‹ Propriétés optiques des liquides et leur application à l'analyseChapitre 26 sur 39 · I. Alniilyae qualitatlTe · texte numérisé non relu

I. Alniilyae qualitatlTe

L’applicalion analytique des spectres d’absorption date de l’époque où M. Slokes ayant démontré la sensibilité de ce genre de réactions optiques, M. Sorby les utilisa pour la reconnaissance de certaines matières colorantes et pour l’essai de la couleur de certains liquides (vin, essences, liqueurs, encre, etc.). La voie tracée par M. Sorby a été suivie avec succès et considérablement élargie par MM. Hoppe-Seyler, Hagenbacb, Pringsheim, Pbypson, Roniei, etc., qui ont ainsi pu reconnaître les lacbes de sang, découvrir l’intoxication des globules rouges par l’oxyde de carbone, étudier certains processus physiologiques dans les organismes végétaux et animaux, etc.

Appareils usités pour la production et pour l’observation DES spectres d’absorption. — Les sources de lumière usitées sont: une lampe à pétrole, une flamme de gaz (papillon) observée selon sa tranche, un dé ou une pelotte de platine chauffée,au rouge blanc par la flamme du chalumeau, la lumière solaire réfléchie par un miroir ou la lumière de Drummond.

L’essentiel est d’avoir une lumière blanche, à spectre continu suffisamment intense, sur laquelle le liquide examiné exercera son absorption sélective.

Le liquide est enfermé dans un tube d’essai, ou mieux dans un flacon plat ou une cuve de cristal taillé, à faces parallèles et

à section rectangulaire,, pouvant être présentés dans le sens de leur plus grande ou de leur plus petite dimension. On peut aussi employer un prisme creux à arête horizontale et achromatisé par un prisme inverse d’une substance appropriée, non absorbante ou une cuve prismatique d’un seul morceau, excavée à la meule dans un parallélipipède de verre.

Pour observer les spectres d’absorption, on se sert habituellement des speclroscopes ordinaires (spectroscopes de Bunsen, spectroscope à vision directe). La construction en est trop connue pour nous y arrêter.

On fixe la position des bandes d’absorption en utilisant les raies de Fraunhofer comme repères (1), lorsque la source employée est la lumière solaire, ou en les rapportant à l’échelle de l’instrument lorsqu’on s’éclaire avec une flamme artificielle.

Les mesures délicates doivent être rapportées à l’échelle de l’instrument ou à celle des longueurs d’onde; pour la plupart des déterminations, des repères fournis par les raies de Fraunhofer, sont d’autant plus sulfisanls que la position des bandes n’est, elle-même pas absolument invariable.

Comme moyen d’orientation, M.Sorby a proposé une plaque de quartz d’une certaine épaisseur placée entre deux niçois. Ce système, placé sur le trajet de la lumière donne naissance à une série de franges d’interférence qui occupent une position fixe et divisent ,1e spectre en douze parties inégales: on les distingue par leurs numéros d’ordre.

(t) On in.dique les distances aux raies de Fraunhofer voisines en centièmes de la distance de ces raies. Ainsi, le symbole D—Vl—Ë

représente une ligne située entre D et E aux de la distance D E k partir (le/).

M. Sorby représente l’inlensité de l’aborption en une région déterminée par un symbole qu’il place soit entre deux chiffres consécutifs, soit au-dessous d'un des chiffres qui servent à numéroter les franges.

Lorsque, comme dans des recherches de chimie biologique, on n’a à sa disposition que de très-faibles quantités de liquide, on se sert d’un microscope armé d’un petit spectroscope à vision directe.

Représentation graphique des spectres d’absorption. — Le mode le plus pai faitde représen talion des observations spectrales consiste naturellement dans la reproduction fidèle et coloriée des spectres. Mais cette méthode est trop difficile, trop délicate et trop coûteuse pour être usuellement employée. On se contente donc d’habitude d'un simple dessin ombré, représentant sur un fond clair les bandes sombres avec leurs contours plus ou moins lavés.

Un mode de représentation plus commode et plus recommandable consiste à figurer l’absorption parune courbe dont les ordonnées sont proportionnelles au degré d’assombrissement, les abscisses désignant soit les distances qui séparent les raies de Fraunhofer, soit l’échelle particulière à l’instrument, soit l’échelle des longueurs d’onde.

Pour représenter à côté les uns des autres les spectres d’absorption pour des concentrations et pour des épaisseurs différentes, ilsuftit detracersurunmêraeaxedes abscisses, les courbes figuratives des absorptions correspondantes, en ayant soin d’inscrire les concentrations ou les épaisseurs.

Un mode de représentation différent a été indiqué par J. Millier. Il est spécialement propre à montrer la relation entre les variations successives des spectres d’absorption et les accroissements continus des concentrations.

Sur un axe pris pour abscisses, on inscrit successivement les

diverses couleurs spectrales, ou mieux les raies de Fraunhofer ou les longueurs d'onde; sur l’axe des ordonnées, on inscrit, en allant de haut en bas, les concentrations successives. Par les points ainsi obtenus sur l’axe des ordonnées, on lire des droites horizontales sur lesquelles on marque, en s’aidant des divisions tracées sur l’axe des abcisses, les limites des bandes d’absorption des divers spectres correspondant aux divers degrés de concentration.

Matières absorbantes et leurs spectres. — Nous donnons ciaprès, d'abord la liste des substances accessibles à l’analyse spectrale, puis les représenlalioiis graphiques des principaux spectres d’absorption (1).

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