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CHAPITRE V

Dichroïsme

Certains muscles, observés macroscopiquement in toto, paraissent être le siège de phénomènes de dichroïsme ; quelques auteurs (Malaquin: ({)emploient d'ailleurs, peut-être par méprise, ce terme en parlant de l'optique des fibres musculaires. En réalité, les phénomènes de colorations accidentelles que l’on observe, suivant des incidences variées, sur des fibres musculaires, ne sont pas dus à du dichroïsme au sens strict où l'on emploie ce mot en optique cristalline (différences d'absorption suivant les diverses directions principales d’élasticité optique). Nous avons essayé en vain de mettre en évidence du dichroïsme sur diverses fibres musculaires par les procédés usuels employés en minéralogie : l'examen au microscope polarisant, avec le polariseur seul. analyseur enlevé, ne montre pas de différences de teintes suivant que l’axe optique des fibres est parallèle ou perpendiculaire au plan principal du polariseur. L’essai a été fait sur des muscles de Grenouille, depuis les épaisseurs de l’ordre du 1/10 de mm, jusqu’à 1/2 centimètre environ (un gastrocnémien entier) sans montrer de variations de la couleur jaune rougeâtre caractéristique du tissus frais ; l'examen spectroscopique à en outre été fait dans les deux positions principales, sans aucun résultat positif. Enfin, pour le cas où l'énorme absorption du pigment rouge aurait pu masquer le dichroïsme, un essai a été fait sur une préparation de muscles d’Ecrevisse : aucun résultat non plus. Il est possible que dans des cas très particuliers des pigments cristallins spéciaux puissent donner à des muscles du dichroïsme, mais il ne s’agit en tout cas certainement pas d’une propriété fondamentale du tissu musculaire. ,

Les phénomènes de pseudo-dichroïsme que l’on observe macroscopi-

4 Malaquin, Recherches sur les Syllidiens, thèse, Lille, 1895.

quement paraissent du reste relever d’une autre cause : d’une décomposition par diffraction et interférence des faisceaux lumineux réfléchis à la surface du muscie. Cela rentre dans le problème général de la diffraction par les fibres musculaires striées, problème qui sera traité dans un chapitre suivant.

On pourra juger, sur les deux spectrogrammes de PI. IT, de l'absence de dichroïsme dans les fibres de Grenouille : un faisceau du muscle de 2 mm. d'épaisseur à été spectrographié dans les deux positions principales, parallèlement et perpendiculairement à un polariseur, la fente du spectrographe étant à 45° de la direction du nicol. Les deux plaques ont été posées un temps identique, et développées ensemble dans le même bain; on remarquera seulement une très légère différence d'intensité générale entre les deux clichés, qui est peut-être redevable à l’action du faisceau fibrillaire sur l'onde lumineuse émergeant du polariseur; c'est un réseau qui se comporte, jusqu’à un certain point, comme un analyseur.

Dichroïsme provoqué. — Je rappelle que, sur les conseils d’Ambronn, Meigs (1908) dit avoir tenté de provoquer du dichroïsme dans les muscles au moyen de colorants, d’après la technique qui avait réussi à Ambronn dans d’autres matériaux. Meigs n'a obtenu aucun résultat (1).

1. Meigs, The structure of the element of cross-striated muscle, Zeitschr. [. Allg. Phys., 1908, Bd VIII, pp. 81-120, 3 pl.

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