d'un caractère tout particulier, est peut-être unique dans l’histoire des sciences.
Victor Regnault ne s'est distingué par aucune découverte éclatante, il n'a attaché son nom à aucune loi physique. Critique défiant, esprit
ingénieux, il consacra sa vie de savant à contrôler
in Lier ET
»s éclipses ), réussit, iesurer le deux fois ntmartre, iences de 1874, et près aux oratoire, Je toutes lumière,
eues par
ire quelont l’œu-
peut-être
* aucune 1 nom à , esprit ontrôler
les travaux de ses devanciers. Ennemi des approximations et «es à peu près, i! apporte dans la disposition des appareils qu'il invente, dans les méthodes expérimentales qu'il imagine, une précision qui n’a jamais été égalée. Il devine toutes les causes d’erreur et il les évite avec une remarquable ingéniosité. “Regnault, écrit J.-B. Dumas, pose en principe que le résultat de toute expérience doit se dégager net et clair. Il fait usage de mécanismes compliqués, c’est vrai : mais, si l'appareil est complexe, le phénomène à observer est simple. Dans l’art d’expérimenter, en fait de corrections, il ne reconnaît qu'un procédé, c'est celui qui n’en exige pas.”
Regnault est le prince de l'expérimentation»
le roi de la précision. S'il dresse des tables de poids spécifiques ou de tensions de vapeur, ie résultat est définitif, et personne ne songera à le corriger.
C’est ainsi qu'après de longues et irréprochables expériences de laboratoire, il fait voir que la loi de Dulong et Petit sur les chaleurs spécifiques des atomes, que la loi de Mariotte sur la compressibi-
lité des gaz, que la loi de Gay-Lussac sur leur dila-
tabilité ne sont exactes que pour des gaz pa, faits et ne s'appliquent pas rigoureusement aux condi tions actuelles de la matière.
C'est aussi grâce à l'observation de faits préci: et par l'analyse scrupuleuse des phénomènes, qu'i rerfectionne la thermomét-ie et l'hygrométrie “a méthode pour la détermination des poids spéci. fques des gaz par rapport à l’air, dite méthode de Regnault, est restée classique et elle est un modèle d’ingéniosité par la suppression de toutes les causes d’erreur.
Mais ses études les plus ituportantes sont celles «qu’il a faites sur la machine à vapeur. L'on sait combien le commerce, l'agriculture, l’armée, la marine, les moyens de transport, le travail national sont intéressés au bon fonctionnement et au rendement intensif de cette machine, et combien il importe de lui faire donner, grâce à la meilleure utilisation du combustible, le maximum d'effet
utile avec le minimum de dépenses.
Les pouvoirs publics ne pouvaient se désinté-
resser de la solution d’un pareil problème, et Re-
SCIENCES PHYSIQUES AU XIXe SIÈCLE 317
2 paifaits, gnault fut chargé de déterminer * les principales
aux condi-
lois et les données numériques qui entrent dans le 1
calcul des machines à vapeur ”. .
Avec un patience admirable et une précision
faits précis
sans exemple, il mesure la force élastique de la
ènes, qu'il
vapeur d'eau depuis 34° au-dessous de zéro,
grométrie.
quand la glace fournit la vapeur, jusqu'à 230°
oids spécite méthode
‘st un mo-
au-dessus, puis la chaleur spécifique de l'eau liqui-
de depuis zéro jusqu'à près de 200° et, enfin, la
chaleur totale nécessaire pour réduire l'eau en
toutes les
vapeur sous des pressions variées. Les résultats
de ce travail gigantesque couvrent un volume des |
ont celles Mémoires de l’Académie des Sciences et consti- \ )
L'on sait tuent des tables numériques d’un prix inestimable
armée, la où les ingénieurs trouvent les bases fondamentales
rail natio- pour tous les calculs nécessaires aux machines à ;
ent et au vapeur.
combien Il sera donc vrai de dire que l'œuvre de Re- i meilleure gnault, tant au point de vue pratique que de la
m d'effet science pure, a été d'une fécondité et d'une origina-
lité qui lui assurent l'admiration et la reconnais-
sance de l’humanité.
