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la nature des réactions optiques des organes conctractiles en général. J'ai tenté, par une longue série d'expériences sur les divers éléments contractiles, de discuter la théorie d’Engelmann, et de montrer qu’il ne faut peut-être pas attribuer à cette conception les généralisations que le célèbre physiologiste avait voulu lui accorder. Le phénomène de la « biréfringence » des organes contractiles paraît en effet beaucoup plus complexe que ne l'avait estimé Engelmann, du fait de l'existence de réactions optiques spéciales (dépolarisation) qui peuvent simuler de la biréfringence. L'expérience nous montre que de telles « fausses biréfringes » existent dans un certain nombre d'organes contractiles, dans lesquels il est par contre absolument impossible de mettre en évidence des traces de « vraie biréfringence ». Les organes du type ciliaire (cils, flagelles, etc.) répondent à ce type. Dans les muscles striés par contre interviennent à la fois des réactions de vraie biréfringence et de dépolarisation ; enfin les muscles lisses sont entièrement biréfringents. La notion qui se dégage de ces diverses expériences est que la théorie d'Engelmann n'est peut-être pas absolument rigoureuse au point de vue physique.
Ces préliminaires posés, la fin de la quatrième partie est consacrée à l'étude spéciale de la vraie biréfringence musculaire. Toutes ses caractéristiques physiques sont relevées les unes après les autres : étude de la surface des indices, des extinctions, des isogyres, de la dispersion, etc. La conclusion en est que le fait de considérer la fibre musculaire comme uniaxe n’est qu’une approximation souvent fort éloignée de la réalité.
Je cherche ensuite à mettre en évidence la nature et l’état de la substance biréfringente, par des variations expérimentales de ses caractères optiques. Sont étudiées en particulier les influences de déformations mécaniques de la fibre, et de divers réactifs, tant physiques que chimiques. Ces études nécessitent des techniques spéciales, et une série d'instruments nouveaux qui sont décrits à ce propos (compensateur gradué, platine théodolite, oculaire à vernier). A titre comparatif, divers matériaux tels que le caoutchouc sont étudiés par les mêmes techniques. L'interprétation, très complexe, des expériences de déformation par traction est donnée page 294. — Une série d'expériences sur l’écrasement des fibres donne des résultats intéressants en ce qu’elle permet de séparer hors du muscle la substance biréfringente sous forme de petites masses biréfringentes qui ne sont pas sans analogies avec des cristaux liquides. Divers problèmes soulevés par leurs propriétés sont étudiés à ce propos (étude comparative des cristaux mous de Pourpre, etc.). Les conclusions de ces diverses études sont
rassemblées page 317. La substance biréfringente doit être constituée fondamentalement par un ensemble de particules ultra ou amicroscopiques elles-mêmes asymétriques ou anisotropes, en relation avec certains constituants d’albuminoïdes de la famille de la myosine, et présentant une homéotropie qui dépend probablement des champs de forces mécaniques développés par le mouvement de la fibre.