‹ Propriétés optiques des MusclesChapitre 91 sur 142 · I. Caractères histologiques · texte numérisé non relu

I. Caractères histologiques

Je rappelle qu’au point de vue histologique la biréfringence n’est pas toujours uniformément répartie dans la fibre musculaire ; on admet en général, que le sarcoplasme (sensu striclo) n’est point biréfringent, les fibrilles l'étant seules. La chose n'est point nette du tout dans certaines fibres

Fig. 43. — Schéma de fibres mus-

culaires d’Ascaris, dissociées, montrant la localisation de la biréfringencé aux régions fibrillaires. La préparation a été légèrement éclairée latéralement pour laisser soupçonner la positon du sarcoplasme, qui devrait être absolument invisible. F, fibrilles; S, sarcoplasme. Dessin au noir de fumée (1).

lisses, comme l’adducteur de Moule, où toute la fibre à l’état frais paraît uniformément biréfringente; elle l’est au contraire dans les fibres lisses des Nématodes (fig. 43) où la région fibrillaire est bien isolée de la masse générale du sarcoplasme, et où l'on peut constater aisément

l'extinction de celui-ci.

4. Dessin à la pointe sèche sur du papier enfumé de cylindre enrégistreur. Le papier glacé est tendu sur un cadre spécial, puis éenfüumé au rat

de cave suivant le procédé classique.

Dans une fibre striée, les disques Q des fibrilles sont généralement admis comme seuls biréfringents (Engelmann, Rollett, etc.), le sarcoplasme périfibrillaire ne l'étant pas; ici encore, il y a divers degrés de netteté dans cette localisation : dans divers muscles striés (Grenouille, divers Crustacés) les disques Q forment en travers de la fibre une bande biréfringente unique, où il est impossible de voir aucune fibrilla-

Fig. 44. — Aspect usuel des fibres musculaires striés en lumière polarisée. Intestin: postérieur ‘de l’Ecrévise. Fibre à 45° des Nicols.

tion: (fig.‘44). Dans quelques cas assez rares, au contraire, on peut apercevoir une subdivision de la « bande » Q en un grand nombre de petits traits parallèles (fts. 45), l'assimilation de ces traits à des fibrilles

Fig. 45. — Schéma d'un aspect de fibrillation des bandes Q; muscles des pattes, Astacus fluviatilis. Dessin au noir de fumée.

Q, 21, disques. — Intercalation (a et décalage (d) de disques Q.

réelles restant à démontrer pour des raisons analogues à celles que nous avons exprimées à propos de l’ultra-violet; le phénomène est d’ailleurs très inconstant,même dans deux animaux de la même espèce.

Nous avons insisté plus haut sur les réserves qu'il faut faire relativement à la biréfringence de Z. Nous laisserons celle strie, dans ce chapitre, complètement de côté, ainsi que ses satellites N que nous n'avons jamais rencontrées sur le frais dans notre matériel, Quant à la raie Q4, nous nous sommes également expliqués à son sujet, et nous avons vu qu’on doit la regarder comme un phénomène d'élimination de rayons lumineux.

Nous nous restreindrons maintenant à l'étude seule de la biréfringence vraie, celle de la fibre lisse entière et du disque Q de la fibre striée.

Il. Caractères optiques

Pour des muscles observés perpendiculairement à leur allongement, dissociés sur lames, les caractères optiques en lumière polarisée parais sent analogues pour la totalité de la fibre lisse et la bande Q de la fibre striée quand cette strie est isolément discernable; à faible grossissement, la fibre striée se comporte comme un tout unique, somme des différentes bandes Q inséparées par le microscope : elle est absolument comparable alors à une fibre lisse, et on peut décrire la biréfringence de la fibre musculaire en général sans spécifier si elle est lisse ou striée.

A.— Le muscle et la fibre musculaire observés perpendiculairement à leur allongement, — 1° Le muscle ef la fibre sont-ils uniaxes ? — On admet généralement que le muscle et les fibres musculaires sont uniaxes ; nous avons vu plus haut que Brücke tirait cette conclusion du fait qu’une section transversale d'un muscle durci à l'alcool était éteinte pour tous les azimuths. Depuis Brücke jusqu’à Ugo Soli (1907), la caractéristique d’uniaxe a toujours 616 obtenue par cette méthode. Si cette opinion est exacte, l'ellipsoïde des indices (4) doit être sensiblement de révolution autour de l'axe d’allongement, et la biréfringence observée perpendiculairement à l'allongement du muscle doit être de valeur sensiblement constante dans les divers azimuths autour de l’axe du muscle. Or, pour le muscle entier, le plus souvent il n’en est rien, et la biréfringence du muscle peut offrir des variations du simple au double, et plus, pour deux azimuths rectangulaires ; il

Page 1