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Dispersion rotatoire.
Biotavait cru pouvoir conclure des mesures qu’il avait exécutées sur le quartz, que la rotation du plan de polarisation était inversement proportionnelle au carré de la longueur d'onde de la radiation employée (1).
Ses recherches ultérieures sur diverses substances le confirmèrent d’abord dans cette idée. Plus tard, il découvrit que l'acide lartrique exerce une dispersion tout à fait exceptionnelle (2).
(1) Mém. de l'institut, 1812, (1), 218.
(2) Biot (Ann. chim. phys., (3) LIX, 232), dit qu’avec les solutions d’acide tartrique «les plans de polarisation les plus déviés appar- »tiennent aux rayons verts, les moins déviés aux :rayons violets ; les »vautres se répartissent entre ces deux-là, dans un ordre qui varie pavec le dosage. »
Il ajoute qu'après l'addition de quelques millièmes d’acide borique, «la loi de dispersion des plans de polarisation qui est particulière à »l'acide tartrique a disparu. Elle est remplacée par la loi générale. »
M. Arndtsen (loc. cit.) a repris les expériences de Biot, en rapportant la couleur aux principales raies du spectre, d'après la méthode de M. Broch. Il est arrivé aux conclusions suivantes : l'acide amorphe est dextrogyre pour les radiations les moins réfrangibles jusqu’à £; lévogvre pour les radiations plus réfrangibles ; cette anomalie tend à s’effacer par la dissolution de l’acide dans une quantité croissante d’eau. Si e— 0,50, la solution est dextrogyre pour toutes les'couleurs, mais la rotation augmente depuis le rouge jusqu'aux rayons £E; elle diminue ensuite pour les rayons plus réfrangibles. Les mêmes singularités se retrouvent chez les solutions éthérées ou alcooliques de l'acide.
M. F.-W. Krecke (4rch. néer., VII, 97) a établi que l'irrégularité propre à l'acide tartrique, de dévier davantage les rayons verts que les rayons plus et moins réfrangibles, disparait avec l'élévation de la
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Il s’aperçut aussi que le camphre, dissous dans l’alcool et dans l'acide acétique, disperse suivant un modetrès-notablement différent du quartz, du sucre et des huiles essentielles, mais saps indiquer la nature de ce mode de dispersion particulier (4).
Les expériences de Biot ne se référant pas aux raies fixes du spectre, mais aux couleurs définies par les expressions assez vagues de rouge, jaune, vert, etc., manquaient de précision et avaient besoin d’être reprises. Elles l’ont été par M. Broch (2), par M. Wiedemann (5), par M. Arndtsen (4), par M. Gernez (), par M. Krecke (6), etc. |
température. Avec une solution à 50 °/, le rayon dont le plan de polarisation est le plan dévié, situé d’abord entre D et E, est tout près de £ à 25°, et si loin vers le violet, à 50° et à de plus hautes tempéralures, qu’il tombe en dehors de la partie visible du spectre. [a]? diminue du rouge au violet.
(1) M. Arndtsen (loc. cit) ayant déterminé pour les solutions alcooliques de camphre, à la tempéralure de 22°, 87, les constantes de la formule
[| — À — Be
pour les raies C, D, E, b, F,e,a montré que le pouvoir rotatoire du camphre augmente avec la réfrangibilité des rayons beaucoup plus vite que celui de la plupart des corps actifs. En effet, la moyenne de quatre expériences a donné
“na [el 4,012 tandis que pour le sucre et la plupart des substances actives Lace CI 700
(2) Dov’s repert. VII, 113; 1846.
(3) Pogg. Ann. LXXXII ; 1851.
(4) Ann. chim. phys. (3) LIV, 403 ; 1858.
(5) Ann. de l'Ec. norm. I, 1, 1864.
(6) Arch. néerland. VIT, 97, 1872.
rare Les résultats obtenus concordent pour démontrer que le produit [a]A?, au lieu d’être constant, augmente sensiblement à mesure que À diminue.
Suivant M. Stéfan (1), la relation du pouvoir rotatoire spécifique à la longueur d’onde est donnée par Pexpression
La dispersion rotatoire serait ainsi entièrement analogue à la dispersion prismalique. |
Pour les essences de térébenthine et de citron examinées par M. Wiedemann, on a respectivement:
se 8 Le] = Peut ua 67 M. Bolizmann (2) propose la formule:
! B La] — FO Le EE
déduite de considérations théoriques et d’accord, suivant lui, avec les résullats des mesures antérieures.
Suivant M. Gernez (3), la loi de dispersion des plans de polarisalion des rayons de diverses couleurs du spectre solaire est la même à toutes les températures. Cette loi est donc indépendante de cet élément et elle se conserve la même pour une même substance, à l’état liquide et à l’état de vapeur.
(1) Sitzungsb. der Wien. Acad. L; Pogg. Ann. 1864. (2) Pogg. ann., 1874, s. 198.
(3) Loc. cit.
Substances douées du pouvoir rotatoire à l’état liquide.
Le nombre des liquides doués du pouvoir rotatoire est aujourd’hui considérable; tous appartiennent à la chimie -orgapique.
On croyait, autrefois, que l’activité sur la lumière polarisée était un caractère exclusif des molécules organiques formées dans les êtres vivants. Mais l'expérience est venue démontrer qu'il est possible de créer par une réaction de laboratoire, à l’aide d'éléments absolument inactifs, un produit optiquement aclif. En effet, M. Jungfleisch {1) a dérivé l'acide tartrique inactif de l'acide succinique et par là de l’éthylène ou même des éléments. Or, la chaleur convertit cet acide en acide racémique, susceptible, comme on sait, d’être dédoublé de plusieurs façons en acide dextroracèmique et en acide lévoracémique.
La faculté rotatoire se transporte des molécules organiques dans ceux de leurs dérivés, qu'on oblient par des réactions ménagées, mais elle disparaît définitivement quand on les soumet à des réactions énergiques.
L. Substances dextrogyres. — Xsodulcite, mannitane, pinite, quercite ; glucoses : dextrose, galactose, eucalyne ; saccharoses : sucre de canne, mélitose, lactose, mélézilose, micose, tréhalose; matière amylacée : amidon, glycogène, dextrine, gomme de fermentalion ; éthers : nitromannite, dérivês acétiques de la dextrose, de la lactose, de la mannite, de l’amidon; quinovine; dérivés de l'alcool amylique actif : diamyle, éthylamyle, iodure d’amyle, cyanure d’amyle, valeraldéhyde; acides et composés qui s'y rapportent: acide valérique (isopropylacétique), a.
(1) Bull. de la Soc. chim., XXIX, 99.