> désintée, et Re-
PROPOS SCIENTI FIQUES
L'un des appareils les plus intéressants et
plus populaires dans les cours de physique est s
con'redit la bobine d'induction, véritable transf
mateur «d'énergie électrique par lequel, avec
Courant primaire de grande intensité, mais
faible tension, comme celui d'une pile, on obtie:
aux bornes du secondaire, des étincelles de hau
tension comparables à celles des grandes machin
statiques. Pendant longtemps, la bobine d'i duction est restée un appareil de laboratoire et
simple curiosité scientifique. Mais dans la sui
et surtout de nos jours, elle a pris une importan
exceptionnelle à cause de son emploi constant e
spectroscopie, pour la production des rayons X € surtout comme organe très employé des poste transmetteurs de télégraphie sans fil.
Aussi sa construction a été grandement per
fectionnée, ses dimensions et sa Puissance se son
accrues dans de larges limites et elle est devenue
une des machines les plus répandues et les plu:
indispensables de la science électrique moderne.
Il n’est donc pas sans intérêt de faire connaître noms des deux physiciens français qui l'ont
inventée, Masson et Breguet, et celui de l'habile
les
sants et des que est sans ble transforel, avec un té, mais de , on obtient, les de haute es machines obine d'inatoire et de ans la suite importance onstant en ayons X et
des postes
ment perice se sont st devenue et les plus 1oderne.
connaître qui l'ont
e l'habile
SCIENCES PHYSIQUES AU XIXe SIÈCLE 319
constructeur parisien Ruhmkorff qui l'a perfec-
tionnée et popularisée, au point qu'elle est ordi-
nairement connue sous le nom de bobine de Ruhmkorf.
Mais rien n'égale, en importance pratique, l'in vention des machines génératrices de courants électriques, appelées communément machines magnélo et dynamo-électriques. our trouver un pareil mouvement industriel, dont elles sont la source, mouvement qui conduit à une véritable transformation des systèmes d'éclairage, des procédés métallurgiques, des moyens de locomotions et à la réalisation du transport de la force motrice à distance, il faut remonter jusqu'à l'invention de la machine à vapeur.
Ce sont les machines dynamo-électriques qui
ont suppléé à l'insuffisance des piles pour la production des courants puissants et économiques que demande l'industrie ; ce sont les dynamos qui transforment la chaleur du charbon des machines à vapeur et surtout la puissance mécanique des chutes d’eau en énergie électrique, laquelle à son tour se transforme en lumière dans les lampes à
arc ou à incandescence, en énergie chimique dans
les accumulateurs, en travail mécanique dans les
moteurs d'usine et les chemins de fer électriques.
| L'invention de nos machines modernes si parfaites, si nécessaires qu’il semble que nous ne pourrions plus nous en passer, ne s’est certes pas effec- | tuée d’un seul coup et, comme d'ailleurs la plupart | des inventions, elle est le résultat des travaux et des études d’un grand nombre de savants et d’in-
génieurs.
L'on doit rendre hommage au premier initiateur, le grand physicien anglais Faraday, puisque c’est lui qui découvrit, en 1839, le phénomène capital de l’induction électrique et électromagnétique qui sert de fondement à toutes les machines employées dans l'industrie. Mais pour appliquer un principe de physique à des machines industriel. les, il fallait passer par une longue et difficile série de phases successives, avant d'arriver au type
définitif qui contient la solution du problème.
De premiers essais furent faits par Pixii en France et par Clarke en Angleterre ; divers per-
fectionnements furent apportés ici et là, mais rien
e dans les
lectriques.
es si pars ne pourpas effecla plupart ravaux et ts et d’in-
er initia- , puisque mène Ccamagnétimachines ippliquer dustrielcile série au type me.
Pixii en rers per-
nais rien
SCIENCES PHYSIQUES AU XIXe SIÈCLE 321 SR M ne
‘encore ne permettait d'appliquer sur une grande échelle le principe de l'induction à la production
de courants vraiment industriels.
