‹ Propos sur les beautés du temps présentChapitre 33 sur 48 · PROPOS SUR LES RE M · texte numérisé non relu

PROPOS SUR LES RE M

veautés ; nous poussons à l'extrême du ridicule cette passion, cette frénésie de la nouveauté quand même, de la nouveauté au jour le jour... et nous pleurons d'attendrissement dès qu'il est question de mettre à bas quelques vieilles maisons que, pour rien au monde, d'ailleurs, nous ne voudrions habiter.

Ne soyons pas trop impatients. Nous vivons à une période de transition, nous nous cherchons encore; mais l'équilibre ne peut tarder à se rétablir. Dans l'ordre moral comme dans l'ordre matériel, les forces de désordre, de laideur, de mensonge, d'égoïsme et de haine ont assez longtemps triomphé; elles seront vaincues nécessairement, fatalement, parles forces d'ordre, de beauté, de vérité, de bonté et d'amour, et le décor de notre vie intime et publique sera renouvelé par elles.

Paris sera beau, alors, dune autre espèce de beauté, d'une beauté normale, logiqm et traditionnelle par quoi les palais, le! temples, les gares, les maisons de demain ne contrasteront plus avec les chefs-

d'œuvre de notre passé : Notre-Dame, la Colonnade du Louvre, les Palais de Gabriel...

En attendant, ne cessons de veiller aux faits et gestes des architectes et des chefs de voirie. Car, qu'un peintre peigne de mauvais tableaux n'importe, après tout, que relativement ! Le temps se charge d'en faire justice. Puis, le jour où le Louvre ne contiendrait plus que des toiles médiocres, il serait facile encore de n'en plus franchir le seuil. Il n'en va pas de même de l'architecture : si pitoyablement que l'on bâtisse de nos jours, les maisons de rapport et les « palais », grands ou petits, durent, et Ton est bien forcé, hélas ! d'en subir la vue.

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