‹ Propos scientifiques [microforme]Chapitre 24 sur 24 · LS · texte numérisé non relu

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géodésie, cosmogonie, astronomie, philosophie des sciences, et, à l’Université de Paris, il occupe successivement, dans une période de trente ans, les chaires de mécanique, de physique mathématique et de calcul des probabilités, d'astronomie mathématique et de mécanique célests. Ses -cours de mécanique, de cinématique et de physiue mathématique furent publiés, avec son autorisation, par l'Association amicale des élèves et des anciens élèves de la Faculté des Sciences. et ils forment seize volumes qui, pourtant, ne comprennent que la première partie de son enseignement.

Il est professeur à la Faculté des Sciences à 27 ans, et membre de l’Académie des Sciences à 33 ans, en 1887 : il fait bientôt partie de toutes les académies du monde entier, qui s’honorent et se font gloire d'inscrire le nom de Poincaré sur la liste de leurs membres. En 1889, âgé de 35 ans, il gagne la grande médaille d’or offerte par le roi de Suède Oscar II, au vainqueur du concours international de mathématiques.

Il devient membre de toutes les associations suvantes de la France : Bureau des Longitudes,

Conseil des Observatoires, Observatoire de Paris,

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SCIENCES PHYSIQUES AU XIXe SIÈCLE 361 Société astronomique de France, et partout il est un maître, partout il étonne par la profondeur de sa pensée, et la puissance de son génie. Il est aussi membre de l’Académie française, et il se révèle fin littérateur autant que philosophe ex-

traordinaire.

Que pourrais-je ajouter de plus, Mesdames et Messieurs? (Comme disait Bigourdan, président du Bureau des Longitudes, le jour de ses funérail-

les, ‘* comment louer si rapidement et comme il le mérite celui dont la puissante intelligence a embrassé tant de sciences et remué tant d’idées ? ” Je ne puis qu’emprunter les paroles de Jules Claretie, parlant au nom de l’Académie française : “ Juger le savant serait une témérité singulière. Nous ne pouvons, célébrant sa gloire, que nous incliner devant le philosophe dont la pensée eut une action si féconde, si profonde sur les généra-

tions nouvelles.”

Disons encore, avec Darboux qu’il fut ‘ le plus grand géomètre de son temps ”’ et avec Painlevé qu’il fut le “ cerveau consultant de la science humaine.” Et ce même mathématicien Painlevé.

rappelant sa haute renommée qui avait pénétré toutes les classes, tous les milieux français, même les plus légers, ajoutait :

“Et que cet homme fût un des leurs, qu'il fût né en pleine terre lorraine, qu'il parlât leur langue, qu'il déployät, dans ses recherches si complexes et si difficiles, cette clarté, cette concision, cette imagination logique, lucide et simplificatrice qui sont les qualités maîtresses de notre race, c'était pour eux une raison de fierté et de réconfort. Noble patriotisme et légitime orgueil qui ne sauraient offusquer nul autre peuple ! Il n’est aucune nation qui ne nous ait envié Henri Poincaré,

il n'en est aucune qui ne s’inclinât avec respect devant la primauté de son génie.”

Que conclure, Mesdames et Messieurs. de ce rapide aperçu des sciences physiques francaises au XIXe siècle ?

Nous pouvons l’affirmer sans crainte : la part que la France a prise dans le développement des sciences, par les travaux de ses initiateurs, de ses semeurs d'idées et de ses inventeurs, est éminemment glorieuse et elle ne le cède en rien aux autres nations de l’univers. Et c’est un grand bonheur, pour nous Canadiens-français, qui sommes l’extension de la race française en Amérique, de le proclamer bien haut avec une légitime fierté.

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SCIENCES PHYSIQUES AU XIXE SIÈCLE 363 Mais noblesse oblige, et la France compte que nous ne bornerons pas notre patriotisme à de

vaines louanges, à de stériles admirations.

Bien que le fait puisse s'expliquer jusqu'à un certain point par les conditions particulières dans

lesquelles nous nous trouvons, l'on peut regretter [| #

que les sciences physiques ne soient pas cultivées

comme elles devraient l'être sur les rives du Saint- Laurent. Il est temps plus que jamais de nous mettre résolument à l'œuvre, et, à l'époque actuelle surtout où bien des préjugés s’écrou'ent et où se dissipe enfin le cauchemar 1e l'engouement germanique, il est de notre devoir et ce sera notre houneur de tourner nos regards vers‘ beau pays de France et de prendre pour guide uans nos travaux les admirables méthodes scientifiques françaises, plus conformes que toutes autres à notre mentalité, à noire caractère national. Et de cette façon, dans le domaine des sciences comme dans tous les autres, nous serons fidèles à la délicate et honorable mission que la Providence nous a confiée, de développer sur cette terre d'Amérique

Pix ce française !

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