C’est en 1869, date qui fait époque dans l'his- ‘toire des progrès de l'électricité, que l'ingénieur français Gramme construisit la première magnéto pratique à courants redressés, c’est-à-dire à courants continus. L'originalité de cette machine consiste, en premier lieu, dans l'anneau Gramme, dispositif extrêmement ingénieux que l'on retrouve, plus ou moins modifié, à peu près partout, puis dans le collecteur de courant, qui permet, avec
l'anneau, de redresser les courants alternatifs, et
enfin dans la disposition du champ magnétique
inducteur, adoptée dans toutes les machines que l’on a construites dans la suite, et par laquelle, point capital de l'invention, on obtient des courants d’intensité considérable avec des machines
de poids et de volumes restreints.
Telle est l'importance de l'invention de Gramme que, malgré les perfectionnements et les modifications que l’on constate dansles machines employées
de nos jours, ‘ rien d’essentiel n’a été changé ”.
La machine magnéto, à aimant permanent, encore très en usage aujourd’hui, en particu Pour produire l’étincelle d'allumage du méla détonant dans les moteurs d'automobiles et d’ roplanes.
Pour l'obtention de Courants plus intenses, ; cessaires à une foule d'applications de l’électrici comme l'éclairage, le transport de la force motri les magnétos ont cédé le pas aux dynamos. da lesquelles le champ magnétique inducteur € produit par un électro-aimant, c’est-à-dire : noyau de fer aimanté Par un courant. Mais da ces nouvelles machines, de beaucoup supérieur aux précédentes, on retrouve encore le disposit de Gramme, et, reémarquons-le en passant, l’éle. tro-a'mant d'Ampère et d’Arago.
L'emploi des dynamos serait forcément re treint si ces machines ne pouvaient utiliser leu Courant que dans le voisinage de leur installation Serait-il possible, d’une part, de faire agir un cou rant, par exemple pour allumer des lampes élec triques, à une longue distance, à l'extrémité d'une grande longueur de fils conducteurs, et, d'autre
part, ce courant pourrait-il être employé à faire
rmanent, est n particulier du mélange biles et d’aé-
intenses, nél'électricité.
rce motrice, amos, dans ducteur est t-à-dire un
Mais dans supérieures le dispositif
sant, l’élec-
ément restiliser leur nstallation.
gir un coumpes élecmité d’une t, d'autre
yé à faire
SCIENCES PHYSIQUES AU XIXe SIÈCLE 323
me me
tourner un moteur qui transformerait, dès lors,
l'énergie électrique en énergie mécanique? De cette façon, on transporterait à distance, sur les ailes d'un courant, les forces hydrauliques des chutes d’eau qui se perdent autrement, à cause de leur éloignement des centres industriels.
11 semble que ce double résultat, serait-on tenté de dire avec la croyance populaire, est trop beau, trop grandiose pour qu'on puisse en espérer la réalisation. Mais il n'en est rien, et le problème, de la plus haute importance industrielle, tant au point de vue électrotechnique qu’au point de vue financier, a trouvé une solution inattendue et des plus élégantes dans l'invention des transformateurs et la découverte du principe de la rérersibilité des dynamos.
Sans insister sur certaines considérations théoriques, assez difficiles à saisir, nous dirons simplement que, à raison des pertes de courant le long de la ligne sous forme de chaleur, et à raison, de plus, du coût prohibitif de l'installation, si l'on utilisait les courants continus à basse tension, il y à avantage et il est nécessaire, pour effectuer écono-
miquement le transport d’une grande quantité
D Een ERP d'énergie électrique à de grandes distances, d’employer des courants alternatifs à haut voltage.
Mais ces courants à haut potentiel, — on dépasse de nos jours 100,000 volts, — présentent de tels dangers d'accidents mortels qu'on ne peut songer à les utiliser sous cette forme, soit pour l'éclairage, soit pour les autres applications de l’électricité. Il fallait donc transformer ces courants et abaisser le voltage à une valeur moyenne permise pour les usages ordinaires.
