‹ Propriétés optiques des liquides et leur application à l'analyseChapitre 19 sur 39 · méthylaniline. 55, 8 esprit de bois... 56, 2 alcool · texte numérisé non relu

méthylaniline. 55, 8 esprit de bois... 56, 2 alcool

moyenne... .55,4

{alcool. 160,83

(eau. 161,29

pour q^lOO.

Diilerences.

IkiNpcrMlun rotatoire.

BioUvaitcrii pouvoir conclure des mesures qu’il avait exécutées sur le quartz, que la rotation du plan de polarisation était inversement proportionnelle au carré de la longueur d’onde de la radiation employée (1).

Ses recherches ultérieures sur diverses substances le confirmèrent d’abord dans cette idée. Plus tard, il découvrit que l’acide tartrique exerce une dispersion tout à fait exceptionnelle (2).

(1) Mcm. de l’institut, 1819., (1), 218.

(2) Biot (Ànn. ehim. phys., (3) LIX, 232), dit qu’avec les solutions d'acide tartrique «les plans de polarisation les plus déviés apparïtiennent aux rayons verts, les moins déviés aux irayons violets; les «autres se répartissent entre ces deux-là, dans un ordre qui varie »avec le dosage. »

11 ajoute qu’aprôs l’addition de quelques millièmes d’acide borique, «la loi de dispersion des plans de polarisation qui est particulière à ïl’acide tartrique a disparu. Elle est remplacée par la loi générale. »

M. Arndtsen {loc. cil.) a repris les expériences de Biot, en rapportant la couleur aux principales raies du spectre, d’après la méthode do M. Broch. Il est arrivé aux conclusions suivantes : l’acide amorphe est dextrogyre pour les radiations les moins réfrangibies jusqu'à J?; lévogyre pour les radiations plus réfrangibles ; cette anomalie tend à s’effacer par la dissolution de l’acide dans une quantité croissante d’eau. Si e= 0,50, la solution estdexlrogyre pour toutes les'couleurs, mais la rotation augmente depuis le rouge jusqu’aux rayons elle diminue ensuite pour les rayons plus réfrangibles. Les mêmes singularités se retrouvent chez les solutions éthérées ou alcooliques de l’acide.

M. F.-W. Krecke {Àrch. néer.. Vil, 97) a établi que l’irrégularité propre à l’acide tartrique, de dévier davantage les rayons verts que les rayons plus et moins réfrangibles, disparaît avec l'élévation de la

Il s’aperçut aussi que le camphre, dissous dans l’alcool et dans l’acide acélique, disperse suivant un modetrès-notablement différent du quartz, du sucre et des huiles essentielles, mais sans indiquer la nature de ce mode de dispersion particulier (1).

Les expériences de Biot ne se référant pas aux raies fixes du spectre, mais aux couleurs définies par les expressions assez vagues de rouge, jaune, vert, etc., manquaient de précision et avaient besoin d’être reprises. Elles font été par M. Broch (2), par M. Wiedemann(3), par M. Arndtsen(4), parM. Cernez (5), par M. Krecke (6), etc.

température. Avec une solution à 50 "/o, le rayon dont le plan de polarisation est le plan dévié, situé d’abord entre D et E, est tout près de E îi 25“, et si loin vers le violet, à 50“ et à de plus liantes températures, qu’il tombe en dehors de la partie visible du spectre. [a]X* diminue du rouge au violet.

(1) M. Arndtsen {loc. cil) ayant déterminé pour les solutions alcooliques de camphre, à la température de 22°, 87, les constantes de la formule

[a] = A~- Be

pour les raies C, D, E, h, F, e, a montré que le pouvoir rotatoire du camphre augmente avec la réfrangibilité des rayons beaucoup plus vite que celui de la plupart des corps actifs. En elfet, la moyenne de quatre expériences a donné

tandis que pour le sucre et la plupart des substances actives

(2) Dov's reperl. Vit, 113; 1846.

(3) Pogg. Ann. LXXXII ; 1851.

(4) Ann. eliim. phys. (3) LIV, 403 ; 1858.

(5) Ann. de C En. norm. I, 1, 1864.

(6) Arch. néerland. Vil, 97, 1872.

Les résultats obtenus concordent pour démontrer que le produit au lieu d'être constant, augmente sensiblement à mesure que l diminue.

Suivant M. Slèfan (1), la relation du pouvoir rotatoire spécifique à la longueur d’onde est donnée par l’expression

La dispersion rotatoire serait ainsi entièrement analogue à la dispersion prismatique.

Pour les essences de térébenthine et de citron examinées par M. Wiedemann, on a respectivement:

M. Boltzmann(2) propose la formule:

déduite de considérations théoriques et d’accord, suivant lui, avec les résultats des mesures antérieures.

Suivant M, Cernez (3), la loi de dispersion des plans de polarisation des rayons de diverses couleurs du spectre solaire est la même à toutes les températures. Cette loi est donc indépendante de cet élément et elle se conserve la même pour une même substance, à l’état liquide et à l’état de vapeur.

(1) Sitzungsb. der Wien. Acad. L; Pogg. Ann, 1864. {‘2) Pogg. ann., a. m.

(3) Loc. eit.

Substaiicett ilou^ies du pouvoir rotatoire à l’État liquide.

Le nombre des liquides doués da pouvoir rotatoire est aujourd’hui considérable; tous appartiennent à la chimie organique.

