APPLICATION ANALYTIQUE DES ÉNERGIES RÉFRACTIVES
M. Pichot, en 1859, et, l’année suivante, M Forthomme, ont publié des recherches sur celte question (4). Mais c’est surtout aux travaux de M. Landolt que nous sommes redevables de la méthode optique d’analyse qui nous occupe.
En partant du principe approximativement vrai que nous avons précédemment énoncé, à savoir, que l’énergie réfractive spécifique d’un composé est égale à la somine des énergies réfractives spécifiques de ses éléments constituants, il est possible de faire l'analyse d’un mélange de liquides. El faut pour cela connaître les énergies réfraclives spécifiques du mélange et de chacun des éléments constituants pour un nombre de radiations distinctes égal au nombre des liquides mélangés.
La méthode est très-exacte pour deux liquides; elle l’est moins pour uu plus grand nombre (2).
(1) Après avoir appliqué aux dissolutions salines la loi de Biot et Arago et être arrivé sur ce point aux mêmes conséquence que M. Pichot, M. Forthomme avait indiqué qu’on pouvait, connaissant Findice de réfraction et la densité d’une dissolution saline, connaissant également l'indice et la densilé de chacun des deux éléments qui la composent, arriver à déterminer avec certitude le poids du sel dissous. Nous savons aujourd’hui qu’il faut substituer à la loi des puissances réfractives celle des énergies réfractives.
(2) Il est essentiel de déterminer l'indice de réfraction et la densité à la même température pour un même corps, Mais les indices de ré-
HR
La formule dans le cas de deux liquides es :
N— 1 is n —1 100 — DO Te on en déduil:
Ates N— 1 D d d'— ne NH — 1 n —1 d d
Pour éprouver lPexactitude de sa méthode, M. Landolt l’a appliquée à des mélanges faits en proportions connues.
Deux mélanges d'alcool amylique et d’alcool éthylique ont donné les résultats suivants:
| Il (HPON 046 6222510 DOUTE CO 10 SN 90-6020. 7
L'exactitude est, comme on voil, très-salisfaisante.
M. Landolt a répélé ses expériences en les variant. Par exemple dans des mélanges d'alcool et d’éther où la quantité vraie d'alcool était 15,11, il a trouvé en moyenne 13,02.
La méthode est d’autant plus sûre que les énergies réfraclives spécifiques des liquides mélangés sont plus différentes; en général, les variations affectent seulement la première décimale.
M. Landolt à appliqué sa méthode originale à l’étude des produits de la distillation fractionnée.
On peut aussi en faire usage pour déterminer en quelles
fraction et les densités des divers corps peuvent être pris à des températures variables, puisque la valeur de l'énergie réfractive spécifique est constante.
quantités deux liquides se mêlent. Ainsi, en agitant de l’eau avec de l’éther, et séparant ensuite les deux couches, on a trouvé que la couche supérieure renfermait 95,9 parties d’éther et 4,1 parties d’eau, landis que dans la couche inférieure, il y avait 8,2 parties d’éther et 94,8 parties d’eau.
Pour appliquer la méthode à l’analyse élémentaire des combinaisons, on prend la densité du composé et celle de chacun des éléments qui la constituent ; on détermine, pour la combipaison el pour les éléments autant d'indices différents rapportés à des longueurs d'onde distincies qu’il y a d'éléments de palure différente; on calcule , en se servant des nombres obtenus, les énergies réfraclives correspondantes, el, appliquant le principe énoncé plus haut, on oblient aulant d'équations qu’il y a d'inconnues à trouver.
S'agit-il de déterminer la composition centésimale d’un corps C"H"OPr, qui contient x°, de carbone, y°/, d'hydrogène el 2°, d'oxygène, il faut connaître trois de ses indices de réfraction à uue température donnée el sa densité à la même température; ces indices sont pris généralement par rapport aux trois raies «, 6 et de l'hydrogène. A l’aide de ces données expérimentales, de la table des énergies réfractives spécifiques des éléments pour les trois raies de l'hydrogène et des équations suivantes, on arrive aisément à l'analyse optique du composé:
Ce système de trois équations détermine les trois inconnues.
L'oxygène dont l'énergie réfractive spécifique est encore mal connue, est généralement faulif.
Dans le cas d’un hydrocarbure, on n’a besoin que de deux équations. Une seule même suffit, en déterminant l’une des inconnues par différence.
Les trois exemples suivants montrent le degré de précision de la méthode:
Alcool éthylique. — La densité et les indices par rapport aux trois raies de l'hydrogène étant respeclivement 0,8011 — 4,36054 — 1,356665 — 1,56997, on trouve
Expérience Théorie C 01,9 52,2 H 12,9 15,0 0 36,2 34,8
Alcool amylique. — La densité et les indices relatifs aux trois raies de l’hydrogène étant 0,8135 — 1,40575 — 1,41278 — 4,41689, on arrive à
Expérience. Théorie.
CPR Re 68,0 68,2