Les appareils qi'i réalisent cette transformation si nécessaire e* «ui marquent un progrès décisif dans la transmission à distance d’une grande puissance électrique, s’appellent des transformateurs, et l’on on doit l’invention, en 1884, à un ingénieur... français, Gaulard. Les transformateurs se composent essentiellement de deux enroulements de longueur et de section différentes disposés sur un noyau de fer de forme particulière. Si l’on ’ance le courant alternatif à haut voltage dans le premier circuit à fil long et fin, il développe par induction, sans aucune surveillance et sans aucune pièce mobile, dans l’autre circuit isolé à fil gros et court, un courant dont le voltage pourra être gradué sui-
, d’emtage.
on détent de e peut t pour ons de es cou-
pyenne
mation décisif > puisateurs, nieur.
> cOmMnts de sur un ‘ance remier iction,
pièce court,
lé sui-
SC-ENCES PHYSIQUI AU XIXe SIÈCLE 325 Le vant les dimensions du circuit. C'est à partir de l'invention de Gaulard que les applications les plus importantes de l'électricité se sont multipliées dans des proportions merveilleuses et que la dis-
tribution de l'énergie électrique a pu se faire assez
économiquement pour devenir industrielle.
L'autre partie du problème, à savoir le transport de la force motrice à distance, a trouvé sa solution dans les moteurs électriques qui découlent naturellement du principe de la réversibilité des dynamos, constaté pour la première fois, en 1873, par un ingénieur... encore français, Hippolyte Fontaine.
Ce principe consiste dans le fait qu’une dynamo peut fonctionner soit comme génératrice soit comme réceptrice ; dans le premier cas, elle engendre un courant électrique si on la fait tourner Par une puissance mécanique quelconque. Dans l’autre, elle se met à tourner si on fait circuler un courant dans son armature mobile. Elle constitue alors un moteur électrique qui devient une source de travail mécanique. Le transport de la force motrice se trouve donc réalisé par ce fait qu’une génératrice, installée près d’une chute
d'eau, peut faire tourner, par le courant qu'elle débite, une ou plusieurs réceptrices à l'extrémité
d'une longue ligne.
L'idée de ce transport est née naturellement du principe de la réversibilité, et les premiers essais, qui eurent un grand retentissement en 1882-83, furent exécutés par un physicien... toujours franais. Marcel Deprez, déjà célèbre par un grand
nombre de travaux scientifiques de haute valeur.
Si donc, Mesdames et Messieurs, les puissances hydrauliques des Sépt-Chutes. des chutes Montmorency, du Saint-Maurice, à Shawinigan, à près de 100 milles de Québec, sont transportées dans notre ville où elles produisent la lumière qui inonde nos rues et nos habitations, si ces mêmes forces hydrauliques font circuler les tramways dans les rues et tourner les moteurs dans les usines où ils font une sérieuse concurrence à la vapeur, on doit un pareil résultat économique et industriel, en grande partie, à quatre savants français, Gramme, Gau-
lard, Hippolyte Fontaine et Marcel Deprez !
nt qu'elle
‘extrémité
ement du rs essais,
1882-83, ours franin grand
e valeur.
uissances s Montn, à près ées dans ii inonde orces hyles rues ils font doit un grande
e, Gau-
Toute le monde connaît l'importance acquise de nos jours par ces tranformateurs d'énergie électrique que l'on appelle des accumulateurs. Ce sont, au point de vue technique, des piles secondaires dans lesquelles on emmagasine de grandes quantités d'énergie électrique par l'altération chimique d'électrodes particulières. Dès l'année 1801, un physicien français Cautherot avait remarqué qu’un voltamètre, dans lequel on avait décomposé de l'eau par un courant, devenait la source d'un autre courant, appelé courant secondaire, et de sens contraire au premier, Pendant longtemps. on chercha surtout à combattre l'action de ce courant, notamment dans les piles.
