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Substance biréfringente

3. Groupements moléculaires absorbant les bandes sarcoplasmiques. 4. Groupements hématiques.

Q, I. Disques de la fibre striée.

10 Tout se passe comme si le groupement chromophore absorbant les bandes générales représentait un substratum fondamental de la fibre, ou une partie constituante indispensable de la substance fondamentale de celle-ci. Ce groupement moléculaire existe dans toute la longueur de la fibre striée, aussi bien au niveau des disques Q que des disques I, c’est le seul de ceux que nous avons étudiés qui ait une répartition topographique comparable dans la fibre lisse ou striée, puisque dans l’une et l’autre il n’est pas localisé à des régions données de la fibre. Son caractère de groupement commun aux diverses fibres étudiées, en même temps que cette répartition concordante, sembleraient en faire un des groupements les plus importants du tissu musculaire, peut-être même, comme nous l'avons déjà exprimé plus haut, une condition nécessaire de la contractilité.

2° Sur ce substralum à position constante se trouvent construits d'autres groupements moléculaires à position variable ; d’autres chromophores sarcoplasmiques, et les chromophores hématiques, qui sont nécessairement uniformément répartis dans la fibre lisse (1), mais qui sont nettement localisés aux disques Q dans la fibre striée. Cela fait que le disque Q constitue un édifice moléculaire (uni- ou multi-moléculaire, peu importe) beaucoup plus complexe que le disque I, et de composition spécifique alors que celle du disque I ne l’est peut-être pas.

Si l'on ajoute à ceci que la substance biréfringente, dont les propriétés optiques nous ont-servi à faire la totalité de cette étude, est elle aussi généralisée dans la fibre lisse, mais localisée aux disques Q dans la fibre striée, nous voyons que cette fibre striée se comporte comme une fibre lisse dont une partie de la substance se serait fragmentée périodiquement sur un substratum foudamental continu (fig. 15).

Comme nous le disions plus haut, il n’est pas démontré mais il est possible que plusieurs de ces propriétés que nous avons atlribuées, pour schématiser, à des groupements moléculaires différents, soient tributaires d’un seul de ces groupements : et en particulier que le complexe moléculaire possédant l’état biréfringent produise en même temps les bandes sarcoplasmiques localisées aux disques Q dans la fibre striée (2)

Cette rétraction en groupes réguliers de molécules sarcoplasmiques, de chromophores hématiques, et de substances biréfringentes, sur une sorte d'axe continu formé par d’autres molécules de position inaltérable, produit une sorte de croissance périodique de la complexité moléculaire qui paraît devoir être un des faits les plus caractéristiques que la spectrographie mette en évidence de la constitution des fibres striées ; et il serait particulièrement intéressant de rechercher quelles causes peuvent, dans le passage de l'état lisse à l’état strié, amener un complexe uniforme à devenir un complexe périodique.

1 On s apercevrail évidemment de leur localisation à la simple observalion directe.

2. Il est à noter que d'après les courbes de Soret, la myosine ne possède pas de bandes d'absorption antérieures à 88. Si c'était vraiment la myosine qui élait biréfringente dans le muscle comme le voulaient Schipiloff et Danilewsky (1881), la remarque ci-dessus n'aurait pas de raison d'être. Mais comme nous le verrons plus loin, ce sont peut-être simplement des composants de la myosine qui interviennent dans la biréfringence et il n’y a pas d'impossibilité a priori à leur appliquer les indications ci-dessus.

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