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XX PREFACE

la traduction — s'est chargé, à son insu, d'enregistrer pour toujours une justification des Jésuites, pleine et entière. De la lecture impartiale de ce long document, il ressort deux choses :

1° Que ces trois cent cinquante hommes, par les occupations auxquelles ils se consacraient, étaient incontestablement utiles au pays.

2° Qu'en dehors de leurs devoirs professionnels, il ne pouvait leur rester aucun loisir pour vaquer aux œuvres dont, par calomnie, on les accusé.

En effet, le manque d'abnégation et d'héroïsme, conséquence naturelle d'une éducation faussée, faisait qu'il y avait peu de vocations en Portugal pour une vie de sacrifices, comme celle que la Compagnie de Jésus l'exige de ses membres. D'un autre côté, malgré le discrédit et l'impopularité que nos diffamateurs nous attribuent, on réclamait partout nos ministères, et ce n'est qu'au prix d'un travail excessif qu'il nous était possible de répondre à tout ce qu'on attendait de notre zèle.

Pour multiplier en quelque sorte cette précieuse monnaie qu'est le temps, le jésuite se privait de distractions et de relations sociales parfaitement légitimes pour les personnes du monde. Aucunes visites d'amitié ou de cérémonie, pas de matinées;, pas de soirées récréatives. La prière, l'étude, les travaux apostoliques. sociaux ou pédagogiques, remplissaient si bien nos journées. que bon nombre d'entre nous devaient, le matin, devancer l'heure habituelle du lever, fixée à cinq heures, et retarder, le soir, celle du coucher, marquée à dix. Combien avares de notre temps ne devions-nous pas être encore, au point de nous attirer les plaintes des personnes qui nous demandaient et nous honoraient de leur intimité.

La publication de notre Catalogue a mis en relief, avec plus d'efficacité que ne l'auraient pu faire de longues apologies, cet amour du travail et cet austère emploi de nos forces, au milieu du gaspillage et de la futilité contemporaine. C'est un des très rares titres que le gouvernement provisoire de la république portugaise ait à la reconnaissance de ses victimes : et, si une affaire ;mssi sérieuse pouvait donner lieu à une observation humoristique, très exacte du reste, j'ajouterais que ces messieurs s'étant

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