En 1859, un physicien français Gaston Planté eut l'intuition géniale qu'il fallait plutôt chercher à utiliser et à développer ce courant, et, doué d'un grand esprit de recherche, démontra que l’altération était beaucoup plus profonde sur des lames de plomb que sur les électrodes de platine employées dans les voltamètres : il imagina tout de suite l'appareil pratique par lequel un courant de charge,
après avoir circulé un certain temps dans son
intérieur, est restitué à la décharge, et cela par l'in-
er,
328 PROPOS SCIENTIFIQUES QE termédiaire d’actions chimiques complexes s
des lames de plomb immergées dans de l’eau acid lée.
ES ee mn el
te Dr ST Te
mt pes
gs SD +
L'accumulateur était inventé !
Depuis 1859, il a naturellement subi de non
breuses améliorations et divers perfectionnement
PRES tee Entente
on
On lui reprochait, au début, d'exiger des manipi lations longues et coûteuses, parce que, pour aus menter la surface active des plaques, il fallai les soumettre à des séries de charges et décharge successives : c’est ce que l’on appelle la formatio: naturelle de l’accumulateur.
En 1880, un physicien français Camille Faur leva la difficulté en fixant sur les plaques la ma. tière active toute préparée sous forme de pastilles d'oxyde de plomb, et l'accumulateur, dès lors, se forme par un seul Passage du courant : c'est
ce qu’on a appelé le formation artificielle.
Les deux systèmes Planté et Faure sont encore employés de nos jours : ils ont chacun leurs avani tages et leurs défauts, suivant le service qu'ils
sont appelés à donner.
nplexes sur
l'eau acidu-
bi de nomonnements, es manipu- + pour aug- , il fallait décharges
à formation
rille Faure 1es la male pastilles
dès lors,
nt: c'est
nt encore
urs avan-
ice qu'ils
SCIENCES PHYSIQUES AU XIXe SIÈCLE 329 A TE RE
On comprendra toute l'importance de l’invention des accumulateurs si l'on jette un coup d'œil sur les nombreuses applications auxquelles ils donnent lieu.
Dans les usines génératrices d'énergie électrique, les batteries d’accumulateurs jouent le rôle de volant, en ce sens qu'elles régularisent la distribution du courant des dynamos et le suppléent quelquefois complètement ;: elles sont même indispensables dans le cas des services de moindre importance.
Les ac-umulateurs sont précieux par le fait que, sous la forme de modèles transportables, ils servent à faire mouvoir un grand nombre d'appareils, tels que tours, ventilateurs, instruments médicaux, et sont employés de plus pour la production des rayons X, les courants de grande fréquence, et pour alimenter les bobines des postes de télégraphie sans fil.
Ajoutons qu'ils servent aussi dans les automobiles où ils fournissent le courant pour l’étincelle d'allumage, pour le démarreur automatique et pour l'éclairage.
330 PROPOS SCIENTIFIQUES a ET
Pour ne pas trop nous écarter de l'ordre chronologique, quittons pour un moment le domaine de l'électricité et arrétons-nous quelques instants sur une personnalité éminente de la science française, le grand astronome Janssen, en même temps grand philosophe et écrivain de haute valeur.
Fondateur et directeur pendant plus de 30 ans de l'Observatoire de Meudon, l’un des mieux outillés de l’Europe, fondateur également d'un autre observatoire au Mont-Blanc sur le glacier le plus élevé du continent européen, Janssen consacre sa vie à l'astronomie physique dont il est l'un des créateurs, et en particulier à l'analyse spectrale du Soleil. C'est dans ces deux établissements, munis par ses soins des plus puissants instruments et des laboratoires les plus complets, qu'il relève en France les études de spectroscopie solaire pendant longtemps négligées et qu’il apporte à l’astro-physique, en particulier par les belles photographies de lu surface du Soleil, une contribution qui lui assure une place éminente parmi les
grands astronomes.
re chrolomaine instants ce fran- | même
>» haute
: 30 ans mieux nt d’un glacier jen cont il est analyse ablisserissants mplets, oscopie |appors belles contri-
rmi les
SCIENCES PHYSIQUES AU XIXe SIÈCLE 331
L'analyse spectacle venait à peine d’être inven-
tée, en 1860, que Janssen, l’un des premiers en France, pressent tout l’avenir réservé à la nouvelle méthode pour l’étude physique des astres.
