CINQUIÈME PARTIE
Théorie de la striation
La cinquième partie est un essai d'utilisation synthétique des matériaux recueillis précédemment, dans une théorie d'ensemble de la striation musculaire. Elle débute par un résumé des résultats théoriques donnés par les recherches des quatre parties précédentes, et un parallèle rapide de ces indications avec les principales théories histologiques actuelles sur la structure de la fibre striée.
Diverses remarques sont faites sur les conditions de la striation musculaire, tendant à mettre en évidence les facteurs morphogènes généraux de celle-ci : caractéristiques physiologiques, spécificités topographiques (avec üne liste des cas de muscles striés signalés dans le règne animal), conditions mécaniques des muscles striés ; un muscle à d’autant plus de chances d’être strié que le mouvement de l'organe qu'il commande est plus rapide, que ce mouvement possède un rythme régulier, que ce mouvement est assujetti à un plus grand nombre de liaisons mécaniques constantes.
En conclusion de toutes ces relations, sont posés les éléments d'une théorie de la striation. Les recherches précédentes semblent montrer qué la striation consiste dans le rassemblement, à des places déterminées suivant une loi lopographique périodique, de propriétés pouvant exister à l’état diffus, sans localisation. L'origine de cette périodicité topographique peut être cherchée dans les variations périodiques locales des champs de forces mécaniques dela fibre. L'étude de phénomènes de striation bien connus en Elasticité et surtout en Hydrodynamique (phénomène des ripple-marks) conduit à penser que la striation musculaire n'est probablement qu'une expression de lois très générales d'Elasticité et d'Hydrodynamique, appliquées au complexe hétérogène que constitue la fibre. Diverses expériences sont faites pour tenter d’établir cette conception.