On croyait, autrefois, que racliviié sur ta lumière polarisée était un caractère exclusif des molécules organiques formées dans les êtres vivants. Mais l’expérience est venue démontrer qu’il est possible de créer par une réaction de laboratoire, à l'aide d’éléments absolument inactifs, un produit optiquement actif. En effet, M. Jungtleisch (4) a dérivé l’acide tarlrique inactif de l’acide succinique et par là de l’éthylène ou même des éléments. Or, la chaleur convertit cet acide en acide racémique, susceptible, comme on sait, d’être dédoublé de plusieurs façons en acide dextroracémique et en acide lévoracémique.

La faculté rotatoire se transporte des molécules organiques dans ceux de leurs dérivés, qu’on obtient par des réactions ménagées, mais elle disparaît dèlinitivement quand on les soumet à des réactions énergiques.

1. Substances dextrogyres. — Isodulcite, mannitane, pinite, quercite ; glucoses : dextrose, galactose, eucalyne ; saccharoses : sucre de canne, mélilose, lactose, mélézitose, micose, Iréhalose; matière amylacée : amidon, glycogène, dextrine, gomme de fermentation ; éthers: niiromannite, dérivés acétiques de la dextrose, de la lactose, de la marmite, de l’amidon; quinovine; dérivés de l’alcool amylique actif: diamyle, élhylamyle, iodure d’amyle, cyanure d’amyle, valéraldéhyde; acides et composés qui s'y rapportent: acide valérique (isopropylacétique), a.

(l) Bull, de la Soc. chim., XXIX, 99.

caproïque (isobutylacôlique), a. paralaclique, a. dexlroracériiique et dexiroracémçiles, a. métalarlrique, a. dilarlriqne, a. malique dérivé de l’acide larlrique droit ou de l’asparagine et malales d’ammonium (dans l’acide azotique), de calcium (dans, l’ammoniaque), de zinc et antimoniate d’ammonium (dans l’eau) ; asparagine dans les dissolutions acides, a. aspartique (dans les dissolutions acides), a. glutamique, a. quinovique (en dissolutions alcalines), a. saccharique, a. carnphorique dérivé du camphre des Laurinées, a. méthyl-camphorique, sels de l’acide carnphorique droit, a. carnphique, a. podocarpique; carbures térébéniques : térébenthène, camphène, austracamphène, létratéjifé^enlhène, chlorhydrate d’australène; essences d’aneth, de cascarille, de camomille, de coriandre, de fenouil, de muscade, de myrlhe, de sassafras; camphres: c. de laurinées, c. desuccin, c. de romarin, èthyl et amylcamphre, bornéol; alcaloïdes: quinidine, quinicine, cinchonine, cinchonicine, narcütine (dans l’acide chlorhydrique), laudanosine, cicuiine, pélosine, sels des bases précédentes; hômaloxyliiie; matières de labile: 3iC\âe glyocholique, a. laurocholique, a. cholalique, a. choloïdique, a. hyoglycocholique, a. hyocholoïdique, a. lilhofellique.

II. Substances levoqyres. — Mannile ; glucoses: lévulose, sucre interverti, synanthrose intervertie, sorbine; matière amylacée: inuline, gomnae arabique, gomme de betterave; glucosides: amygdaline, acide amygdalique, salicine, populine, phlorizine, phlorétine, digitaline, cyclamine, coniférine, dérivés acétiques de l’inuline; alcool amylique de fermentation; acides et composés qui s'y rapportent: paralaclate de zinc, acide lévoracémique et lèvoracémates, tartramide gauche, a. malique naturel, malale d’ammonium (dans l’eau), bimalate de calcium (dans l'eau), malamide, asparagine en dissolution dans l’eau ou les alcalis, a. aspartique dans les

dissolutions alcalines, a. glularique , a. quinique, a. camptiorique dérivé du camphre de matricaire, anhydride camphorique, a. camphoronique dérivé de l’a. camphorique droit; carhuresléréhéniques:\kb\im\h.mQ,ci. —isolérébenlhène,p—isotérébenlhène, camphène, lérécampliène, chlorhydrate de lérébenlhène ; essences de copahu, de cubèbe; de lavande, de persil, de rue, de rose, de lanaisie, de thym, de genièvre (1) ; résines: acide sylvique, a. pimarique, a. de la résine de gaïac; camphres: c. de matricaire, c. de menthe, c. de patchouly, c. de garance, c. dérivé du camphène ; alcaloïdes: quinine, cinchonidine, morphine, codéine, narcoline dans l’alcool, pseudo-morphine, thébaïne, papavérine, laudanine,strcychnine, brucine, nicotine, atropine, aconilino,selsdes bases précédentes ; principes amers: santonine, acide santonique, picrotoxine, jalappine; cholestérine; matières albuminoïdes: :i\büm\ne du sérum, alb. de l’œuf, paralbumine, caséine, synlonine, peptones.

UclattonM entre le pouvoir rotnioirc et 1» coiiHtitutiou intime des corps.

Pour expliquer la faculté rotatoire d’ordre moléculaire, dans les liquides et dans les dissolutions, il faut admettre une condensation irrégulière de l’éther autour des molécules des corps, et cette irrégularité doit tenir à la construction des molécules elles-mêmes. M. Pasteur les divise en deux classes:

1" Celles qui peuvent se superposer à leur image dans un miroir, telles que les molécules cubiques;

2” Celles dont les images ne leur sont pas superposables, et

(1) Essences dextrogyres et lévogyres; ess. de menthe, de cumin, de romarin, de .sauge, de Sabine.

alors elles peuvent se présenter sous deux formes opposées. C’est dans ces dernières, seules, caractérisées par leur constilulion dissymétrique, que se rencontre le pouvoir rotatoire.

Il en résulte alors des propriétés optiques analogues à celles des substances suivantes:

Page 1