Par des expériences célèbres exécutées en Italie, dans les Alpes et surtout sur le lac de Genève, en 1866, il démontre que les raies telluriques du spectre solaire doivent être attribuées à la vapeur d’eau de l’atmosphère terrestre, et réussit également à prouver l’existence de cette même vapeur dans l’atmosphère de Mars.
Mais, suivant ces belles paroles que l’astronome Radau prononçu le jour de ses funérailles :
“* Janssen a été, sans conteste, le premier mortel qui eût réussi à écarter le voile sous lequel se cachent les phénomènes du Soleil.”
En effet, avant Janssen, il était impossible d'étudier en dehors des éclipses totales les protubérances solaires, c’est-à-dire ces éruptions J’hydrogène enflammé qui s'échappent de l’a‘tre radieux et débordent tout autour du disque obscur de la Lune, lorsqu'elle vient se placer devant le Soleil. Janssen, alors qu'il était aux Indes pour
observer l’éclipse totale du mois d’aoû 1868,
imagina une méthode qui permet d'étudier, av le spectroscope, les protubérances solaires « dehors des éclipses. La méthode fut immédiat ment appliquée avec plein succès le lendemain «
les jours suivants, et elle devint le point de dépai
ane a ZE Se ee =
RC SE SEM
RE ne en :
de la création d'observatoires nouveaux d'astr nomie physique dont celui de Meudon est l’un de
b'is perfectionnés.
FE, (0 (j fi | J
Il n'était donc pas hors de propos, dans cett rapide revue de l’histoire des sciences physique au XIXe siècle, de rendre hommage à cette nobl figure de Janssen, l’une des gloires les plus pures de
la science française contemporaine.
Nous avons dit, dans notre première conférence. la part glorieuse prise par la France au XVIIe siècle et au XVIIIe siècle dans les mesures géodésiques, à tel point que l'on peut considérer la géodésie comme une science de création essentiellement française. Mais la France, qui avait été l’inspiratrice et l'initiatrice des géodésies étrangères. avait vu son zèle se ralentir au commencement du XIXe siècle et s'était laissée devancer
par les autres nations.
SCIENCES PHYSIQUES AU XIXe SIÈCLE 339
tudier, avec Il était réservé à un savant français, le général
Perrier, de rendre à la France le rang qui lui con-
solaires en immédiatendemain et t de départ
ux d'astro-
vient, c’est-à-dire le premier.
Frappé de l'infériorité des instruments et des
méthodes françaises, lors d'une mission relative
au rattachement trigonométrique des côtes nord
est l’un des
de la France à celles d'Angleterre, Perrier, encore
jeune officier, conçoit la noble ambition de res-
taurer la géodésie en France.
dans cette
physiques ‘ette noble
Après les premiers travaux de triangulation et
de nivellement en Corse, Perrier se révèle éminent
1s pures de
véodésien en Algérie, où il mesure en arc de 10°
en longitude avec un système de vérification et de |
contrôle vraiment remarquable. Il obtient ensui- |
onférence, !
au XVIIe te, avec la collaboration de Locroy et Stéphan, les À sures géo- différences de longitude entre Paris. Marseille et |
sidérer la Alger ; mais ce qui popularisa son nom et fit
À de Perrier un maître, c'est le travail capital. qu'il |
ssentielle-
avait été entreprit et mena à bonne fin de reviser la méri- )
dienne de France et de résoudre le problème posé
es étran-
)mmence- depuis le commencement du siècle, à savoir la
jonction trigonométrique de l'Espagne et de
devancer
l'Algérie.
Dans l'exécution de cette vaste entreprise, Perrier déploie un zèle admirable ; il applique les méthodes les plus efficaces, il en crée lui-même de nouvelles, et. avec l'aide d'artistes c: :tructeurs tels que Brunner et Breguet, il transforme les instruments d'observation, et s’entoure d'assistants qui, d’abord ses élèves, deviendront ensuite ses continuateurs autorisés. Le succès le plus complet couronne ses efforts et le résultat, dont l'importance n'échappe à personne, est la mesure d’un arc de méridien qui s'étend des Iles Shetland, au nord de l’Écosse, jusqu’à Laghouat, au désert du Sahara, soit près du tiers de l'arc qui joint le pôle à l'équateur.
Perrier, pour assurer à la France des successeurs de son œuvre, fonda l’observatoire-école de Montsouris, où les officiers pourraient s'initier aux observations astronomiques. Il ne s’est donc pas contenté de replacer la géodésie française au premier rang, il lui a assuré également les moyens de le garder, C’est ainsi que, dans ces dernières années, l’arc de Quito, dans la république de
:pplique 1i-même "ucteurs rme les d'assisensuite le plus t. dont mesure etland,
i joint
esseurs Mont- IX obnc pas u pre- 1oyens nières
ue de
l'Équateur, a été mesuré par les officiers du ser-
vice géodésique français, sous la direction de
l'Académie des Sciences.
Nous avons déjà vu que l'aéronautique, science française à tous égards, était née des travaux et découvertes de Montgolfier, Charles et Robert, à la fin du XVIIIe siècle. Mais les études sur cette passionnante question subirent un temps d’arrêt considérable et ne furent repr'xes qu’un demi-siècle après les célèbres ascensions de Biot et de Gay-Lussac.
Jetons un coup d’æœil rapide sur cette deuxième phase de la navigation aérienne, phase glorieuse où la France brille d’un vif éclat et qui aboutit, sous nos regards étonnés et ravis, à la conquête de l’air.
J1 ne s’agit plus des ballons sphériques, libres, abandonnés aux caprices des vents : on aborde franchement le problème de la direction. Le premier qui eut la gloire de construire et de faire
évoluer dans les airs un ballon susceptible de
direction est le fameux ingénieur français Giffa: Connu aussi dans la science par l'invention l'injecteur Giffard, encore employé aujourd’h pour l'alimentation des chaudières des machin à vapeur. En 1852 et 1855, il imagina un ball fusiforme muni d’un gouvernail de direction et déplaçant à la volonté du pilote au moyen d'ur hélice à trois branches mue par une petite machir à vapeur.
En 1872, une autre tentative est faite par l’i lustre ingénieur Dupuy de Lôme, l'inventeur, re marquons-le en passant, des navires de querr cuirassés.
En 1883, les frères Tissandier, avec un ballor allongé, mû par un moteur électrique, peuven tenir tête à un vent assez violent et même navigue vent debout, dans une deuxième expérience.
Mais ce fui en 1884 que la possibilité de la navigation aérienne fut triomphalement démontrée par le colonel Renard et son collaborateur le capitaine Xrebs.
Par ses études théoriques et pratiques sur les conditions auxquelles doivent satisfaire les diri-
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l'expérience mémorable du 6 octobre 1884 dans laquelle le ballon La France parcourut un circuit déterminé d’avance et revint au point de départ, le colonel Renard doit être à juste titre regardé come le créateur de la navigation aérienne au moyen de dirigeables.
Mais à tous ces ballons, pour obtenir une vitesse propre, capable de résister à presque tous les vents, il manquait quelque chose d’essentiel : un moteur à la fois puissant et léger. On le trouva bientôt dans le moteur à explosions, appelé aussi moteur à gazoline qui, sous le minimum de poids, développe le maximum de puissance inécanique.
C’est à partir de cette découverte capitale que les progrès de la navigation aérienne se multiplièrent avec les quatorze “ Santos Dumont ”’, les dirigeables du comte de la Vaulx, de Deutsch de la Meurthe et de beaucoup d’autres.
Les derniers perfectionnements, qui contiennent en quelque sorte la solution décisive du problème, eurent lieu en 1905, c’est-à-dire au delà des limites du XIXe siècle. Contentons-nous donc de inen-
tionner le Lebaudy et Patrie, les deux dirigeables